[Critique] Shazam! : Une entrée sympathique et amusante dans le DCEU

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : David F. Sandberg
  • Avec : Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong, Djimon Hounsou et Jack Dylan Grazer
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Action, Fantastique
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 132 minutes
  • Date de sortie : 3 avril 2019

Une comédie qui marche

Super-héros méconnu du public, Shazam! fait son entrée dans le DCEU (ou Worlds of DC). Après le naufrage, autant artistique qu’au box-office, de Justice League et le succès critique et public (1,1 milliard de dollars au box-office mondial) d’Aquaman, il fallait solidifier cet univers et cela semble prendre définitivement le bon chemin. Shazam! raconte l’histoire de Billy Batson, un adolescent de 14 ans qui passe de foyers en foyers t devient un super-héros lorsqu’il prononce ce mot magique : “Shazam!”. Ses capacités sont la combinaison des pouvoirs de six dieux et héros de l’ancien monde, dont les initiales forment cette parole magique : la sagesse de Solomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, le pouvoir de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure. Il y avait ici tout un potentiel assez inédit à exploiter. Alors, qu’en est-il du résultat ?

Pour tout vous dire oui, le film tient assez bien la route côté scénaristique. L’univers du film est parfaitement introduit dès le prologue, tout comme les personnages. Ces derniers sont tous assez différents pour qu’on puisse les identifier et les apprécier — surtout du côté des enfants, ce qui aura une importance au moment du final. Billy est un enfant qui a perdu sa mère lors d’une fête foraine. Depuis, il se balade de foyers en foyers. Il s’échappe à chaque fois pour essayer de retrouver sa mère. Il y a donc un côté assez tragique quand on est avec lui.

Cette dimension apparaît assez maîtrisée, sauf le temps d’une scène à l’importance capitale, et qui tombe un peu à l’eau tant elle est cliché et assez mal amenée. Quand il obtient ses pouvoirs et se transforme en adulte, cela devient évidemment amusant et, de ce côté ci, rien à redire. L’humour fait mouche à chaque fois, surtout lors de la découverte et les tests des pouvoirs, qui sont l’occasion de disséminer quelques références bien trouvées.

On peut dire aussi que le scénario fait très années 80. Il y a beaucoup de références, surtout deux grosses au film culte des eighties Big avec Tom Hanks, et le film est très “Spielbergien” dans l’ensemble. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de retrouver au scénario Henry Gayden, qui avait déjà signé Echo, que n’aurait pas renié le grand Steven. Il  y a aussi  évidemment des références à l’univers DC, mais ce qui nous a le plus surpris, c’est que celles-ci n’apparaissent jamais forcées. Même l’un des Easter eggs sert à la résolution du long-métrage, ce qui est plutôt intelligent.

La progression des personnages est bien amenée, même si cela reste du déjà vu. On regrettera tout de même quelques petits défauts, comme un final un peu bordélique, mais qui reste très surprenant (même pour les connaisseurs du comics, pour dire) et le film aurait gagné en rythme avec dix-quinze minutes en moins.

Une bonne réalisation

image zachary levi photo

Côté réalisation, Warner Bros et DC ont fait appel à David F. Sandberg. Un réalisateur de film d’horreur qui a réalisé le très bon Annabelle 2 : la Création du Mal. Et cela s’en ressent sur les designs du film,  mais surtout dans la mise en scène de certaines scènes qui montrent clairement d’où vient le réalisateur. Il est bien aidé de ce côté par la direction photo de Maxime Alexandre, déjà directeur photo sur Annabelle 2 mais aussi sur La Nonne.

Il parvient à garder un équilibre entre les scènes émouvantes, humoristiques et d’action, le tout avec une belle maîtrise. Une réalisation assez carrée, à laquelle le Sandberg applique sa patte, tout en conservant le cahier de charges d’un blockbuster. Les effets-spéciaux sont de qualité. Quant au montage, il donne un bon rythme au film, même si, comme nous l’évoquions plus haut, celui-ci aurait gagné avec dix à quinze minutes en moins. Petite déception côté musique en revanche. Le compositeur Benjamin Wallfisch rend une partition sympathique mais sans thème, qui s’impose à nos oreilles. Dommage. Le tout est quand même bien emballé.

Côté acteurs, Asher Angel interprète avec finesse Bill Batson. Son rôle est un peu dur car il doit amener une part de tragique au personnage, et il s’en sort pas mal au vu de son jeune âge. Jack Dylan Grazer (Ça) est très bon dans le rôle de Freddy. Son rôle est un peu plus facile que celui d’Angel, mais il l’interprète très bien. Zachary Levi est vraiment drôle dans le rôle du super-héros — ce dont on ne doutait pas. Il interprète parfaitement l’enfant dans un corps d’adulte qui découvre ses pouvoirs et nous fait croire au personnage. Mark Strong (Kingsman: Le Cercle d’Or) est toujours un méchant convaincant. Il a l’habitude de ces rôles, et il le fait bien. Enfin, petit coup de cœur pour le reste des jeunes acteurs du film : Grace Fulton, Ian Chen, Jovan Armand et Faithe Herman sont tous différents et apportent un supplément d’âme, surtout la petite dernière, qui est à mourir de rire à chacune de ses apparitions. Un casting solide.

Shazam! est donc une comédie d’action qui tient la route et plaira autant aux plus jeunes qu’aux adultes. L’humour fait mouche pour un moment des plus agréables, sans jamais oublier les ingrédients d’un blockbuster. DC et Warner sont sur la bonne voie pour nous offrir le DC Universe que l’on attendait !

7/10

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