[Test] The Long Journey Home : prenant malgré des lacunes

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Daedalic Entertainment Studio West
  • Editeur : Daedalic Entertainment
  • Date de sortie : 14 novembre 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Un Roguelite spatial et exigeant

image test the long journey home
Faites attention à éviter les impacts.

Qui dit Daedalic Entertainment dit jeux d’aventure. D’ailleurs, tout récemment, on vous a proposé les tests de Deponia Collection et d’Edna & Harvey : Harvey’s New Eyes, deux point and click très travaillés dans leur ambiance. Moins connu, leur studio Daedalic Entertainment Studio West sort un peu de la spécialité de l’entité, en tentant de s’approprier différents genres. Avec The Long Journey Home, que nous abordons ici, ils s’attaquent à l’exploration spatiale, mais aussi au Rogue-lite teinté de légers éléments de RPG. Un programme alléchant, mais qu’en est-il manette en mains ? Réponse dans les lignes qui suivent.

C’est à une véritable aventure que vous invite The Long Journey Home. Et, comme souvent, elle est confortée par un effort sur le récit. Ici, on a droit à une histoire de science fiction, avec des bases très classiques mais fonctionnelles. L’action se déroule dans un futur lointain, très lointain. L’humanité s’est mise à traiter la conquête spatiale avec sérieux, du coup des scientifiques plus doués que les autres ont fabriqué un vaisseau capable d’effectuer des bonds. Non, pas comme Mario sur les goombas, mais plutôt des voyages intersidéraux qui couvrent un nombre inimaginable de kilomètres, ce qui rend possible le fait de passer d’une planète à l’autre. Mais patatras, lors du vol initial c’est l’avarie : panne du réacteur, et voilà l’équipage perdu dans l’espace.

C’est ce postulat qui tricote tout le gameplay de The Long Journey Home. Votre mission : réparer ce qui peut l’être, et traverser six galaxies, histoire de revoir femme aimante et doux foyer. Mais ce ne sera pas du tout cuit car, pour ce faire, il est nécessaire de soigner l’engin, décidément bien peu fiable. D’ailleurs, petite entorse au scénario : il est tout de même possible d’en choisir un parmi trois. Pas très cohérent, mais on s’en remet vite. Pour commencer sur de bonnes bases, il va falloir choisir votre équipage. Dix métiers sont disponibles, et les premières parties seront principalement effectuées pour en découvrir les subtilités. C’est une vraie bonne idée : ce choix influe directement sur le cheminement, en ajoutant des bonus et en facilitant certaines tâches. Par exemple, on vous conseille fortement une linguiste, histoire de comprendre les dialectes des races extraterrestres que vous ne tarderez pas à découvrir.

Les phases de dialogue et les menus figurent au rang des déceptions

image daedalic the long journey home
Et une nouvelle planète vous attend…

The Long Journey Home vous demande, en quelque sorte, de jouer au Christophe Colomb de l’espace, mais sans la colonisation. Il va falloir se poser sur des planètes (par le biais de déplacements sur une carte en plan 2D), au sein des nombreux systèmes solaires, afin de réparer votre vaisseau. Celui-ci subit aléatoirement des avaries, qu’il est impératif de réparer si l’on veut sortir sain et sauf de ce voyage. Attention, donc, à l’état de la coque, le moindre choc peut coûter très cher. Du coup, se mouver dans l’espace n’est pas une sinécure : il faut jouer avec une gravité des planètes qui peut changer du tout au tout. Et l’inertie du vaisseau, sa lourdeur, s’avère parfois difficile à bien maitriser. Les propulseurs sont la clé, il faut garder à l’esprit qu’ils ne doivent pas constamment être mis à contribution. Parfois, il faut savoir tout couper, histoire de mieux capter le sens de la gravité. Vous allez en vivre, des crashs ! Mais pas le choix : il est obligatoire de récupérer de la matière exotique, car elle seule permet les bonds. Si vous tombez à court, c’est game over. Les premières minutes pourront en décourager beaucoup, mais on apprend à force d’échouer.

On rencontre des races extraterrestres, on découvre des ressources : The Long Journey Home peut compter sur un bon contenu. Au fil de vos découvertes, celles-ci sont rapportées dans le journal de bord, ce qui ajoute de l’intérêt aux parties. Oui, ça fait très Roguelite, et c’est clairement le but. D’ailleurs, signalons que votre cheminement ne sera jamais le même : les différentes cartes sont générées de manière procédurale, et les événements (avaries, rencontres) se placent aléatoirement. Petite idée bien sympathique : on peut récupérer un mot de passe afin de proposer à un ami un parcours qu’on a apprécié. C’est une feature qu’on aimerait revoir. Sachez aussi que la difficulté est de mise : rentrer au bercail ça se mérite, même si certains essais ratés ont provoqué quelques rage quit chez votre humble serviteur. Plus gênant, on n’a pas du tout accroché aux phases de dialogues avec l’équipage. Le système n’est pas bon, et l’on s’y ennuie ferme. Aussi, on a un petit carton jaune pour l’ergonomie des menus, très brouillonne.

Techniquement, The Long Journey Home n’est évidemment pas un foudre de guerre. Mais dans l’ensemble, ça se tient plutôt bien. Les effets de lumière ne sont pas top, on remarque des textures qui font vieillottes, et une ou deux baisses de framerate interviennent ici ou là, mais rien de trop grave dans tout ça. La direction artistique est plutôt de bonne qualité sauf pour ce qui est des extraterrestres, trop cartoonesques dans l’ensemble. La seule vraie anicroche formelle provient de la localisation française, ou plutôt des répliques qui n’ont pas fait l’objet d’une traduction. Ce n’est pas hyper courant pendant le jeu, mais c’est encore trop. Quant à l’ambiance sonore, elle vaut surtout pour la bande originale de Kai Rosenkranz, pas avare en thèmes.

Note : 14/20

The Long Journey Home est, sur le papier, un jeu ambitieux. Manette en mains, on a découvert un soft riche en contenu, difficile, parfois un peu trop, et qui se permet d’oser au risque de perdre de sa superbe. On apprécie de découvrir, de rencontrer, de voir le journal de bord s’étoffer. Aussi, les déplacements, après une phase d’apprentissage un peu longue et parfois douloureuse, finissent par gagner en logique, malgré la forte inertie. De bonnes idées surviennent ici ou là, comme la sélection de l’équipage. Par contre, les phases de discussion se révèlent ratées, et l’ergonomie des menus est totalement à revoir. Imparfait donc, mais pas à snober.

7/10

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