[Test] Atelier Lulua : un épisode agréablement accessible

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Gust
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 24 mai 2019
  • Acheter : Cliquez ici

L’Alchemyriddle vous attend de page ferme !

image gameplay aelier lulua
Si ça ne vous donne pas envie de partir à l’aventure…

Quelques semaines après la parution de l’épisode, en forme d’hommage, intitulé Nelke And The Legendary Alchemists, voilà que la licence Atelier multiplie les actualités. Si celle qui nous intéresse ici n’est autre que la sortie d’Atelier Lulua : The Scion Of Arland, notons aussi que Gust (déjà aux commandes des épisodes SophieFiris et Lydie & Suelle) vient tout juste d’annoncer le prochain opus de cette série de RPG japonais décidément hyperactive. Cet élément, primordial pour bien comprendre l’engouement d’une partie des fans du genre pour cet univers, peut effrayer les non-initiés. Pourtant, s’ils lisent l’anglais, cette itération peut amplement s’adresser à eux.

Atelier Lulua : The Scion Of Arland se situe dans le même univers qu’une précédente trilogie, formée par les épisodes Rorona, Totori et Meruru. Ce n’est pas un choix anodin, que celui opéré par Gust et l’éditeur Koei Tecmo, car il s’agit des épisodes qui ont fait connaitre la licence au-delà des frontières du Japon, avec une sortie occidentale à la clé. Au-delà de ça, ce furent aussi de bons succès populaires, doublés de RPG japonais de belle facture. Du coup, l’attente était assez forte, notamment en terme d’histoire. Celle-ci se situe dans la bonne moyenne de ce que propose la série, depuis tant d’années. Comme toujours, ce sont les personnages qui la portent, et leur écriture est une réussite. On retrouve ce mélange d’innocence, de charisme et d’héroïsme, que ce soit chez notre avatar, ou pour les personnages secondaires qui composent l’équipe : Eva, Aurel et Piana. Tout ce beau monde se retrouve à Arksys, une ville tranquille qui peine à se développer, malgré le potentiel certainement contenu dans des ruines situées non loin. Sachez, aussi, que si les clin d’œil à l’ancienne trilogie sont assez présents, ils ne brisent pas l’expérience pour les nouveau-venus. Ceux-ci ne seront pas perdu au milieu d’un trip obscur, et c’est une très bonne chose.

C’est dans ce contexte que Lulua cherche à devenir une meilleure alchimiste, mais elle aussi semble avoir du mal. Pourtant, un jour, elle va découvrir un bien étrange grimoire, l’Alchemyriddle. Étrange, car seule l’héroïne peut le lire, les autres n’observant que des pages blanches. C’est sur ce principe qu’Atelier Lulua : The Scion Of Arland va construire sa mécanique de progression. Au fur et à mesure de l’aventure, de nouvelles pages vont apparaître, et il faudra en percer les secrets en atteignant des objectifs précis. Pour ce faire, il faudra bien lire les informations, tenir compte des indices. Ce qui nous pousse à vous conseiller de maitriser un anglais de niveau moyen, car le jeu n’est pas sous-titré en français. Quand on fait la lumière sur l’un des éléments de l’énigme proposée, comme parvenir à un endroit bien précis, on débloque de nouveaux lieux, des recettes et ainsi de suite. Si vous accrochez à ce concept, comme nous, vous allez prendre bien du plaisir, car la petite saveur d’énigme, jamais trop capillotractée, se révèle savoureuse au possible. Bien entendu, tout ne se passera pas dans ce livre, et des événements auront lieu un peu partout. Car, après tout, le destin d’une alchimiste est de rassembler des ingrédients, et d’avoir recours à sa marmite.

Un épisode agréable, visuellement en progrès

image jeu atelier lulua
Les combats figurent parmi les forces d’Atelier Lulua.

Il est donc temps d’aborder les piliers les plus importants de cette licence. D’exploration, de combats et d’alchimie, il en sera grandement question dans Atelier Lulua : The Scion Of Arland. Et la première citée est sûrement celle qui nous a le plus surpris. Avec certains précédent opus, Gust semblait engagé sur la voie d’une sorte d’open world. C’était un peu vide, parfois maladroit, mais on appréciait cette envie, et l’on espérait de futures itérations qui tenteraient de parfaire la formule. Il n’en est, malheureusement, pas question. Dans ce nouvel opus, le studio a imaginé une suite d’environnements cloisonnés, atteignables à partir d’une sélection par le biais de la world map, sur laquelle le temps défile. C’est dommage, et l’on se demande si la version Nintendo Switch n’a pas forcée les développeurs à imaginer des cessions de jeu plus courtes, pour coller à une pratique nomade… Bref, c’est moins impressionnant à ce niveau, mais cela reste très correct. Chaque environnement comporte des points d’intérêt, comme autant d’ingrédients à récupérer. Parfois, il faudra revenir avec un outil adéquat pour en profiter, comme une canne à pêche. Aussi, apparaissent en temps réel les monstres que l’on combat au tour par tour.

Les combats des Ateliers ont toujours fait partie des points forts de la licence, et ce ne sont pas ceux d’Atelier Lulua : The Scion Of Arland qui changeront cette solide donne. On retrouve un agréable tour par tour, auquel six personnages peuvent participer dans votre équipe. Les petites subtilités pointent ici le bout du nez : les deux lignes, avant et arrière, ont des prérogatives différentes. La première frappe fort, la seconde soigne. Mais celle-ci participe aussi la baston, en déclenchant des combos dévastateurs. Aussi, la grande nouveauté est l’Interrupt, qui permet aux alchimistes du groupe, comme Lulua, d’utiliser un objet juste avant son action. Une spécificité pas aisée à bien maitriser, mais qui vous sauvera les miches plus d’une fois, surtout dans le dernier (et difficile) tiers du soft. L’alchimie reste évidemment au centre du concept. Et elle connaît son lot de changements. Tout d’abord, terminé le damier ! Dorénavant, on se rapproche d’une saveur de crafting, avec objets à rassembler. Aussi, on pourra associer des éléments, des effets (nommés Awakening), en faisant évidemment attention à ne pas dépasser les limites autorisées. Bien entendu, plus vous produirez, plus vous gagnerez en expérience d’alchimiste, et plus vos créations seront impressionnantes.

Atelier Lulua : The Scion Of Arland est sans aucun doute le plus bel épisode de la licence, d’un pur point de vue technique. Ce n’est pas encore transcendantal, loin de là, mais les textures commencent enfin à être au niveau des attentes. La plus grande force, côté visuel, reste la direction artistique, avec ce character design si charmant. Et ce jusque dans les décors, qui manquent peut-être un chouïa d’audace sur la fin, mais dont le caractère enchanteur ne faiblit jamais. Aussi, c’est fluide au possible. Seul bémol : les conditions météorologiques ne parviennent pas à convaincre. Quant à l’aspect sonore, il est dans la droite lignée des derniers épisodes. Signalons que les doublages japonais s’avèrent de qualité, même si le mixage est parfois incertain. Des voix s’entrechoquent, se heurtent, dommage. La bande originale est le fuit de cinq compositeurs (Kazuki Yanagawa, Ken Nakagawa, Daisuke Achiwa, Miyoko Kobayashi), et là encore le résultat est tout à fait dans la droite lignée de ce que sait délivrer la série. On fait face à des thèmes assez entrainants pour constamment nous pousser à l’aventure. Même celui des combats est une belle réussite, ce qui est gage de qualité pour un RPG japonais. Enfin, la durée de vie se révèle dans la moyenne haute de la licence. Comptez soixante heures en loupant quelques contenus, mais au moins quatre-vingt pour tout voir.

Note : 14/20

Atelier Lulua : The Scion Of Arland n’est pas encore l’épisode qui mettra tout le monde d’accord : certains regretteront le manque d’audace du level design, d’autres chanteront les louanges des combats et de l’alchimie. Les deux camps auront, par ailleurs, plutôt raison, car c’est ce qu’on retiendra de ce bon épisode : des petites faiblesses certes, mais pas de quoi nous gâcher le plaisir de la découverte. Et ce que ce soit pour les fans ou les nouveaux venus : ces derniers pourront tout à fait rejoindre le train en marche, avec un récit qui sait gérer les clins d’œil sans les faire trop insistants, ni primordiaux à la bonne compréhension de l’univers. Avec sa direction artistique charmante au possible, sa durée de vie importante, ses batailles énergiques et son récit entrainant, cet opus a su nous combler.

7/10

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