[Critique] Détective Dee la Légende des Rois Célestes : du Tsui Hark tout craché

Caractéristiques

  • Titre original : Di Renjie zhi Sidatianwang
  • Réalisateur(s) : Tsui Hark
  • Avec : Mark Chao, Carina Lau, Shaofeng Feng, Kenny Lin, Sichun Ma
  • Distributeur : The Jokers
  • Genre : Action
  • Nationalité : Chine
  • Durée : 132 minutes
  • Date de sortie : 8 août 2018

Le grand spectacle le plus fou de cet été

image film detective dee legende rois celeestes

Tsui Hark et Di Renji (personnage historique, ayant réellement vécu, qui a inspiré le héros des Detective Dee), c’est une histoire d’amour qui semble devoir se perpétuer. Détective Dee : Le Mystère de la Flamme Fantôme était synonyme de réveil artistique pour l’immense réalisateur hongkongais, lequel sortait de deux véritables déceptions (Missing et All About Women), et semblait à la peine. Depuis, Hark s’est retrouvé un très bon rythme de croisière, dans des productions à grand spectacle qui lui permettent de laisser exploser toute sa rage créatrice. Après un préquel, sous-titré La Légende du Dragon des Mers, Détective Dee revient pour un troisième volet. Car, apparemment, le metteur en scène a encore beaucoup de substance à tirer de cet univers.

L’histoire de Détective Dee : La Légende des Rois Célestes est, là encore, un préquel du Mystère de la Flamme Fantôme, mais il fait suite à La Légende du Dragon. Est-ce pour autant qu’il faut absolument avoir vu les deux films qu’on vient de citer ? Pas obligatoirement, Quand bien même quelques séquences font clairement référence à des événements survenus auparavant. Le spectacle, lui, restera compréhensible et divertissant, même s’il faudra s’accrocher pour le scénario. Celui-ci est l’occasion d’un traitement qui sied parfaitement à Tsui Hark. Autant vous prévenir : ça va vite, très vite, et l’auteur ne prend aucune pincette avec le spectateur. Tant mieux, cela accouche d’une tonalité jusqu’au-boutiste, positivement chaotique dirons les fans du réalisateur.

La Dynastie Tang est en alerte ! En effet, d’étranges opposants au régime, pratiquants la magie, menace l’équilibre du pouvoir. C’est ici que le Détective Dee rentre en scène, afin de mettre à jour l’organisation renégate. Ce qu’il découvrira le mènera aux portes du surnaturel, voire même en plein dedans. Le pitch de Détective Dee : La Légende des Rois Célestes est aussi simple que ça, mais le développement se chargera d’ajouter des conflits secondaires, de manière à donner du relief à l’ensemble. Dee va se retrouver au centre d’un véritable imbroglio, lui qui détient une épée plus que convoitée. Et, pour couronner le tout, Wu Zetian, femme de l’Empereur (et future impératrice), demande injustement la tête de l’enquêteur. Tout cela sert de toile de fond à une investigation hautement remuante, qui donne l’occasion à Tsui Hark de laisser s’exprimer son sens de la démesure.

Une belle claque visuelle

Détective Dee : La Légende des Rois Célestes est avant tout un pur divertissement, et non une fresque historique. Le thème favorisé par l’auteur est celui de la magie, de notre rapport à l’irréel, à ce que nous voyons, et à ce que nous croyons. Les tueurs, redoutés par la Dynastie Tang, portent en eux ce qui motive le metteur en scène : faire croire à l’incroyable. Peut-être même en trichant un peu, grande spécialité de ce réalisateur surdoué. Une vieille bique toute courbée, capable de se transformer en véritable boule de feu ? Un homme à quatre bras ? Cela vous paraît irréel ? Et pourtant, on les voit, et le spectateur peut commencer à douter de Dee, de ses convictions. Des thèmes forts, mais traités avec la légèreté d’un auteur qui a surtout, en tête, l’envie de gâter le spectateur. Et ce dernier est entre de bonnes mains.

Le film profite de sa situation politique, et de ses thèmes, pour nous en mettre plein les yeux. Voilà, sûrement, le spectacle le plus abouti de Tsui Hark depuis son retour en Chine, après son inquiétante escapade américaine (Double Team, Piège à Hong Kong). Les décors sont sidérants de beauté, de détails. La direction artistique est un cas d’école, favorisant le travail sur les contrastes, ici majestueux. Aussi, on remarque de vrais progrès sur la 3D, avec certains plans qui ne laissent aucun doute sur les intentions du metteur en scène. Quant aux CGI, très présentes, on a là aussi une vraie avancée. La Chine ne cesse de perfectionner sa maîtrise des technologie du cinéma, et cela se sent ici. On garde un aspect un peu surfait, mais c’est un choix de réalisation, afin de distiller un effet très jeu vidéo. On est désormais loin de la bouillie infâme qu’on a pu vivre dans La Légende de Zu, et l’on s’en réjouit. Un sentiment positif qui s’étend à l’ensemble de ce long métrage, très recommandable.

8/10

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