[Critique] Les violences – Jakob Nolte

Caractéristiques

  • Traducteur : Alexandre Pateau
  • Auteur : Jakob Nolte
  • Editeur : Editions du Seuil
  • Date de sortie en librairies : 7 février 2019
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 336
  • Prix : 22€
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Premier roman du jeune écrivain allemand Jakob Nolte, Les violences détonne tant par son style que par les idées qu’il véhicule. Revisitant la thématique du loup-garou, le romancier nous propose une critique de l’humanité.

Une malédiction héréditaire

Hilma est une mère de famille sans histoires. Elle vit paisiblement avec son mari et leurs jumeaux, Edvard et Iselin jusqu’au jour, ou plutôt la nuit, où elle se transforme en loup-garou et étripe son mari. Arrêtée au petit matin, elle se transformera de nouveau pour échapper à l’hôpital/prison, semant de nouveaux cadavres sur son chemin. Une fois la stupeur passée, les jumeaux se trouvent confrontés à une forme de menace : et si la lycanthropie était héréditaire ? Chacun décidera de réagir à sa façon. Edvard va quitter Bergen (en Norvège) pour rejoindre l’Afghanistan à pied.

Cherchant à la fois la solitude (par peur de commettre des meurtres) mais également attiré par l’idéologie soviétique, il traverse les pays satellites de l’URSS, périple durant lequel il va se découvrir. De son côté, Iselin reste à Bergen et s’engage dans une lutte féministe, fondant les Rouagettes du système, sorte de Femen avant l’heure. S’engageant sur le chemin de la violence, elle se laissera mener dans des affaires de plus en plus éloignées de son idéologie première.

L’animalité des Hommes

En utilisant la transformation en loup-garou, Jakob Nolte veut tisser une métaphore autour de la nature intrinsèque des Hommes. La cruauté, distinctif souvent associé aux animaux, est présente tout au long du livre et sous des formes diverses et variées. En faisant de la lycanthropie un potentiel héritage héréditaire, l’auteur laisse plusieurs portes ouvertes : la nouvelle génération vit à la fois dans la crainte de ne pas pouvoir y échapper, mais prend conscience de son anormalité et tente de la combattre.

Ce qui peut être perçu comme une forme d’espoir n’en est pourtant pas un, chaque aventure (ou plutôt mésaventure) que vont vivre les personnages ne faisant que laisser penser que l’on ne peut pas échapper à son destin.

Un style court mais dense

Le roman est écrit en chapitres courts, presque des paragraphes. Pour autant, il n’est pas simple de se plonger et de rester plongé dans l’histoire. Parsemé de détails et de références littéraires ou historiques, Les violences pourra vite décourager certains lecteurs par une écriture brouillonne, certainement voulue pour se différencier dans un style bien précis. Faisant parfois penser à Thomas Pynchon ou David Foster Wallace (en moins expansif), cette littérature touche bien souvent un public spécifique. Jakob Nolte reste toutefois plus accessible, moins impressionnant, et pourra justement servir de point d’entrée pour des néophytes.

Une thématique intéressante, une écriture particulière annonciatrice d’une identité forte, Les violences est un premier roman qui saura sans aucun doute trouver son public, mais qui ne plaira pas à tout le monde.

5/10

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