[Critique] Terminator – Dark Fate : Un retour aux sources ?

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Tim Miller
  • Avec : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Mackenzie Davis, Gabriel Luna, Natalia Reyes...
  • Distributeur : 20th Century Fox France,
  • Genre : Action, Science fiction
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 128 minutes
  • Date de sortie : 23 octobre 2019

Une bonne histoire mais avec des défauts

Quand on parle de Terminator, on pense surtout aux deux premiers opus de James Cameron, qui sont devenus cultes. Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines était correct. Terminator : Renaissance était intéressant mais a fait un flop au box-office. Et que dire du semi-reboot qu’était Terminator: Genisys, flop critique et public ? Autant dire que ces itérations n’ont jamais atteint, ni le niveau qualitatif, ni le succès commercial de T1 et T2.

Mais quand on parle de la saga, il faut aussi parler de ses droits. James Cameron a vendu ceux du premier film et,, de la saga, pour 1 dollar en 1984 à Gale Ann Hurd pour produire le tout premier film. Ensuite, pour la faire courte, les droits ont souvent changé de propriétaire. Et, même s’il a écrit et réalisé, en 1991, Terminator 2 : Le Jugement Dernier, le cinéaste n’avait toujours pas les droits de son oeuvre.

Mais, grâce à une loi de 1970, Cameron a finalement pu récupérer les droits cette année, en 2019. Alors que le réalisateur n’avait pas son mot à dire sur la création des suites, il se retrouve aujourd’hui au scénario et à la production de Terminator: Dark Fate. Trop occupé à la réalisation des suites d’Avatar, il délaisse celle-ci à Tim Miller, réalisateur de Deadpool. Ce cinquième film a donc tout pour être un retour aux sources bénéfique, sachant que ce film oublie toutes les autres suites et se veut une vraie suite au second opus. Mais qu’en-est-il du résultat ?

Scénaristiquement, le long-métrage reprend la structure des deux premiers Terminator. A savoir un Terminator pour éliminer une cible et une personne pour protéger celle-ci, le tout dans une course-poursuite contre la mort. On sent clairement dès les premières images que ce Dark Fate est là pour nous faire oublier tous les autres films depuis T2 et en faire une suite directe, ce qui est une bonne chose. On ressent un vrai sentiment d’urgence à travers l’intrigue. Tout doit être fait pour protéger Dani, la cible et seul espoir de l’humanité. On sent clairement que, cette fois-ci, Cameron est derrière l’histoire. Les scènes d’action s’enchaînent avec, entre celles-ci, du développement de personnage et un étoffement de l’univers de la saga. Il n’y a pas grand chose à redire là dessus. Il y a cependant deux problèmes dans ce scénario signé David S. Goyer,  Justin Rhodes,  Billy Ray (Gemini Man) et James Cameron.

Le premier est le personnage du T-800, interprété par Arnold Schwarzenegger. L’idée d’un Terminator qui a évolué et atteint un certain niveau de conscience était déjà légèrement abordé dans Le Jugement Dernier et cela aurait pu être intéressant si l’exécution n’était pas très maladroite. Disons-le, le spectateur n’accrochera sûrement pas, et les fans grinceront des dents.

D’ailleurs, il nous parait clair que nous avons là le chant du cygne du T-800 et de son interprète pour la saga. Le second problème est une scène de révélation que l’on voit venir de très loin. Le problème n’étant pas tant qu’on le voit venir (encore que), que son exécution, là encore. Celle-ci, par des dialogues, aurait clairement pu fonctionner, mais le réalisateur décide d’en faire un flash-forward qui tombe à plat. Ces défauts plombent le film. Dommage ! L’humour ensuite : il y en a très peu. Et lorsqu’il y en a, il est souvent inutile. Enfin, pour finir sur une meilleure note, le scénario ne tease pas d’éventuelles suites. Le long-métrage se suffit à lui même, là encore comme T1 et T2, et c’est une bonne chose. On a un début et une fin, et c’est très satisfaisant comme ça.

De l’action, de l’action, de l’action

image linda hamilton dark fate terminator

Côté réalisation, Tim Miller fait le job. Les scènes d’action sont bien filmées et chorégraphiées. Ce n’est pas sur-découpé ou tourné en shacky-cam, et il arrive même à nous surprendre. Il en est de même avec la photo de Ken Seng qui, par ses cadrages et sa lumière, veut nous plonger dans l’univers de la saga et rester cohérent avec les deux premiers opus. Il faut aussi souligner que le long-métrage est sanglant. Oui, un Terminator est quasiment inarrêtable et quand on se met sur chemin, cela ne finit généralement pas très bien. En cela, le film est dans la lignée des films de Cameron et n’est pas un produit aseptisé comme l’était Genisys.  Parlons maintenant des effets-spéciaux. Oui, dans les bandes-annonces ils étaient horribles (et clairement pas finis), mais dans le produit final, ils sont convaincant et d’assez bonne qualité. La musique de Junkie XL s’avère efficace, mais en deçà de ce qu’il a déjà composé. Enfin, le rythme est sans temps mort. Pas le temps de s’ennuyer durant 2h09.

Du  côté du casting, quelle joie de retrouver Linda Hamilton dans son rôle culte ! Sarah Connor est de retour et l’actrice l’incarne toujours parfaitement, autant dans le caractère que physiquement. Mackenzie Davis (Blade Runner 2049) est très crédible dans le rôle de Grace, une femme soldat améliorée. Elle est physiquement impressionnante et on sent qu’elle peut tenir tête aux Terminators. Natalia Reyes (Les Oiseaux de Passage) a une interprétation mitigée. Elle peu être touchante, mais quand il s’agit des scènes d’action ou d’une scène pivot dans le futur, sa prestation devient médiocre. Gabriel Luna (la série Marvel: les Agents du S.H.I.E.L.D) est un très bon antagoniste dans le rôle du REV-9. On sent sa menace tout au long du film. Enfin, lorsqu’il s’agit d’incarner la dimension mythique de son personnage, cette machine que rien ne saurait arrêter. Arnold Schwarzenegger assure. Malheureusement, certains choix scénaristiques vis-à-vis de son personnage ne l’aident pas, et il donne une interprétation assez pauvre le temps de 2-3 scènes, même s’il se rattrape par la suite. S’il s’agit bien là de sa dernière apparition dans la saga Terminator, celle-ci est donc en demi-teinte.

Au final, Terminator: Dark Fate est un blockbuster qui fait le job : bien réalisé, très rythmé, de l’action quasi-non stop. Malgré tout, on ne peut faire l’impasse sur le fait qu’il est en partie plombé par certains choix scénaristiques décevants.

6/10

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