[Critique] La Mort de Staline : une satire du pouvoir qui fait mouche

Caractéristiques

  • Titre original : The Death of Stalin
  • Réalisateur(s) : Armando Iannucci
  • Avec : Steve Buscemi, Simon Russell Beale, Jeffrey Tambor, Paddy Considine, Rupert Friend, Jason Isaacs, Olga Kurylenko...
  • Distributeur : Gaumont Distribution
  • Genre : Historique, Comédie dramatique
  • Nationalité : Américain, Français, Britannique
  • Durée : 108 minutes
  • Date de sortie : 4 avril 2018

Une satire du pouvoir

Second long-métrage d’Armando Iannucci, après l’excellent In the Loop en 2009, La Mort de Staline est l’adaptation de la bande dessinée française du même nom de Thierry Robin et Fabien Nury, éditée en 2010. Inspiré de faits réels, l’histoire relate la lutte de pouvoir pour prendre la place de Joseph Staline au poste de chef suprême après le décès de celui-ci le 5 mars 1953.

Très porté sur la satire, le réalisateur et co-scénariste du film trouve ici un terrain de jeu des plus formidables. Staline décède et les principaux ministres sont appelés en urgence pour lui trouver un successeur. Les favoris pour le remplacer sont Malenkov, Khrouchtchev et Beria. Alors que le premier est le successeur officiel, les stratégies vont bon train entre les deux autres pour prendre la place du chef suprême. Une lutte pour le pouvoir, mais aussi pour sa survie. Car oui, la réalité historique n’est pas très glorieuse en ce temps en URSS : Staline a tué entre trois et vingt millions de Russes dont certains étaient de proches collaborateurs. Beria veut continuer dans la même lignée que Staline, alors que Khrouchtchev souhaite partir dans une autre direction, plus paisible et moins répréhensible pour le peuple. En cela, le film est une partie d’échecs dans laquelle chacun fait avancer ses pions, dont l’armée et le MGB (ancêtre du KGB), quitte à mentir pour parvenir à son but. Alors certes, le film se déroule sur quelques jours au lieu des trois années durant lesquelles la succession s’est vraiment déroulée, mais on a là un vrai film politique sur une lutte de pouvoir prenante.

Une comédie hilarante

image steve buscemi la mort de staline

Evidemment, le film étant une satire, le côté comédie est très présent. Que ce soit le comique de situation, de répétition, de caractères ou de mots, tout y passe  pour notre plus grand plaisir. C’est là aussi la plus grande réussite de La mort de Staline : donner dans un comique varié qui fait mouche à chaque fois. Cette réussite ne serait pas ce qu’elle est sans les acteurs, tous excellents, à commencer par Steve Buscemi, hilarant dans le rôle de Kroutchev, avec lequel il trouve un des meilleurs rôle de sa carrière. Simon Russell Beale, qui a déjà été récompensé pour ce rôle, est un Beria des plus convaincants dont l’humour noir est un délice. Jason Isaacs brille lui aussi dans le rôle du chef de l’armée Joukov, apportant son charisme et un humour déroutant. Le reste du casting est complété par des prestations solides de Jeffrey Tambor, Paddy Considine, Rupert Friend et Olga Kurylenko. Le tout apporte un rythme parfait au long-métrage. On ne voit pas passer les une heure quarante huit de durée du film tant il est divertissant.

Pour le reste, les décors de Cristina Casali et les costumes de Suzie Harman nous replongent bien dans l’URSS des années 50, avec un travail très soigné sur la reconstitution. On regrettera cependant une réalisation en dents de scie d’Armando Iannucci. Excellente par moments avec, par exemple, des situations comiques en arrière plan ou encore lors des funérailles de Staline, elle s’avère des plus classique et répétitives sur la longueur. Dommage ! Autre déception, la musique de Christopher Willis, dont c’est ici la première composition pour un long-métrage, et qui n’est pas en adéquation avec le ton du film. Une partition trop militaire et sérieuse, qui contraste avec le comique de situation sans que cela apporte quelque chose d’intéressant. Au final, La Mort de Staline reste malgré tout une satire sur le pouvoir intelligente et hilarante. Un jeu d’échecs dans lequel tout les coups sont permis pour nous faire rire.

7/10

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