[Test] Sleep Tight : un shooter qui a de l’idée

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Ordinateur/PC
  • Développeur : We Are Fuzzy
  • Editeur : We Are Fuzzy
  • Date de sortie : 24 janvier 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Un mélange de shooter et de Tower defense

image gameplay sleep tight
Le jour, il faut déployer des moyens de survie…

Revenu au goût du jour en même temps que l’avènement de la scène indépendante, le Twin-stick shooter est un genre assez idéal pour les studios qui veulent tenter des choses. Sur une base déjà bien installée, avec des codes définis et assez inamovible, on peut forcément trouver des éléments à développer, dans le but d’apporter sa petite touche. C’est sûrement ce que s’est dit le studio We Are Fuzzy, que nous découvrons à l’occasion de ce Sleep Tight, désormais disponible sur Nintendo Switch et PC.

Passons très rapidement sur le scénario de Sleep Tight. Car, au-delà de la caractérisation des personnages, on ne peut pas spécialement parler de récit. Le joueur incarne un enfant, parmi la douzaine à débloquer (et en comptant celui qui nous sert d’avatar originel). En plein jour, le bambin est plutôt tranquille, mais quand vient la nuit… c’est une autre paire de manche ! Les monstres surgissent des ombres, et se mettent en tête de vous effrayer jusqu’à ce que vous rendiez plus ou moins l’âme. Plus qu’un scénario, c’est une ambiance qui se dégage, et elle s’avère plutôt réussie. Le marketing parle de saveur Pixar, et il y a un peu de ça, effectivement, mais de très loin. C’est surtout la personnalité des enfants, rigolote de par leur côté héroïque, avec ce qu’il faut de flingues factices, qui apporte une petite dose de charme.

Mais Sleep Tight, c’est surtout un concept. Il peut être résumé de la manière suivante : un mélange entre le Twin-stick shooter et le Tower defense. Voilà qui peut s’avérer alléchant, sur le papier. Et, Nintendo Switch en mains, le jeu n’est pas loin de véritablement transformer l’essai. Du moins, celui-ci comporte assez de satisfactions pour tout de même attirer l’attention des joueurs curieux. Car l’ensemble nous paraît hautement cohérent das le game design. Une journée type, pour nos petits héros, se déroule de la sorte : le jour on prépare la chambre à l’apparition des monstres assoiffés de nos cauchemars. La nuit, il faut résister à leur charge, arme en plastique à la main.

Un petit goût de reviens-y

image test sleep tight
La nuit, les monstres se déchainent !

Sleep Tight s’appuie donc sur deux piliers, lesquels ont le mérite de proposer un véritable équilibre d’intérêt. Avec l’argent (des étoiles, et des soleils) récolté la nuit, il faut que le joueur agence la chambre, à l’aide de quatre magasins. C’est dans chacun d’entre eux qu’on pourra s’acheter des munitions, des items à effet (protection d’un bouclier sur trois nuits, etc) de nouvelles armes, mais aussi se lancer dans de la recherche et développement. C’est, d’ailleurs, une condition assez vitale pour la réussite de vos runs : vous ne vous en sortirez jamais, à haut niveau, sans l’apport de tourelles de plus en plus efficaces. Celles-ci devront aussi être achetées, et placées avec soin. Puis, étant donné l’aspect sciemment vide de la chambre (un enfant qui range, merveilleux !), vous vous rendrez vite compte de l’utilité d’obstruer certains passages. Un vrai côté stratégique, donc, qui n’oublie pas la gestion des dégâts : attention à réparer vos différentes protections.

La nuit, tous les chats sont gris. Et les monstres sortent de sous le lit. Ici, Sleep Tight devient un véritable shooter, et réussit en partie son coup. On n’est pas très fan de la nécessité d’appuyer sur ZR pour tirer : on aurait préféré que l’inclinaison du stick droit suffise. La prise en mains de la Nintendo Switch, en mode portable, n’est pas étrangère à ce ressenti mais, malheureusement, cela ne passe pas beaucoup mieux en docké. Reste que ces phases s’avèrent bien énergiques, et même difficile quand on enchaine bien les différentes vagues. Les monstres sont nombreux, leur intelligence artificielle reste très basique (ils vous voient, ils vous courent après), mais ça fait partie de la rythmique un peu frénétique. L’attaque se termine quand le soleil se lève, et on recommence.

Sleep Tight manque peut-être le coche en terme d’agréable addiction : difficile d’y rester scotché plusieurs heures d’affilée. Par contre, on se surprend à y revenir chaque jour, pour quelques parties plaisantes. On apprécie le fait de débloquer des personnages, lesquels ont tous leurs particularités, qui ont surtout un impact sur la difficulté du run. Ce qui assure une durée de vie conforme à ce que les Twin-stick shooter délivrent en général. Enfin, signalons la bonne tenue de la technique et de la musique. Pas qu’on soit émerveillé par les textures, cela reste humble, mais c’est assez fin et bien coloré pour qu’une personnalité s’en dégage. Par contre, le rendu des voix n’est pas optimal, on a l’impression d’un souffle vulgaire. Heureusement, les musiques se révèlent mieux travaillées, même si cela manque de thèmes, à la longue.

Note : 13/20

Sleep Tight parvient à retenir notre attention grâce à un concept imparfait mais maitrisé. Si l’on aurait apprécié encore plus d’éléments à débloquer, voire un mode coopération, histoire de provoquer des parties plus longues, force est de constater que l’ensemble tient ses humbles promesses. La phase de préparation, diurne, est peut-être la plus convaincante, tant on apprécie de prendre soin du moindre détail. La partie nocturne, destinée au combat, reste tout à fait correcte, mais on regrette le besoin d’utiliser la gâchette, alors que le stick droit aurait pu suffire. Des retenues, donc, mais tout de même un certain plaisir à y revenir, pour des parties courtes mais plutôt amusantes.

6/10

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