[Critique] Ant-Man et La Guêpe : Un petit Marvel

Caractéristiques

  • Titre original : Ant-Man and The Wasp
  • Réalisateur(s) : Peyton Reed
  • Avec : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michael Douglas, Walton Goggins, Hannah John-Kamen, Michelle Pfeiffer et Laurence Fishburne
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Genre : Action, Aventure, Science fiction
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 118 minutes
  • Date de sortie : 18 juillet 2018

Une histoire sans surprises

Après l’énorme succès d’Avengers: Infinity War au box-office mondial, avec plus de deux milliards de dollars de recettes, Ant-Man et La Guêpe a la très lourde tâche de lui succéder. Sorti en salles en 2015, Ant-Man était un petit film de “casse” sympathique qui malgré ses qualités n’avait récolté “que” 500 millions de dollars à sa sortie, soit l’un des plus petit scores du MCU. Puis Scott Lang, alias Ant-Man (Paul Rudd), se trouvait embarqué dans les événements de Captain America: Civil War. Dans un premier temps emprisonné, il est maintenant assigné à domicile avec un bracelet électronique. C’est alors que Hope Van Dyne (Evangeline Lilly) et Hank Pym (Michael Douglas) vont de nouveau avoir besoin de lui…


Si Ant-Man et La Guêpe est l’un des deux films, avec Captain Marvel, à sortir entre Avengers: Infinity War et Avengers 4, il y a une bonne raison à cela, et c’est peut-être là l’un des gros problèmes de ce nouveau blockbuster. Les nouvelles aventures de  l’homme fourmi, accompagné cette fois de La Guêpe, semblent être juste là pour amener pleinement le monde quantique, que l’on avait brièvement aperçu dans le premier film, au sein du MCU pour Avengers 4. Et qui dit cahier des charges dit brodage en règle pour tisser une histoire autour de cet argument ! Celle-ci se concentrera ainsi autour de la recherche de Janet Van Dyne (Michelle Pfeiffer). Si l’idée de départ semble tout à fait cohérente par rapport à l’intrigue d’Ant-Man, son application s’avère laborieuse.

Tout d’abord, le scénario est sans surprises :  on voit tout arriver à l’avance, jusqu’au dénouement final. Ensuite, l’histoire tenant sur une page, les scénaristes ont ajouté un maximum de sous-intrigues et personnages secondaires. Le problème, c’est qu’il y en a de trop ! Entre nos héros, la “méchante” Ghost (Hannah John-Kamen), un mafieux qui veut mettre la main sur la technologie de Pym (Walton Goggins), le FBI et la bande de Luis, c’est le bazar et tout ne s’imbrique pas forcément au mieux. De plus, la plupart de ces seconds couteaux ne sont là que pour injecter de l’humour, sans jamais avoir de réelle incidence sur l’histoire. Et que dire de Ghost ? Son histoire est survolée et, malgré toute la sympathie que l’on peut avoir pour le personnage, celui-ci est tellement placé en retrait qu’on se moque un peu de son sort au final. Et c’est bien dommage, car il y avait un véritable potentiel visuel et tragique. Et ne parlons même pas de Janet Van Dyne, qui est ici utilisée en MacGuffin et reste très peu développée.

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© The Walt Disney Company France

Pire encore, et c’est tout à fait symptomatique du film et encore plus de l’univers Marvel en général, le script va jusqu’à dédramatiser nombre de discussions et situations sérieuses alors qu’il n’en a absolument pas besoin. Tandis que ce parti pris du comic relief pouvait marcher dans d’autres long-métrage, ici cela ne fonctionne qu’à moitié. Et c’est là qu’il faut aborder l’humour d’Ant-Man et La Guêpe. Dans la première demi-heure, les gags sont laborieux et, si certaines répliques et situations peuvent prêter à sourire, il n’y a là pas de quoi déclencher le moindre éclat de rire. Cela va cependant en s’améliorant au fur et à mesure, surtout grâce à Luis (Michael Peña). On retiendra quand même quelques bons moments bien pensés comme celui de Scott/Janet , la scène de l’école, ou encore la scène “gondryesque” entre Scott et sa fille. Tout n’est pas à jeter donc, d’autant plus que les relations entre Scott, Hope et Hank sont développées un peu plus, et que l’on a aussi l’occasion de découvrir un peu mieux le monde quantique.

Une comédie d’action efficace

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© The Walt Disney Company France

Si côté scénario il y a beaucoup à redire, le reste est plus engageant. Malgré une petit demi-heure, sur quasiment deux heures, d’exposition un brin ennuyeuse, le rythme du film tient bien la route. Peyton Reed, déjà à la réalisation sur le premier opus, dose parfaitement comédie et action. Du coup, on est pris dans cette course-poursuite haletante. Il joue également très bien — voire mieux que dans le premier film ? — sur les échelles. De l’infiniment petit en passant par la séquence où Scott devient Giant-Man, tout est parfaitement maîtrisé. En particulier dans les scènes d’action, durant lesquelles ce jeu s’avère primordial. D’ailleurs, les combats entre deux voire trois personnages sont aussi bien chorégraphiés et permettent aux pouvoirs de chacun de s’exprimer joliment. Sans être révolutionnaire, la réalisation de Reed est efficace. On louera également la partition de Christophe Beck (auteur du score de la série Buffy et de La reine des neiges), déjà compositeur d’Ant-Man, qui, sans laisser une marque auditive indélébile, s’en sort très bien, appuyant les émotions, l’action ou l’humour des scènes avec efficacité. On louera aussi la qualité et la bonne insertion des effets-spéciaux, qui permettent une bonne immersion dans le long-métrage.

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© The Walt Disney Company France

Côté casting également il y a du mieux. Si Paul Rudd connaît bien son personnage, il en fait un peu moins et se révèle plus juste, surtout si l’on considère le fait qu’il s’en sort très bien dans la séquence de Scott/Janet, franchement pas évidente. Evangeline Lilly et Michael Douglas apportent une  touche de sérieux, et surtout d’émotion. Pour la première, dont le personnage donne en partie son titre au film, elle s’en sort parfaitement en apportant son charisme à Hope. Le second, qui n’a plus rien à prouver, se révèle une fois des plus juste et charismatique. Michael Peña est toujours l’atout humoristique du film, et il le fait plutôt bien. Walton Goggins est venu toucher son petit cachet dans le rôle de Sonny Burch et fait le job à minima. Petite surprise tout de même avec Hannah John-Kamen, aperçue en méchante dans Ready Player One, qui incarne Ava/Ghost avec sérieux. Dommage que son personnage soit plutôt mal exploité, car elle est l’un des atouts forts du film. Enfin, Michelle Pfeiffer et Laurence Fishburne ont peu de temps à l’écran, mais apportent leur solide expérience à l’ensemble.

Au final, Ant-Man et La Guêpe n’est pas la réussite souhaitée, et s’avère être un film mineur de l’univers cinématique de Marvel. Malgré une bonne dose de comédie et d’action plutôt bien gérée, cela ne sauve pas un scénario qui n’a que pour prétexte d’introduire un peu plus le monde quantique pour Avengers 4. Dommage, car le potentiel est là, mais il est mal exploité.

5/10

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