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[Critique] Mon voisin Totoro : Un bijou qui n’a pas pris une ride

Caractéristiques

  • Titre original : Tonari no Totoro
  • Réalisateur(s) : Hayao Miyazaki
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Genre : Animation, Famille
  • Nationalité : Japonais
  • Durée : 1h27
  • Date de sortie : ressortie le 13 juin 2018 (date de sortie originale : 1988 au Japon, décembre 1999 en France)

Les enfants et le rapport à la nature et l’imaginaire

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Totoro représente le rapport des enfants à la nature et l’imaginaire, mais aussi le lien avec la mère. © Ghibli

Deuxième long-métrage d’Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro fête cette année ses 30 ans. A cette occasion, ce chef d’oeuvre intemporel ressort dans 150 salles en France, où il restera à l’écran durant une semaine, jusqu’au 20 juin 2018. Nous sommes donc allés le revoir sur grand écran et force est de constater que ce petit bijou n’a pas pris une ride, ni perdu en force ! Ce n’est pas pour rien que Totoro est l’emblème du studio Ghibli : le film est d’une pureté inouïe et, à partir d’une histoire aussi simple qu’épurée, le maître de l’animation parvient à saisir avec une infinie tendresse et une justesse remarquable le lien qu’entretiennent les enfants avec la nature et l’imaginaire, qui sont ici liés. Qui n’a pas un jour, enfant, parlé aux arbres ou imaginé que la forêt regorgeait de créatures merveilleuses ?

Totoro et ses comparses, les noiraudes et le Chat-bus, incarnent l’esprit de la forêt qui entourent la maison de campagne où Mei, 4 ans et Satsuki, 10 ans, viennent de s’installer avec leur père pour se rapprocher de l’hôpital où est soignée leur mère; ils en représentent l’âme. Si le rapport homme-nature ne coule pas toujours de source et se révèle souvent conflictuel chez Miyazaki, très engagé sur la question de l’environnement, ici, la famille et les villageois respectent ces drôles de petits voisins, que les adultes ne voient pas, mais qu’ils considèrent comme des divinités. Et les deux fillettes, à travers leurs jeux et leur enthousiasme, possèdent un rapport naturel avec ce décor qu’elles ne se lassent pas d’explorer. Capables d’en déceler la magie, elles voient un passage secret s’ouvrir à elles dans les sous-bois; un chemin qui les mènera droit au débonnaire Totoro, énorme créature aussi tendre que rigolote qui partagera son monde avec elles et leur viendra en aide pour aller voir leur mère, dont le retour au foyer a une fois de plus été retardé.

Une merveille de simplicité et d’émotion

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Dans les scènes réalistes du film, Miyazaki représente la beauté des tranches de vie du quotidien. Ici, les fillettes s’amusent de la découverte de glands dans leur nouvelle demeure. © Ghibli

Quasi-naturaliste dans son approche du quotidien, Miyazaki émeut par la simplicité et l’émotion qu’il apporte à ces tranches de vie toutes simples : la découverte du nouveau foyer, un bain en famille où on joue à se faire peur, rentrer de l’école sous la pluie, cueillir des épis de maïs… La magie est déjà là, à portée de main. Totoro et ses amis ne feront que la rendre apparente, et avec une telle beauté qu’il est difficile de retenir ses larmes devant la scène où les petites filles font pousser plantes et arbres en compagnie de ces gentilles créatures, ou devant la fin, d’une simplicité bouleversante. Car Mon voisin Totoro parle directement à l’enfant en nous, et à sa capacité constante à s’émerveiller. D’ailleurs, si le gros Totoro devient l’ami des fillettes, c’est qu’il partage avec elles cette capacité-là, comme en témoigne l’une des scènes-phare du film, où il s’amuse du bruit que font les gouttes de pluie en tombant sur le parapluie que lui a prêté Satsuki.

D’un autre côté, il représente aussi la force nourricière de la nature, souvent rattachée à la mère, qui est ici absente du domicile familial en raison de sa maladie. Difficile de ne pas faire le lien et de ne pas voir en ce sympathique géant à fourrure une sorte de substitut, calmant l’angoisse des fillettes, partant à la recherche de la petite Mei lorsqu’elle se perd et amenant les deux soeurs jusqu’à l’hôpital pour qu’elles puissent rendre visite à leur maman…

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Comme les enfants, Totoro s’amuse et s’émerveille d’un rien. © Ghibli

Et le tout est réalisé avec une maîtrise, une expressivité et une poésie de chaque instant qui laisse encore et toujours admiratif. Qu’il s’agisse des scènes réalistes du quotidien ou celles, fantastiques,  en compagnie de Totoro et du merveilleux Chat-bus, c’est bien simple : on pourrait presque encadrer chaque plan pour en faire un tableau !

A l’heure où Hayao Miyazaki semble bien décidé à sortir de sa retraite, Mon voisin Totoro reste sans doute son joyau le plus brut, aux côtés de chefs d’oeuvre à l’intrigue plus complexe. Un pur moment de magie, aussi bien pour les petits que les grands, dont il serait dommage de se priver sur grand écran.

10/10

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