[Test] Lovecraft’s Untold Stories : gros pixels et Grands Anciens

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Blini Games
  • Editeur : BadLand Publishing
  • Date de sortie : 10 mai 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Yog-Sothoth et les autres au cœur d’un petit Action-RPG courageux

image jeu lovecraft's untold stories
Certaines salles vous mettent directement dans l’ambiance…

Pendant des années, les gamers fans de Lovecraft ont eu droit à une véritable traversée du désert. Si les nombreux chefs-d’œuvre de l’écrivain maudit de Providence ont parfois servi de références à certaines occasions, comme dans Alone In the Dark ou Eternal Darkness, on n’a pas spécialement été gâté par des softs plus officiellement inspirés par l’univers des horreurs indicibles. Depuis quelques temps, certains tentent de renverser la situation. Récemment, Cyanide Studio s’est lancé avec la malheureusement peu mémorable Call Of Cthulhu. Très prochainement, c’est Frogwares qui va s’engouffrer dans la brèche avec The Sinking City, que l’on attend assez fébrilement. Et du côté des indépendants, c’est Blini Games qui est au centre de nos attentions, avec Lovecraft’s Untold Stories.

Lovecraft’s Untold Stories est étonnant sur quelques points, mais principalement dans l’ambiance imprimée par Blini Games… du moins dans les premiers instants. Clairement, le studio russe s’est concentré sur une tâche difficile : associer un cheminement effrayant, capable d’utiliser les codes (comme la folie) de l’univers lovecrafien, et des références directes aux différents ouvrages signés par l’écrivain. Mine de rien, ce n’est pas évident, et beaucoup ont du mal à trouver l’équilibre, d’ailleurs on en parlait récemment avec un représentant de Bigben Interactive, éditeur de The Sinking City, et il nous confiait à quel point l’œuvre lovecraftienne, très axée sur ce qui ne se décrit pas, est compliquée à aborder pour des développeurs de jeux vidéo. Dans le jeu ici testé, on incarne en premier lieu Murphy, flic très tourmenté. Vous voilà sur les traces de votre anciens formateur, l’inspecteur Legrasse, qui vous a envoyé un télégramme troublant, vous intimant de le rejoindre dans une bâtisse aussi ancienne que lugubre. C’est ici qu’une ancienne secte a prisses quartiers, afin de réveiller ce qui n’aurait jamais dû l’être.

Murphy n’est pas le seul avatar que vous pourrez incarner. Tout au long du cheminement, Lovecraft’s Untold Stories va vous proposer différentes rencontres, et ces personnages se débloqueront à l’écran de sélection. Ils apportent tous des spécificités de gameplay, ce qui influe beaucoup sur la durée de vie du soft. Le titre est une sorte de mélange entre le Twin-stick shooter et d’exploration. Le jeu a été vendu comme un roguelite, ce n’est pas vraiment le cas manette en mains. La progression se fait salle par salle, un plan facilite heureusement une navigation pas toujours agréable. Pourquoi ne pas avoir pensé à un système de voyage rapide ?. L’un des points forts, c’est la surprise liée à chaque porte ouverte : on découvre, derrière, des chambres qui pourront renfermer des objets à récupérer, des notes à lire (toutes dans un anglais assez soutenu, c’est à noter) mais aussi des énigmes, ou des ennemis à trucider.

Quelques éléments restent clivants, dont la technique

image gameplay lovecraft's untold stories
Le bestiaire de Lovecraft est évidemment au rendez-vous.

Avec le stick droit, on tire. On peut se lancer dans une roulade salvatrice, surtout contre des boss qui, du coup, deviennent assez simples à réduire en bouillie. Lovecraft’s Untold Stories se fait très classique dans son action, trop peut-être. Les sensations de shoot manquent grandement d’impact, et cela se ressent surtout dans les modes de jeu les plus difficiles. Pourtant, Blini Games a eu la bonne idée de proposer beaucoup d’ennemis différents, qui vont du sectaire fou au monstre vicieux. Mais, finalement, les patterns se font assez proches, et quand on les a digéré on roule sur le jeu. Plus réjouissant, le système de folie est plutôt bien pensé. Pendant vos investigations, vous aurez la possibilité de découvrir des notes, des statues etc. Une fenêtre de choix s’ouvre alors, vous proposant d’approfondir votre approche. L’importance de la lecture, donc de la bonne compréhension de l’anglais, devient du coup primordiale, car un mauvais jugement vous vaudra de perdre un peu plus la raison, donc de voir votre personnage se faire dévorer par l’angoisse. Et ce jusqu’à la mort. Heureusement, ça et là des objets pourront rejoindre votre inventaire afin d’être utilisé en cas de situation critique.

Lovecraft’s Untold Stories n’est pas un roguelite, par contre on en retrouve la science du secret distillé un peu partout. Le joueur qui prend la peine de farfouiller sera, en général, récompensé. Aussi, les trésors à déverrouiller sont nombreux. Car votre sacoche ne demande qu’à se garnir, du moins jusqu’à ce que l’inventaire ne puisse plus rien accueillir. Dans ce cas, il faudra prier pour tomber sur un vendeur ambulant, dans le but de lui refourguer des éléments de valeur contre de la monnaie sonnante et trébuchante. Aussi, votre personnage voir son attirail se perfectionner : bien heureusement, la carabine à deux coups sera bientôt de l’histoire ancienne. Tout ceci termine de plutôt inscrire le titre dans un genre proche de l’Action-RPG, lequel vous occupera un peu moins d’une trentaine d’heures. On se doit, ici, de vous avertir concernant le système de New Game. S’il vous prend l’envie de stopper une partie pour en débuter une autre avec un personnage fraichement débloqué, sachez que cela détruira votre run en cours, purement et simplement. Un choix très curieux, qui vous poussera à terminer votre aventure avant d’en commencer une nouvelle.

Reste l’aspect technique de Lovecraft’s Untold Stories. Et c’est sans doute l’élément le plus clivant du jeu de Blini Games. On est en plein pixel art parfois très poussif. Sur un grand écran, cela pourra jouer des tours sur la compréhension des environnements, on conseille donc de prendre un peu de recul. Mis à part ce point qui divisera, le jeu est plutôt soigné, sans bugs gênants. Quant à l’ambiance sonore, elle est honorable même si cela manque clairement de thèmes véritablement effrayants. On sent que les compositeurs, Red Owl et J. Kanevsky, ont surtout cherché à créer une atmosphère lourde, sombre. C’est plutôt réussit, mais cela manque, encore une fois, d’impact.

Note : 13/20

On aurait aimé l’apprécier encore plus ! Cependant, il serait injuste de ne pas souligner le gros effort, opéré par Blini Games, afin de trouver le bon équilibre dans une formule pourtant loin de s’avérer évidente. Le studio russe s’en sort bien pour ce qui est des références à l’auteur, à son univers terrifiant, un peu moins dans l’impact du gameplay. Twin-stick shooter tout autant qu’Action-RPG, Lovecraft’s Untold Stories pourra tout de même charmer les fans, qui pourront s’y plonger pendant bien des heures.

6/10

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