[Critique] Dumplin’ : Le feel-good movie Netflix du moment

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Anne Fletcher
  • Avec : Danielle McDonald, Jennifer Aniston, Harold Perrineau, Odeya Rush...
  • Distributeur : Netflix
  • Genre : Comédie
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 1h50
  • Date de sortie : 7 décembre 2018 sur Netflix

Jennifer Aniston en ancienne reine de beauté

Réalisé par une habituée des comédies romantiques, Anne Fletcher (La proposition, 27 robes) et produit par Jennifer Aniston, Dumplin’ fait partie des prestigieuses productions Netflix (Castlevania, Les nouvelles aventures de Sabrina…) du mois de décembre, disponible uniquement en streaming chez nous, bien qu’il ait eu l’honneur d’une sortie restreinte en salles aux Etats-Unis.

image jennifer aniston avec diadème dans les cheveux dumplin' netflix
© Netflix

On y retrouve Aniston dans le rôle d’une ancienne reine de beauté frustrée de voir que sa fille adolescente, Willowdeane (excellente Danielle McDonald, découverte dans Patty Cakes), lui ressemble si peu. Et pour cause : si Rose a perdu du poids à l’adolescence, sa défunte sœur Lucy était obèse, tout comme sa fille, qui semble s’assumer telle qu’elle est, malgré les quolibets des brutes du lycée. La réalité est cependant plus complexe puisque lorsqu’elle commence à se rapprocher du beau serveur du fast food pour lequel elle travaille, Willowdeane est complexée par ses formes et se demande qu’est-ce qui cloche chez ce garçon qui pourrait facilement sortir avec la future reine de beauté de leur petite ville du Texas.

image danielle mcdonald jennifer aniston dumplin' netflix
© Netflix

De plus, Rose ne cesse de l’appeler « Dumplin’ », du nom de ces petits beignets de farine frits dans la graisse, ce qui n’arrange guère les choses. Délaissée par sa mère qui se consacre corps et âme aux concours de Miss, la jeune fille choisit alors la révolte : accompagnée de trois amies (dont une adolescente elle aussi obèse et une gothique) elle se présentera au concours des Miss adolescentes dirigé par sa mère afin de se rebeller contre les canons de beauté en vigueur. Avec, à la clé, une possible réconciliation avec sa mère qui ne semble pas la comprendre…

Un feel-good movie sur la différence dans l’esprit de Love, Simon

image danielle mcdonald odeya rush à la piscine dans bouées gonflables dumplin' netflix
© Netflix

Si vous avez apprécié Love, Simon cette année, il y a des chances que vous appréciez Dumplin’, dont le traitement est relativement proche. En effet, le film d’Anne Fletcher montre comment les choses peuvent se passer dans un monde bienveillant quand on ne correspond pas aux normes de la société. Il y a donc beaucoup de bonnes intentions dans Dumplin’, pas mal de justesse à l’occasion aussi, mais on se retrouve au final avec un feel-good movie pas forcément très réaliste, qui ne gratte jamais là où ça pourrait faire mal… Ce qui n’est pas nécessairement un mal, en fonction de ce que l’on veut voir après tout. Cependant, on ne peut s’empêcher de trouver dans l’intrigue quelques contradictions assez étranges. Ainsi, alors qu’elles veulent protester contre les diktats de beauté qui excluent généralement les filles rondes des concours de beauté, Willa et ses amies finissent par obtenir (on vous laisse découvrir comment) l’approbation de ces mêmes pairs qui contribuent à perpétuer ces canons de beauté. Et, une fois passé les premières minutes au lycée, elles ne rencontreront pas vraiment la méchanceté des jeunes de leur âge, ni la férocité des juges de concours, pourtant guère tendres dans la réalité.

image concours de beauté miss teen blue bonnet dumplin' netflix
© Netflix

En ce sens, Dumplin’ est un peu l’anti-Little Miss Sunshine, qui était drôle mais bien plus corrosif sur le sujet. Il n’en reste pas moins que l’héroïne incarnée par Danielle McDonald est attachante, et le personnage de Jennifer Aniston tour à tour délicieusement irritant et finalement touchant. Surtout, la B.O., émaillée de tubes de Dolly Parton (et de nouveaux titres composés par la reine de Dixieland spécialement pour le film) est des plus enthousiasmantes et le travail du directeur de la photo Elliot Davis (Hors d’atteinte, Twilight Fascination) remarquable. On pardonnera alors au film d’Anne Fletcher (bien plus inspirée ici qu’avec le surestimé La proposition) ses quelques travers pour saluer ce sympathique récit initiatique qui regarde l’affirmation de soi à travers des lunettes en forme d’étoiles à verres roses.

6/10

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