article coup de coeur

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Luca Guadagnino
  • Avec : Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhbarg, Amira Casar et Esther Garrel...
  • Distributeur : Sony Pictures France
  • Genre : Drame, Romance
  • Nationalité : Français, Italien, Américain, Brésilien
  • Durée : 132 minutes
  • Date de sortie : 28 février 2018

Une oeuvre initiatique

Nouveau long-métrage de Luca Guadagnino (A Bigger Splash), Call Me By Your Name est l’adaptation du roman du même nom d’André Aciman. Oscarisé pour le meilleur scénario adapté, le film raconte l’histoire d’Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances, durant l’été de 1983, dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

L’éveil amoureux et celui du désir sexuel ont été maintes fois abordés au cinéma, et Call Me By Your Name est très certainement l’un des plus complets sur ce sujet. On découvre donc le personnage d’Elio (Timothée Chalamet), intellectuellement mature, mais qui n’a encore rien découvert de l’amour et de la sexualité — un passage obligé de l’adolescence à l’âge adulte. L’éveil du désir et l’éveil amoureux sont deux choses bien distinctes. Si le premier se fera surtout par le biais du personnage de Marzia (Esther Garrel) dans un premier temps, c’est pour montrer un passage obligatoire, comme entré dans les mœurs. Mais cet éveil prendra une autre dimension avec l’arrivée d’Oliver (Armie Hammer). Et c’est là que le scénario est d’une très belle intelligence. Rien n’est poussé, les étapes sont franchies petit à petit. Du coup, l’évolution est lente, mais on ne rate rien de la naissance de cet amour qui n’est jamais jugé. Pourtant, quelques obstacles, qui sont encore d’actualité, font aussi partie de cette lente évolution, qu’il s’agisse de la religion ou encore de la majorité bien-pensante. Ce n’est pas anodin si le film se déroule en Italie, pays très porté sur la religion. Toute cette histoire et ses thèmes abordés sont magnifiquement maîtrisés, jusqu’à l’émouvant discours final du père, qui font de Call Me By Your Name et du scénario de James Ivory une belle oeuvre initiatique.

Un amour d’été

image luca guadagnino call me by your name

Ce qui fait aussi la réussite de Call Me By Your Name, c’est la réalisation de Luca Guadagnino. Toujours près de ses personnages tout en leur laissant la place de s’exprimer par un geste ou un regard, il n’en fait jamais trop avec les décors italiens, qui nous donnent pourtant envie de partir en vacances là où le film a été tourné. Il joue parfaitement avec les sensations ou encore la musique, qui occupe ici un rôle primordial. Il distille un rythme lent, qui donne quelques petites longueurs au long-métrage, d’une durée de deux heures et douze minutes, et c’est sûrement là son seul défaut. On louera la photo de Sayombhu Mukdeeprom, qui joue parfaitement avec les couleurs chaudes de l’Italie. La musique de Sufjan Stevens  s’avère discrète et ravissante. Elle est accompagnée par les magnifiques chansons (“Mystery of Love”, “Visions of Gideon”) composées par Stevens, et qui resteront longtemps en tête après le visionnage.

Côté acteurs, Timothée Chalamet est touchant de sincérité. Il joue aussi bien le côté intellectuel de son personnage que son côté naïf, qui sied parfaitement à la phase qu’il est en train de vivre. Une très belle performance. A ses côtés, Armie Hammer joue plus sobrement, mais chaque geste ou regard de sa part en dit long. Sa stature, telle les statues grecques qu’il étudie, apporte un contre poids au physique très fin de Chalamet. Ils sont servis par d’excellents seconds rôles, comme une Amira Casar parfaite. Mais on retiendra surtout les performances d’Esther Garrel et de Michael Stuhbarg dans le rôle du père. Call Me By Your Name est ainsi une sublime oeuvre initiatique. Un amour d’été sincère qui se vit pleinement. Luca Guadagnino nous livre l’un des plus beaux films de l’année, rien de moins.

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8/10

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