[Critique] La Malédiction de la Dame Blanche: encore un mauvais rejeton

Caractéristiques

  • Titre original : The Curse Of La Llorona
  • Réalisateur(s) : Michael Chaves
  • Avec : Linda Cardellini, Raymond Cruz, Patricia Velásquez, Marisol Ramirez, Sean Patrick Thomas
  • Distributeur : Warner Bros. Pictures
  • Genre : Horreur
  • Pays : Etats-Unis
  • Durée : 93 minutes
  • Date de sortie : 17 avril 2019
  • Note : 2/10

Maman, fais-moi peur

image critique la malediction de la dame blanche
Même pas peur !

Nouvel opus de la saga The Conjuring, bien que plus distancié de la ligne originale que ses prédécesseurs, La Malédiction de la Dame Blanche cherche à nous terrifier en se servant d’une légende mexicaine bien connue. En vain malheureusement, car à part les moins de seize ans, ou les réfractaires au cinéma d’horreur, il est difficile d’imaginer que cette succession de jump scares et de cris gutturaux puissent effrayer qui que ce soit, ou bien il est urgent de consulter un psychologue. Situant à nouveau l’action au sein d’une famille en proie à un esprit malfaisant, on peut se demander si la méthode James Wan ne commence pas à sentir le réchauffé mercantile.

L’Exorciste, la suite… encore !

Inévitablement, au bout d’un moment (cinquantième minute de métrage, alors que le film du une heure et demie), le personnage de la mère de famille demande à l’un de ses enfants si quelque chose ne va pas. Cette question tombant après maintes apparitions de la fameuse Dame Blanche, et au moins autant de phénomènes inexplicables, on est en droit de se demander si le film ne tire pas un peu sur la ficelle, voire se fiche carrément de nous. En fait, toute cette très longue exposition n’est destinée qu’à introduire le personnage du prêtre mexicain pour deviner quoi ? Eh bien exorciser la vilaine revenante bien sûr, soyons original. Le prêtre en question s’avère néanmoins le seul personnage intéressant de La Malédiction de la Dame Blanche, et peut être considéré comme doublement héroïque car il doit lutter durant tout ce dernier acte à la fois contre le spectre maléfique mais aussi contre la bêtise atterrante de ceux qu’il est censé protéger. Les exemples sont nombreux, mais on pourrait citer une scène qui a provoqué l’hilarité générale de la salle quand il avertit la famille de ne surtout pas franchir ou détériorer la ligne sacrée tracée sur le seuil de la maison. La petite fille, manifestement sourde, ne se privera pas aussitôt d’essayer pour récupérer son ours en peluche posé d’ailleurs là sans aucune raison valable. La plaisanterie continue…

The Conjuring, la malédiction

Le métrage se termine finalement (ouf !) sur une note plus heureuse que d’habitude, mais sans apporter grand chose à la mythologie de la saga. La Malédiction de la Dame Blanche confirme donc son statut d’épisode à part et destiné uniquement à faire patienter artificiellement le public jusqu’à la sortie des prochains épisodes plus canoniques. Le prochain sera apparemment Annabelle 3 dont on a tout à craindre, mais qui bénéficiera apparemment de la présence du célèbre couple Warren et d’un précédent opus (Annabelle : le Commencement) de bonne facture. Par la suite, The Conjuring 3 arrivera également sur nos écrans et nous permettra d’estimer si le Conjuring-verse s’est totalement fourvoyé dans la manœuvre commerciale comme cette  Malédiction de la Dame Blanche ou La Nonne (ce dernier étant pourtant doté d’un cadre et d’une ambiance lugubre à souhait), ou conserve encore une partie de son âme ainsi que la ferme intention de continuer à faire honneur au cinéma de genre. Le suspense, pour l’instant, reste entier.

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Depuis toujours, je perçois le cinéma, certes comme un art et un divertissement, mais aussi et surtout comme une porte vers l'imaginaire et la création. On pourrait dire en ce sens que je partage la vision qu'en avait Georges Méliès. Avec le temps, de nombreux genres ont émergé, souvent représentatifs de leurs époques respectives et les bons films comme les mauvais deviennent ainsi les témoins de nos rêves, nos craintes ou nos désirs. J'ai fait des études de lettres et occupé divers emplois qui jamais ne m'ont éloigné de ma passion. Actuellement, sous le pseudonyme de Mark Wayne (en hommage à l'acteur John Wayne et au personnage de fiction Bruce Wayne alias Batman), je rédige des critiques pour le site "Culturellement Vôtre" par pur plaisir de cinéphile. Très exigeant dans ma notation des films, en particulier concernant le scénario car c'est la base sur lequel aucun bon film ne peut émerger s'il est bancal ou pour le moins en contradiction avec son sujet. Je conserve une certaine nostalgie d'une époque qui me semble (pour l'instant) révolue où le cinéma ne se faisait pas à base de remakes, intrigues photocopiées et bien-pensance. Néanmoins, rien n'entame mon amour du cinéma, et chaque film que je regarde me le rappelle, car bons ou mauvais, ils restent le reflet de notre époque.

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