[Test] UnExplored Unlocked Edition : un Roguelite difficile d’accès

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Ludomotion
  • Editeur : Digerati
  • Date de sortie : 20 février 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Derrière la prise en mains épouvantable, un jeu qui mérite d’être découvert

image gameplay unexplored unlocked edition
Les ennemis des premiers niveaux sont encore gérables…

UnExplored, ce titre ne vous dit probablement pas grand chose. Voire rien, n’ayons pas peur des mots. En tout cas, c’était le cas pour votre dévoué serviteur. Et pourtant, c’est pas faute d’apprécier ce genre si attachant qu’est le Roguelite, mais que voulez-vous : l’actualité du jeu vidéo indépendant est telle qu’on passe parfois à côté de certains petits phénomènes. UnExplored en fut un. Sorti en 2017 sur Steam, le jeu signé par le studio Ludomotion (jusqu’ici uniquement auteur d’un certain Sumico : The Numbers Game), s’est attiré la sympathie de quelques passionnés, tout en éveillant l’intérêt chez certains sites spécialisés comme Rock Paper Shotgun. Deux ans plus tard, et grâce à l’excellent distributeur Digerati (BleedHacky Zack) le titre atterri sur nos consoles actuelles dans une édition comprenant tous les DLC parus à ce jour : Mithril Run, Ripley Run et The Dark Ritual.

Les premiers contacts avec UnExplored : Unlocked Edition sont abruptes, c’est le moins que l’on puisse écrire. Dès l’écran de présentation, on comprend que Ludomotion n’a pas spécialement cherché à adapter le trip à la maniabilité console. Ce qui résultera, on le verra plus tard, sur de véritables soucis de prise en mains. Mais avant cela, le soft nous propose de créer un personnage, de manière extrêmement basique. La classe certes, mais aussi le rendu visuel de cette sorte d’œil vivant et poilu. Une réflexion quant à ce que peut être le public de ce titre ? Peut-être, en tout cas sachez qu’il ne s’agira que du premier avatar d’une longue lignée. Sans trop de focus sur l’histoire, on sait juste qu’il faut atteindre les tréfonds du donjon, s’emparer d’une pierre précieuse et revenir à la surface. Mais, bien avant d’entrevoir le Graal, on commence à comprendre toute l’étendue des qualités et des problèmes qui s’offrent à nous.

Débutons par ce qui fâche. UnExplored : Unlocked Edition peut sûrement se targuer de proposer les pires menus possibles. Gérer notre inventaire, à la Dual Shock 4, est un véritable supplice pour les nerfs. Du moins dans les nombreuses premières heures car, ensuite, le syndrome de Stockholm fait son effet, et on s’y habitue plus ou moins. Pour savourer ce Roguelite, il va falloir prier pour que votre ADN contienne un peu de celui d’un poulpe (dans ce cas, parlez à vos parents), car entre ce qu’il se passe dans ces donjons, ces menus qui se déclenchent un peu n’importe comment en s’incrustant à l’écran, et la difficulté du jeu, vous allez saigner du nez. Et pas comme Tortue Géniale, mais plutôt à l’image d’un Xavier Dolan qui voudrait combattre à mains nues Dolph Lundgren. Vous tenez le déséquilibre de cette image ? Bien.

Le fun est là, mais il se fait désirer

image test unexplored unlocked edition
Le level design fait partie des satisfactions.

UnExplored : Unlocked Edition est sec comme un loukoum laissé au soleil en pleine canicule. On sent bien qu’il pourrait devenir agréable sous la dent, avec un peu d’efforts notamment de présentation. Mais, en l’état, il vous défonce les dents. Une fois votre neunoeil lancé dans le donjon, en vue top down, prier pour votre salut ne sert plus à rien. Il faudra surtout compter sur votre skill, et croiser les doigts pour que la création des lieux, bien entendu aléatoire comme le veut le genre, ne soit pas trop cruelle avec vous. La plupart du temps, elle l’est, mais on doit tout de même souligner que le level design figure dans les satisfactions du titre. On apprécie les différentes salles, leur contenu, et le nombre incalculable de possibilités. Au bout d’une quinzaine d’heures de jeu on découvrait encore des lieux, ainsi que des monstres, c’est dire.

Si l’apparence d’UnExplored : Unlocked Edition est rebutante, sa beauté intérieure existe bel et bien. Pour atteindre les étages les plus bas, il va falloir autant de doigté que de travail d’acharnement le plus complet. Comprendre les attaques, leur vitesse, leur impact, est un élément primordial de l’expérience. Car les petites chauves-souris de vos premières minutes vont assez vite laisser place à d’autres bestioles infiniment plus coriaces, et là il faudra se tenir prêt. Arcs, baguettes, gourdins, on retrouve tout ce qui peut se trouver dans un univers heroic-fantasy classique. Et rien ne vous sera rendu facile. Récupérer une potion, c’est bien. Mais en connaitre les effets, c’est mieux. Et pour cela, il faudra soit utiliser un parchemin, soit goûter par vous-même, ce qui débloquera la description de manière définitive. Cet exemple est assez idéal pour bien appuyer ce qui est la grande force de ce jeu : l’impression de toujours progresser, et ce même si l’on souffre le martyre.

Pour ne pas arranger son accessibilité, sachez qu’UnExplored : Unlocked Edition n’est sous-titré qu’en anglais. Dommage, même si les textes, comme sur ces notes laissées ici ou là, sont plutôt courts. Justement, ces écrits, abordons-les un peu. Car ils impliquent une mécanique intéressante, et peu usitée dans les Roguelite. Parfois, vous trouverez l’un de ces quasi post-it. Parfois, il ne s’agira que d’un commentaire crétin mais drôle, d’autres fois des choses beaucoup plus intéressantes. Par exemple, un aventurier vous donnera un indice quant à l’emplacement d’une arme légendaire dans l’un des étages du donjon. Oui, vous avez bien lu : il est possible de revenir dans les paliers précédemment visités, du moins dans la session en cours. Ainsi s’installe une petite saveur d’exploration, plutôt agréable. Pas de quoi faire oublier la direction artistique totalement générique, mais on comprend mieux le succès sur les gamers qui aiment poncer leurs softs.

Note : 13/20

UnExplored : Unlocked Edition passe à côté d’un résultat beaucoup plus probant, à cause d’une prise en mains carrément cauchemardesque. Si l’on parvient à digérer les menus, on ne peut oublier la douleur qui aura accompagné cet effort. Cependant, le soft mérite tout de même votre attention. Car, au-delà de son aspect, il contient pas mal des forces principales qu’on se doit d’attendre d’un Roguelite intelligent. Le besoin de s’investir dans les connaissances profondes de vos avatars successifs, des mécaniques du soft, le sentiment de progresser à chaque run, et une sacrée dose de joie quand on parvient enfin à boucler son premier périple. Tout cela figure bel et bien dans ce titre, contre vents et marées…

6/10

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