[Test Switch] Vampyr : un portage de qualité

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : DONTNOD, Saber Interactive
  • Editeur : Focus Home Interactive
  • Date de sortie : 29 octobre 2019
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Jonathan mord aussi bien sur Switch que sur les autres supports

image test vampyr test switch
C’est bien l’intégralité de Vampyr qui est disponible sur Switch.

Sorti voilà plus d’un an sur PlayStation 4, Xbox One et PC, le Vampyr de DONTNOD s’en est sorti autant grâce à sa mécanique liée au sacrifice des personnages secondaire, qu’à sa sublime ambiance gothique. Si le trip n’évitait pas quelques défauts, il nous a tout de même laissé pas mal de bons souvenirs. Ainsi, le voir débarquer sur Nintendo Switch est un événement qu’on ne pouvait louper. Surtout qu’il s’agit bel et bien d’une version qui transporte l’intégralité de l’aventure. Et pour cet acte fort, c’est Saber Interactive qui est aux commandes, toujours édité par Focus Home Interactive. Oui, ce studio qui se fait très actif en ce moment, notamment avec le très satisfaisant World War Z et le plus prudent Ghostbusters Remastered

Revenons un peu sur le jeu d’origine. Vampyr est un Action-RPG pas comme les autres, et c’est sans doute ce qui en faisait un soft très attendu. Son développement fut long, parfois très long, mais à chaque nouveau trailer on sentait bien qu’une alchimie étrange se formait, laquelle utilisait autant les codes du genre que des ressort plus originaux. Rappelons tout d’abord que l’histoire est un pilier central de l’expérience. On y incarne le docteur Jonathan Reid, éminent spécialiste en hématologie (le comble, pour un vampire), et ce alors que l’Angleterre du jeu, celle de 1918, est dévastée par une gigantesque épidémie de grippe espagnole. Notre avatar n’est pas au top de sa forme : il se réveille dans une fosse commune, animé par une soif de sang si incontrôlable qu’il se jette sur la première innocente venue. Un drame doublé d’un autre, quand le personnage se rend compte de l’identité de sa victime, dont on vous laisse la découverte. Suite à cette infamie, notre avatar va tenter de retrouver le responsable de son état, tout en essayant de sauver ce qui peut l’être dans une Londre en proie au chaos.

Heureux possesseurs de Nintendo Switch, c’est bien l’intégralité du contenu du jeu d’origine qui vous attend. Cela embarque les cinématiques, le scénario, les innombrables personnages secondaires, bref : tout. Oui, tout ce contenu qui vous occupera vingt heures, et le double si vous cherchez à bien tout compléter. Le gameplay de Vampyr ne bouge pas non plus d’un iota, avec ses qualités et ses défauts. Les premières se démarquent toujours aussi bien, menées par un système de progression qui vous place aux devants de choix cornéliens. Il y a plusieurs façons d’envisager votre aventure. La première, c’est sauver le plus d’âmes possible, donc éviter les festins de sang sur le compte des habitants des quartiers. Cela rendra le cheminement plus difficile, mais pas impossible si vous apprenez à bien parlementer. L’autre possibilité, vous l’aurez compris, est de faire passer Dracula pour un petit joueur. S’abreuver de l’hémoglobine d’un voyou, cela vous tente car les capacités apprises de ces méfaits vous font de l’œil ? Très bien, charmez-le et, dans un coin sombre, sortez les canines pointues pour n’en faire qu’une bouchée. Bien sûr, cela n’est pas non plus de tout repos : certaines victimes ne sont pas aussi abordables que d’autres, il faudra user de votre charme sinon vous serez démasqués. Aussi, attention à l’équilibre des quartiers, car toute prise de décision a des répercussions parfois insoupçonnées, et bien plus malheureuses qu’on peut parfois le penser.

Une expérience particulièrement conseillée en nomade

image gameplay vampyr
En nomade, Vampyr est étonnamment joli.

Vampyr est toujours aussi plaisant dans sa générosité. Les quartiers sont nombreux, ainsi que ses habitants, ce qui provoque pas mal de rencontres mémorables. Pour s’y retrouver, un menu donne accès à tout ce qu’il faut d’informations pour ne pas prendre une décision à la légère. Si vous voulez vous repaître de ce tavernier, enquêtez d’abord sur lui et se biographie va s’enrichir, puis livrer des liens avec d’autres protagonistes qui pourraient bien vous dissuader de passer à l’acte. DONTNOD est parvenu à insuffler le doute dans ce jeu, celui qui va vous proposer dilemme sur dilemme, et c’est toujours une réussite sur Nintendo Switch. Il faut aussi appuyer sur les répercussions de vos actions : elles pourront transformer un quartier du tout au tout. Déjà bien marqué par une maladie sévère, un lotissement verra son niveau de vie baisser ou augmenter. Pour être plus précis, si vous cherchez, par exemple, à faire avancer la science, le peuple verra son sang se purifier. Donc vous aurez accès à plus de segments d’intrigues ou, plus vicieux, vous pourrez récolter les fruits de votre dure labeur en vous délectant d’autant plus. Tout cela mène vers plusieurs fins, comme vous vous en doutez.

Qui dit gameplay totalement inchangé dit système de combat toujours aussi moyen, voire problématique dans l’esprit. Vampyr avait-il besoin d’autant d’action ? La question reste posée, toujours est-il que ce ne sont pas les meilleurs moments de l’expérience. Les sensations ne sont pourtant pas horribles : on frappe, on utilise des compétences, on peut même faire l’usage d’un pieu qui nous permet, ensuite, de mordre de cou de notre assaillant. Cela remplit la jauge de sang, qui se vide en utilisant les pouvoir. Attention, car l’avatar doit aussi composer avec une jauge de stamina. Du très classique, pas fondamentalement désagréable, mais tout cela reste toujours aussi incohérent fondamentalement. On se bat trop, alors même qu’on n’en a pas spécialement envie, de par l’accent mis sur d’autres valeurs. Aussi, l’intelligence artificielle s’avère assez hasardeuse, son prisme de vision restant un mystère.

Saber Interactive avait une lourde tâche : ne pas trop lâcher du leste concernant la direction artistique, l’une des principales qualités de Vampyr. Et le constat se révèle positif. Il l’est tout de même bien plus en nomade qu’en docké. Sur votre télévision, les textures auront du mal à suivre. Et on constate du crénelage assez fréquent. Attention, cela reste assez surprenant, tant on ne pensait pas que le soft allait pouvoir aussi bien se tenir. Le constat est encore bien plus probant en nomade. Si l’on excepte une distance d’affichage évidemment revue à la baisse, et un degré de détails moins élevé que sur les autres plateformes, le résultat tient admirablement la route. Cela se paie par des temps de chargement sauvages (même pendant l’exploration en ville), et quelques petites baisses de fluidité à l’occasion, mais cela reste plutôt rare. Aussi, attention à la batterie : elle fond à vue d’œil, jouez donc non loin d’une prise. C’est le prix à payer pour un portage de cet ampleur. Seul petit regret : on aurait apprécié le choix d’une taille de police d’écriture plus grosse. Côté musique, les sublimes compositions d’Olivier Derivière sont toujours un bonheur pour les mélomanes, avec ce violoncelle (maitrisé par Eric-Maria Couturier) qui vous déchire l’âme. Et les doublages anglais (les sous-titres sont évidemment proposés en français) demeurent aussi qualitatifs, de par la bonne implication des acteurs.

Note : 15/20

Vampyr s’avère un bien bon jeu sur les autres plateformes, il l’est aussi sur Nintendo Switch. DONTNOD en est tout autant responsable que Saber Interactive, tant le soft original est ici sauvegardé. Tout de même, nous conseillerons bien plus de vivre cette expérience mordante en nomade, car en docké le rendu visuel ne peut éviter de s’en trouver impacté, notamment dans la qualité des textures et le crénelage. Reste que, si vous découvrez le soft à cette occasion,vous allez vous régaler d’un Action-RPG qui fait la part belle au choix cornéliens, mais aussi à l’ambiance, qu’elle a de délicieusement gothique. Miam miam.

7/10

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