[Test] Nelke And The Legendary Alchemists : on the road again

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : GUST
  • Editeur : Koei Tecmo Europe
  • Date de sortie : 29 mars 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Un bel anniversaire pour la licence Atelier

image nelke and the legendary alchemists
Le scénario du jeu se veut clair et limpide.

Dans le genre jeux de niche, la série des Atelier se pose là. Fruit d’une collaboration fructueuse, stakhanoviste même, entre Koei Tecmo (Warriors Orochi 4, Dead or Alive 6) et GUST (Blue Reflection, Nights of Azure 2), cette licence a su traverser les âges, dépasser amplement la trentaine d’itérations, et finalement s’installer comme principal (et quasiment seul, soyons clairs) représentant d’un véritable sous-genre : le RPG japonais à tendance alchimie. Récupérer des ingrédients, mener à leur terme des centaines de recettes, le tout dans des univers colorés, et motivé par des histoires légères mais charmantes, voilà un programme qu’on apprécie. D’ailleurs, vous pourrez, en fin d’article, retrouver des liens vers d’autres tests des opus de la série. Nelke & The Legendary Alchemists : Ateliers of the New World fête en fanfare les vingt ans de la licence, mais en revoyant totalement les codes régissants les Atelier. De quoi surprendre… agréablement.

L’histoire de Nelke & The Legendary Alchemists est digne d’un épisode canonique, du moins dans les problématiques posées. On incarne Nelke von Lestamm, dont le nom est déjà tout un programme. Cette héritière aristocrate, fille du grand patron de la région, a quitté le nid douillet afin de se confronter au monde, dans le but de prouver qu’elle peut parfaitement prendre la suite de son illustre paternel. Elle prend la direction de Westwald, et ce dans tous les sens du terme : une fois arrivée sur place, elle s’installe et se lance dans le développement de l’endroit. Mais tout cela n’est, finalement, qu’une couverture : son but ultime étant, en fait, de dénicher l’Arbre Granzweit, une légende de l’alchimie. Pour ce faire, il va falloir se retrousser les manches, et maitriser l’anglais. Le jeu est uniquement sous-titré dans la langue de Shakespeare et, si le niveau est plutôt abordable, les discussions peuvent s’allonger, surtout en début d’aventure.

Nelke & The Legendary Alchemists se pense comme un spin off et, de par sa condition d’épisode anniversaire, ne se refuse pas des apparitions de personnages déjà croisés dans la série. On pensera, par exemple, à la très récurrente marchande Pamela Ibis, qu’on se plaira à de suite placer dans une échoppe fraîchement construite. Car voilà l’une des nombreuses originalités de cet opus, du point de vue de la licence : on fait face à un véritable jeu de gestion, auquel des éléments de RPG japonais ont été ajoutés. Ce fait est très surprenant, même si un spin-off est souvent l’occasion de tester des choses. GUST ne s’est pas enfermé dans un hommage lambda : le studio renverse la table, au risque de bousculer des habitudes très installées chez les fans. Donc, ici, le concept s’articule autour de deux piliers bien connus des travailleurs : la semaine et le week end.

Un concept tout simple, mais tout de même profond

image gameplay nelke and the legendary alchemists
Nelke a une idée particulière du concept de week end.

Le premier des piliers de Nelke & The Legendary Alchemists se rapporte à l’administration de la ville, tout ce qui se rapporte à la construction. Le résultat, manette en mains, est surprenant de simplicité, tout en ne brimant pas une certaine profondeur. On doit composer avec des besoins vitaux, comme l’édification de bâtiments pour les différents alchimistes, lesquels ne manqueront pas de s’installer à Westwald à un rythme régulier. Ils sont importants, car leurs œuvres vous permettront de débloquer des bâtiments, mais aussi de remplir les bacs des vendeurs. Nelke, et encore moins sa servante, ne sont pas du métier, il faut donc qu’elle recrute à ce niveau, car les recettes vont s’avérer de plus en plus importantes dans le but de gagner en productivité. Autre nécessité, celle de prendre soin de l’agriculture. Se réserver, au sein de ce village qui ne manquera pas de s’étaler, des lopins de terre est récompensant à long terme. Car vous comprendrez vite que les ingrédients sont la matière première de votre probable réussite, et se contenter de vos escapades ne pourra durer qu’un temps. Enfin, il va falloir faire attention à qui tient vos échoppes. Car les besogneuses et besogneux ont leurs caractéristiques, et il va falloir rechercher une certaine intensité du rendement.

Après avoir géré Westwald, Nelke & The Legendary Alchemists vous propose de prendre un peu de repos mérité. Comme le dirait Lorie : ça y est c’est le week end ! Les vacances, la dolce vita. Bon, non, en fait vous devrez profiter de cet instant de détente pour lancer quelques hostilités importantes. Cette partie est cloisonnée par un nombre d’action limité, alors attention à bien vous organiser. On peut dès lors taper la discussion avec certains des villageois, histoire d’entretenir de bonnes relations, lesquelles vous rapporteront quelques bonus intéressants. Surtout, ce sera l’occasion de partir à l’aventure. Ici, le jeu peut faire tiquer, dans un premier temps. Car ces sorties en pleine nature, afin de récolter un tas d’ingrédients, se font automatiquement. On observe, donc, notre équipe, composée de cinq personnages au maximum, se promener sur des routes pas très spectaculaires. La frustration initiale disparaît tout de même peu à peu, quand on a bien capté à quel genre on fait face. Parfois, on rencontrera des ennemis, à combattre par le biais d’un système au tour par tour des plus classiques. Pour le relever un minimum, GUST a pensé à une jauge qui, une fois remplie, décuple les forces. Aussi, des actions spéciales coûtent un cristal, que vous remplissez en utilisant une offensive lambda. Simple, efficace, même si à la longue on opte pour le mode automatique : tout se fait sans qu’on ne prenne une seule décision.

Nelke & The Legendary Alchemists est le jeu idoine pour prendre un peu de bon temps. Si les mécaniques ne sont pas anodines, et demandent au joueur une certaine implication, sa difficulté moyenne et le constant sentiment de progression, nous place dans des pantoufles. On apprécie grandement avoir à s’ouvrir de nouvelles perspectives, grâce à une jauge traduisant le temps de balade disponible. Celle-ci évoluera au fil de votre aventure, comme vous vous en doutez. Cela ronronne, mais jamais trop, d’ailleurs les rapports de fin de semaine, s’inscrivent dans cette volonté de nous rappeler que la pression fait partie de l’expérience. Celle-ci s’étend sur un bon paquet d’heures, et vous réserve même une après-fin gratinée avec une route, Gate of Underworld, qui fait bondir le niveau de difficulté. Le trip se fait aussi visuel. Et là, par contre, on ne peut pas écrire que GUST a tenté de rafraîchir ses propres codes. Soyons directs : le résultat fait très Playstation Vita, avec des textures assez pauvres et surtout répétitives. Heureusement, la direction artistique relève le tout avec, comme à l’habitude de cette licence, un grand soin apporté au character design. Aussi, l’on peut féliciter le studio pour avoir tranché en faveur des doublages originaux, tous très bons, et bien soutenus par une musique certes sans grand thème mais agréable.

Note : 14/20

Nelke & The Legendary Alchemists prend à revers nos attentes et, ici, c’est une bonne chose. Alors que la recette des Atelier semble figée dans le marbre, même si dans les faits on observe quand même de petites évolutions selon les épisodes, ce spin-off renverse la table et tente des mécaniques courageuses. Comme le studio GUST est du genre à plutôt rester prudent, cette originalité s’accompagne d’efficacité, et le résultat peut au moins être qualifié de sérieux en tous points. Après, on pourra regretter la technique d’un ancien temps, l’absence de sous-titres en français, ainsi qu’une fatale répétitivité du concept. Mais cela ne modifie pas spécialement notre retour : voilà un très sympathique jeu-anniversaire.

Retrouvez aussi nos tests de Atelier Lydie & Suelle, Atelier Firis et Atelier Sophie.

7/10

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