[Test] Fist of the North Star Lost Paradise : mieux qu’espéré

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Ryu Ga Gotaku
  • Editeur : Sega
  • Date de sortie : 2 octobre 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Enfin une bonne adaptation de Ken le Survivant !

image gameplay fist north star
Les combats sont très dynamiques.

Si, comme votre humble serviteur, vous êtes nés au début des années 1980, alors vous avez adoré le Club Dorothée. Mais, si, c’est obligé, ne faites pas semblant. Que vous soyez une fille ou un garçon, d’ailleurs, ça n’importe pas. Et, pour accompagné ce fait indiscutable (on insiste), il est très sûrement vrai que vous éprouvez, encore aujourd’hui, une préférence pour l’un des dessins animés qui, avant l’intervention de Ségolène Royal (la malfaisante !), s’étalaient sur la programmation. Dragon Ball, Cat’s Eyes, Fly, Jeanne et Serge, Les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon, ils ont tous une place dans le cœur d’un de ces premiers représentant de la génération Y. Et là, normalement, le lecteur attentif bouillonne, car on a sciemment oublié l’une des séries les plus appréciées, et certainement la plus controversée sous nos latitudes : Ken le Survivant. Aujourd’hui, les fans peuvent se frotter les mains : le studio Ryu Ga Gotaku, auteur de la cultissime licence Yakuza, pioche dans son savoir-faire pour livrer une adaptation très attendue. Résultat : un Fist of The North Star : Lost Paradise digne d’intérêt. Atatatata !

L’univers de Ken le Survivant, qu’on nommera d’après son titre original Hokuto No Ken, histoire de faire un peu plus pointu (et s’éviter la colère froide des fans), est plus fin qu’il n’y paraît. Non pas dans l’action, parfois délicieusement violente, très graphique, mais dans le dosage d’éléments de culture pop, qui s’y complètent plus qu’ils ne s’entassent. Pour faire simple, les films post-apocalyptique à la Mad Max 2, et le film d’arts martiaux typiquement chinois, sont ici invoqués. On retrouve notre survivant aussi puissant que Lo Lieh dans La Main de Fer, dans un récit inédit. Que ceux qui avaient peur de la répétition se rassurent : ils sont en terrain plus ou moins inconnu, même si les références sont bien présentes. Autre soulagement, l’histoire est amplement fidèle à l’état d’esprit de la série. Fist of The North Star : Lost Paradise se déroule dans la ville d’Eden, véritable oasis au milieu d’un désert dont l’insécurité ferait passer Saint-Denis pour une gentille bourgade de bord de mer. C’est ici que la trace de Yuria, la fiancée de notre avatar, s’évapore. Et c’est ici, aussi, que bien des plans fumeux vont frapper de plein fouet notre bon vieux Ken, lequel croisera certains des personnages les plus appréciés de la licence : Toki et Thouther, par exemple.

La narration de Fist of The North Star : Lost Paradise prend une forme éclatée. On a bien droit à un fil rouge mais, plus que n’importe quel épisode de Yakuza, on sent que la cohérence des différentes sous-intrigues ont un peu de mal à s’imbriquer. Est-ce un véritable souci ? Pour l’immersion, oui, mais pas pour le trip proposé. Celui-ci ira droit au cœur des fans bien entendu, car ceux-ci sont la première cible de ce soft. C’est incontestable. Le nouveau-venu pourra aussi s’amuser des différentes quêtes proposées, mais il passera peut-être à côté de petites subtilités bien savoureuses. Par contre, le novice (et pas de connotation hautaine ici : on ne peut pas tout connaître, ce n’est pas sur ce site qu’on vous affirmera le contraire) ne pourra que constater le savoir-faire du studio Ryu Ga Gotaku dans la mise en scène, terriblement efficace lors des cutscenes. On se régale de chacune d’entre elles, et ce même si les sous-titres ne sont proposés qu’en anglais. Le niveau de maitrise de la langue demandé se situe, pour nous, au même niveau que ce qu’un Yakuza demande : intermédiaire, abordable mais au prix de petits efforts.

Pas parfait pour autant

image fist north star
On lui avait bien dit, de ne pas percer son bouton !

On cite beaucoup Yakuza dans ce test de Fist of The North Star : Lost Paradise, mais vous allez comprendre que ce n’est pas sans justifications. Tout d’abord, Eden est évidemment un hub à la Kamurocho. C’est ici qu’on aura accès à toutes les activités, qu’elles soient d’ordre principales ou secondaires. On reconnaît bien la patte du studio de Sega, mais un peu moins généreuse que ce qu’on a pu constater dans, par exemple, Yakuza 6. On peut s’embarquer dans des courses automobiles, servir les meilleurs cocktails dans la peau d’un barman, jouer aux éternelles cartes, chasser des voyous dont la tête est mise à prix, et quelques autres surprises qu’on vous laisse découvrir. Aussi, il est possible, et même recommandé, de partir à la recherche des bornes d’arcades enterrées. Une fois mises à jour, elles permettent de jouer à Space Harrier, Super Hang-On, Outrun, et surtout le Hokuto no Ken de la Master System. Un choix un peu prudent, sauf pour le dernier cité, lequel nous a fait rire avec bienveillance. Par contre, force est de constater que ces activités annexes ne sont pas aussi nombreuses que ce à quoi les développeurs nous ont habitué. Dommage.

Vous vous en doutez, Fist of The North Star : Lost Paradise va surtout vous demander de vous défendre, avec les poings dévastateurs de votre avatar. Les voyous règnent autant sur Eden que ses alentours, et la maitrise du Hokuto Shinken n’est pas de trop pour calmer certains esprits. Définitivement, et dans des gerbes de sang grand-guignolesque très à-propos. On retrouve une grande partie des sensations créées par Yakuza, dans la fluidité des enchainements, et la petite subtilité des finishs. Le studio de développement a très bien compris l’importance des mouvements assassins, et c’est un réel plaisir que d’effectuer ces QTE, histoire de toucher divers points sensibles. « Tu ne le sais pas encore, ais tu es déjà mort », une phrase que les adeptes du manga pourront répéter à loisir. Et quand on se débarrasse des vilains pas beaux, l’avatar récupère des orbes, à dépenser sans compter dans un des quatre arbres de compétence. On garde cette saveur RPG, qui participe grandement au succès de Yakuza Kiwami 2, notamment. Seule vraie ombre au tableau, celle qui accompagne le véhicule des sables. Les sensations sont plates au possible, le désert s’apparente à une longue route linéaire, et la prise en main crispe en permanence. Une bonne idée certes, mais mal exploitée, comme l’idée de la gestion de l’essence. Sur le papier, c’est évident. Manette en main, ça devient vite barbant.

Fist of The North Star : Lost Paradise peut décevoir du côté de sa technique. Pas qu’elle soit catastrophique, entendons-nous bien, mais on regrette forcément que le studio Ryu Ga Gotaku n’ait pas utilisé le fameux Dragon Engine. Le cel shading fait sa belle œuvre, le style restant cohérent à la provenance de la licence, mais cela manque un peu de finesse dans les textures. Surtout dans les décors, qui accusent un petit coup de vieux. Heureusement, la fluidité n’est pas à remettre en cause, c’est un bon point. L’aspect sonore est une autre satisfaction. On adore les voix, qui viennent tout droit de la licence Yakuza. Si, en plus, vous optez pour la skin de Kiryu, le trip sera assez troublant, dans le bon sens. C’est un peu moins grandiose pour ce qui est des compositions de Haruyoshi Tomita qui, avant ça, a beaucoup bossé sur la licence Super Monkey Ball. Du coup, l’énergie qui se dégage des thèmes, justifiée par le rythme de l’action, rentre un peu en collision avec un univers plus dark. Cela reste très écoutable, de belle qualité, mais un peu hors de propos.

Note : 15/20

Fist of The North Star : Lost Paradise n’était pas très bien placé sur les radars, et pourtant on a pris beaucoup de plaisir à le parcourir. Certes, l’univers est moins vaste qu’attendu (comptez 35 heures pour tout capter), quelques bonnes idée tombent à l’eau (le véhicule…), et c’est techniquement moins impressionnant que les derniers Yakuza. Mais on retrouve une recette très accrocheuse, des à-côtés bien fendards, une atmosphère idéalement travaillée, et des missions secondaires écrites avec soin. On peut, donc, qualifier ce titre de meilleur adaptation d’Hokuto No Ken, à ce jour. Et d’assez loin.

7/10

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