[Test] Monkey King Hero Is Back : idéal pour les plus jeunes

Caractéristiques

    • PlayStation 4
  • Développeur : Oasis Games
  • Editeur : THQ Nordic
  • Date de sortie : 17 octobre 2019
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Une bonne adaptation principalement destinée aux jeunes joueurs

image gameplay monkey king hero is back
Dasheng a du pain sur la planche…

La sortie de Monkey King : Hero Is Back, développé par Oasis Games et lui-même édité par THQ Nordic, est de celles qui ne peuvent que nous intéresser. La décennie 2010 fut celle du retour d’une légende chinoise parmi les plus populaires : Xi You Ji, plus connue sous nos latitudes sous le titre de La Prérégrination Vers L’Ouest. Ce roman signé Wu Cheng En, vous le connaissez obligatoirement, sans même l’avoir lu. Ou, plutôt, vous avez déjà aperçu certaines de ses spécificités, car Akira Toriyama s’en est largement inspiré pour la conception du Goku de Dragon Ball, avec son nuage magique, son dragon et son bâton. C’est dire la puissance évocatrice de ce conte fantastique. Avec le progrès des technologies, le cinéma chinois s’est décidé à l’aborder, et plus d’une fois : trois films live sont sortis (on vous recommande particulièrement le premier, avec un Donnie Yen déchainé), et un dessin animé en 3D. C’est ce dernier qui est ici adapté, exclusivement sur PlayStation 4, dans le cadre d’un partenariat conclu entre Sony et des studios venus de Chine. Une très bonne chose, tant on pense que cette production va prendre de l’importance dans les années à venir.

En tant qu’adaptation, Monkey King : Hero Is Back assure ce que les fans du dessin animé vont lui demander, et notamment un scénario fidèle au dessin animé sorti en juillet 2015. Ainsi, on retrouve Sun Wukong, surnommé Dasheng le roi des singes, après un emprisonnement long de cinq cents ans. Vous imaginez bien que, pour mériter une telle peine, infligée par Bouddha en personne, il a fallu commettre de bien vilains forfaits. Bon, en même temps, se savoir d’une puissance dévastatrice et défier les dieux, ce n’est jamais une bonne idée (sauf quand on est chauve et très énervé, mais c’est une autre histoire). Ce coma forcé va pourtant être interrompu : en fuyant l’attaque de son village, un jeune garçon et sa petite sœur vont tomber dans une grotte et délivrer le prisonnier. Ce dernier se rend compte que ses pouvoirs prodigieux se sont fait la malle et, même s’il reste éminemment puissant, les récupérer sera sa seule volonté. Pour ce faire, il se voit imposer de faire le Bien. Du coup, délivrer le village, et récupérer les enfants odieusement enlevés devient, pour lui, une solution. Même s’il la trouve peu engageante, étant donné son caractère de cochon.

Monkey King : Hero Is Back se doit évidemment de prendre quelques petites libertés avec le récit, mais on est positivement étonné par la bonne tenue de l’ensemble. Même la narration, pourtant pas toujours bien servie par certaines cutscene à l’animation à revoir, produit de bons effets sur le joueur. Si vous ne connaissiez pas le dessin animé, voilà une bonne occasion de le découvrir, manette en mains. Ce qui nous emmène au gameplay. Autant le préciser de suite : il est assez évident que le titre se destine aux enfants, et les amateurs de softs simples pourront aussi y prendre pas mal de plaisir. On se trouve face à un jeu d’action à forte tendance Beat’em all, donc avec de la castagne qui accompagne la progression au sein des niveaux. Tout est très facile à comprendre et à digérer : on saute (mollement, c’est à signaler), on évite, on enchaine des coups légers, on administre un attaque puissante mais longue à déclencher, et il est aussi question de lancer différents sorts. Il est aussi possible de jouer la discrétion, en se faufilant derrière les monstres pour leur administrer une bonne rouste. Le tout contre des adversaires aux patterns très abordables, peut-être en sous-nombre en terme de diversité.

La direction artistique nous a séduit

image test monkey king hero is back
Les environnements sont splendides.

Aussi, lancer une attaque pendant qu’un ennemi en fait de même lance une phase de martelage de bouton : appuyez vite, et vous gagnerez un duel qui se termine par une animation rigolote (l’adversaire s’écrase contre la caméra, Dasheng use de malice, ce genre de choses). Enfin, quelques objets pourront être récupérés et servir d’arme ou de projectiles à lancer pour garder ses distances. Le système de combat se veut donc solide, sans grandes originalités et manquant un peu de peps dans les impacts, mais tout de même plaisant. Combattre ne sera pas la seule activité dans Monkey King : Hero Is Back, pendant votre cheminement. Les niveaux, parfois assez étendus, proposent une légère exploration. On récupère des matières premières pour concocter différentes potions (qui redonnent de la santé, de la magie), différents écrits à collectionner. On pourra aussi acheter de nouvelles magies en dépensant l’expérience accumulée dans les combats, comme courir plus vite ou dénicher les secrets dans un périmètre de plus en plus large. Oasis Games a sûrement joué et aimé The Legend Of Zelda : Breath Of The Wild, puisqu’il faudra dénicher ça et là de petits esprits cachés dans les environnements, à la manière des Korogu. Ils pourront être échangés afin d’augmenter les statistiques de l’avatar.

Tout cela fonctionne très bien, même si Monkey King : Hero Is Back fait parfois preuve de trop de prudence. Par exemple, l’utilisation répétée des clés de couleur à dénicher, afin d’ouvrir les portes qui leurs sont associées, cela nous propulse à l’époque des premiers Doom. De grands classiques, mais tout de même ! On comprend la volonté de soigner la progression, de lui appliquer une dose d’énigmes, mais en l’état elles sont trop datées pour passionner pleinement. Soyons tout de même mesurés : cela fera de l’effet sur un jeune public, qui découvre le genre et le divertissement vidéoludique. Pour eux, on ne peut que conseiller le jeu d’Oasis Games, tant il comporte des mécaniques qu’il verra, par la suite, prendre du poids dans d’autres productions. Non, ce titre n’est pas destiné au gros gamer hardcore aux dents longues, qui se fera une joie très mal placée de le descendre sur le simple constat qu’il n’est pas spécialement invité à la fête. Quant à la durée de vie, pour le genre elle s’avère plutôt bonne. On l’a terminé en un peu plus de six heures, mais comptez-en un peu moins d’une dizaine pour un novice.

Concernant la technique, Monkey King : Hero Is Back est tout aussi surprenant que parfois insuffisant. On pense surtout à la fluidité : des baisses de framerate apparaissent régulièrement, et elles se remarquent. Aussi, le soft a trop souvent recours à des temps de chargement. Certes ils sont courts, mais ils sont tellement nombreux qu’on ne peut passer à côté. Par contre, les textures sont globalement riches, détaillées. Cela participe d’une excellente direction artistique, aussi bien dans les environnements, très chatoyants, que le character design. D’ailleurs, signalons que Dasheng a fait l’objet d’un soin particulier dans ses animations : elles sont nombreuses et retranscrivent bien son caractère bougon. Par contre, côté ambiance sonore c’est bien moins positif. La bande originale n’est pas mauvaise du tout, elle est assez typique pour bien nous embarquer dans l’aventure. Par contre, les thèmes ne sont pas assez nombreux, et deviennent vite rébarbatifs. Surtout, c’est le choix de nous imposer les doublages français qui nous a posé problème. Là encore, on comprend que c’était un passage obligé pour accrocher le jeune public, mais proposer les voix chinoises aurait tout de même fait son effet.

Note : 14/20

Monkey King : Hero Is Back est un jeu idéal si vous recherchez un titre pour un jeune joueur, qui découvrirait le divertissement vidéoludique. Voilà le genre d’adaptation qu’on ne voit plus assez de nos jours, tant elle parvient à sauvegarder l’esprit du dessin animé, en lui imprimant un gameplay certes très prudent mais efficace. On émet bien quelques regrets, comme la mollesse des sauts, la répétitions de certaines phases, des types d’ennemis trop peu nombreux ou l’absence des voix chinoises. Mais, globalement, on ressent de la sympathie pour un soft qui propose un scénario solide, des mécaniques bien comprises et rendues agréables, une difficulté très bien dosée pour son public et une durée de vie solide suffisante. Sans oublier une direction artistique au top et l’animation de Dasheng qui fera craquer les enfants. Au final, c’est une belle petite réussite.

7/10

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