[Critique] Blade Runner 2049: l’humanité dans la peau

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Denis Villeneuve
  • Avec : Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Sylvia Hoeks, Robin Wright, Mackenzie Davis
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Genre : Science-fiction
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 163 minutes
  • Date de sortie : 4 Octobre 2017

Une grosse claque visuelle

image critique blade runner 2049

 

Sortie en 1982, Blade Runner  de Ridley Scott (Alien: Covenant) avait divisé la critique et n’avait pas rencontré le succès espéré au box office. Mais le film, au fil du temps, devint culte et est considéré, aujourd’hui, comme un classique de la science-fiction. Trente cinq années plus tard, voici qu’arrive en salles sa suite, Blade Runner 2049, réalisée par Denis Villeneuve (Prisonners, Sicario, Premier Contact) sur une idée d’Hampton Fancher (co-scénariste du premier film) et de Ridley Scott. Le tout étant scénarisé par Fancher et Michael Green (Logan)

Blade Runner 2049 se déroule trente années après les événements du premier film. Beaucoup de choses ont changé. La Tyrell Corporation a fait faillite et a été racheté par la Wallace Corporation. Une guerre a eu lieu. Mais dans ce futur, un élément reste inamovible : les blade runners, des chasseurs de réplicants, officient toujours. Nous suivons l’un d’eux, l’agent K, lui aussi un androïde. Celui-ci est en charge d’en « retirer » un, déclaré en fuite depuis trente ans. Après l’avoir retrouvé, son enquête va le mener vers d’autres révélations qui vont le pousser a se poser des questions sur sa condition.

Un scénario intelligent mais faillibleimage denis villeneuve blade runner 2049

Bien plus qu’une enquête, Blade Runner 2049 offre des thèmes intéressants sur l’intelligence artificielle et sur les réplicants. Qu’est-ce qui différencie un humain d’un androïde ? Un réplicant peut il aimer, même s’acoquiner avec une IA ? Peut-il se reproduire ? Cela fait beaucoup sur le font d’une intrigue mais les différents sujets sont abordés avec brio. Ils sont bien approfondis et assez complet pour qu’on se prenne au jeu. De plus, l’enquête s’avère aussi très intéressante à suivre. L’agent K doit résoudre une affaire, qui va le pousser à évoluer, à se poser des questions, en tant que réplicant. Tout ceci est la force du film, ce qui nous tient en haleine, et c’est un très bon complément aux thèmes abordés dans Blade Runner. D’ailleurs les références ou caméos à ce prédécesseur, et le retour de Deckard, ne semblent pas forcés et s’incorporent bien dans l’histoire.

Mais on ne peut s’empêcher de penser que certains points abordés dans Blade Runner 2049 sont inachevés, voire inutiles, comme la sous-intrigue qui se développe avec Joi. Si celle-ci peut servir le propos du film, du côté de la pure narration, l’influence qu’elle peut avoir sur l’agent K reste discutable. Sans celle-ci, l’androïde aurait-il eu droit à la même évolution? Sans doute qu’elle aurait été sensiblement la même. Autre regret, certains éléments développés, que nous ne dévoilerons pas, semblent uniquement présents pour être développés dans une éventuelle suite. Le personnage de Neander Wallace en est le plus parfait exemple. On ne le voit pas beaucoup, et certaines de ses idées émises peuvent être exploitées dans un troisième opus. Certaines répliques font aussi penser qu’on aura bel et bien droit à un troisième opus. Ce qui donne à l’ensemble un petit côté ébauché.

Réalisation et direction artistique sont excellentes

image ryan gosling blade runner 2049

D’un point de vue technique, Blade Runner 2049 fait un quasi sans faute. La réalisation de Denis Villeneuve s’avère précise et excellente. Bien sûr, il y a des références directes au premier film, surtout dans les bas fonds de Los Angeles. Mais il nous offre aussi de nouveaux paysage, comme une ferme à l’ambiance brumeuse, un San Diego devenu une déchetterie ou encore un Las Vegas sous une poussière radioactive. Le formel ne serait pas ce qu’il est sans les décors magnifique de Denis Gassner, les costumes de Renée April, qui donnent une certaine prestance aux acteurs. Mais c’est surtout la photo de Roger Deakins qui nous as le plus bluffé. Sa lumière, quel que soit l’environnement, s’avère magnifique, jouant sur différents types de couleurs et des clairs obscurs impressionnants. Enfin, on retiendra aussi les superbes effets spéciaux du film. Les toiles de fond numérisées, une relation sexuelle particulière à trois, ou encore le retour fantomatique impressionnant d’un personnage le temps d’une scène. Tout paraît très crédible.

Par contre, Blade Runner 2049 connaît un vrai problème de rythme. Que l’œuvre soit contemplative, c’est une chose. Mais le rythme paraît trop lent sur certaines séquences. Le film dure 2h43, et on les sent passer. Quant à la bande originale de Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch, elle est partiellement convaincante. Malgré quelques rappels à Blade Runner, elle n’atteint pas la niveau de la BO de Vangelis. Leur travail est intéressant par moment, mais s’avère parfois un peu pompeuse.

Des acteurs sciemment monolithiques

image blade runner 2049 harrison ford

Étant donné que la plupart des protagonistes sont des réplicants, ou des IA, il est normal que les comédiens aient un jeu monolithique. Cela vaut surtout pour Ryan Gosling , dans le rôle de l’agent K, qui maîtrise à la perfection ce genre de prestation. Il instille aussi parfaitement un sentiment d’évolution de son personnage vers une humanité qu’il découvre. Ce qui rend ses explosions d’émotions, peu nombreuses, intéressantes. Harrison Ford est dans un autre registre, c’est son personnage qui porte le plus d’humanité, de sentiments, et il le rend bien à l’écran. On a plaisir à revoir le personnage de Deckard. Ana de Armas (Knock Knock) , qui interprète Joi, s’avère aussi convaincante. On croit en son personnage, et ce n’était pas gagné. Jared Leto n’a que peu de temps à l’écran et sa prestation de Neander Wallace est très correcte. On retiendra surtout la performance de Sylvia Hoeks, qui interprète Luv, impressionnante de charisme.

Blade Runner 2049 s’avère être une très bonne suite et un bon complément au premier film. Visuellement magnifique et malgré ses défauts, il faudra plusieurs visionnages du film pour se faire un avis définitif, tant les thèmes abordés sont riches. L’œuvre fera débat, notamment au sein de notre rédaction (retrouvez notre autre critique, beaucoup moins enjouée) et ce n’est pas plus mal. Dans tout les cas, Blade Runner 2049 est à voir absolument dans une salle de cinéma, si vous voulez vous prendre une belle claque formelle.

Retrouvez notre seconde critique du film, plus réservée.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis
7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *