[Test] Planetscape Torment et Icewind Dale Enhanced Edition : deux fleurons du RPG occidental

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Beamdog
  • Editeur : Skybound Games
  • Date de sortie : 15 octobre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Le RPG occidental à la fête sur consoles

image gameplay planetscape torment icewind dale enhanced edition
La direction artistique de ces jeux reste de grande qualité.

Après avoir permis aux nostalgiques, mais aussi aux jeunes curieux, de découvrir les deux jeux cultes que sont Baldur’s Gate et Baldur’s Gate 2, Beamdog continue son travail de fond pour la préservation du RPG occidental dit « à l’ancienne ». Et ce sont encore les amateurs du travail de feu Black Isle Studios qui vont éructer : oui, Planetscape : Torment et Icewind Dale, deux titres considérés comme des chefs-d’œuvre du jeu de rôle, sont désormais disponibles sur consoles actuelles, affublés du certificat Enhanced Edition. Alors espérons que vous avez des RTT en réserve, car ce double-programme est du genre costaud : avec les deux jeux, et l’extension Heart of Winter, vous êtes partis pour un voyage qui se compte en centaines d’heures.

Pourquoi réunir Planetscape : Torment et Icewind Dale, se demanderont les nouveaux venus ? La réponse est simple : voilà deux des jeux qui, s’ils diffèrent autant de par leur univers que par leur philosophie, représentent au mieux cet âge d’or du RPG occidental que fut la fin des années 1990, et le tout début de la décennie 2010. Il y en a eu d’autres, bien entendu, mais ce duo a joué un rôle important car, tout comme les deux premiers Fallout (et surtout le second épisode), on y découvrait des mondes encore rarement exploités, bien soutenus par des directions artistiques véritablement courageuses. Si vous n’étiez, peut-être et contrairement à nous, que peu sensibles à la fantasy classique d’un Baldur’s Gate, alors la tonalité plus sombre de Planetscape : Torment vous tendait les bras.

Planetscape : Torment et Icewind Dale Enhanced Edition propose, donc, deux titres de grande envergure historique. Les archéologues du jeu vidéo, qui n’auraient pas déjà découvert ces deux perles lors de leur arrivée sur PC voilà maintenant quelques années, doivent assurément foncer vers cette sortie, par principe. Tout comme il nous paraît indispensable de posséder, dans une ludothèque digne de ce nom, un Super Mario Bros ou un Final Fantasy 7. Voilà qui règle le cas de cette sortie, pour le fond. La forme est aussi importante, et c’est pour cela que l’on se doit de revenir sur les qualités de ce duo. Tout d’abord, chacun peut compter sur un scénario d’une grande puissance. Ils s’inscrivent dans un univers séparé, mais issu d’une même mère : le jeu de rôle papier Donjons et Dragons. Ainsi, vous ne serez pas surpris de découvrir des récits hypers travaillés.

Une préférence pour Planetscape : Torment, pour notre part…

image test planetscape torment icewind dale enhanced edition
Vous en avez pour des centaines d’heures d’aventures…

Les expériences scénaristiques des deux titres se dirigent vers deux directions opposées. Planetscape : Torment vous propulse dans la peau de Sans-Nom, un immortel qui vient de déjouer la mort et qui, en punition, perd la mémoire. Vous l’aurez compris, votre but va être de retrouver les fragments de son passé et, ainsi, d’avoir enfin une emprise sur son destin. Le cheminement, tout sauf linéaire, est rempli de rencontres, de quêtes annexes, et de dialogues pour bien encadrer tout ça. Voilà ce qui saute aux yeux : ce soft est très textuel, et le justifie de par son envie de vous pousser à régler des situations sans avoir recours à la force. De Sigil à l’Outreterre, vous pourrez donc vous passer de faire couler le sang, mais pour cela il faudra soigner certaines de vos compétences. D’une grande finesse, ce jeu nous étonne encore aujourd’hui de par les choix qu’il laisse aux joueurs, et ce pour qu’ils puissent surtout se plonger dans un roleplay très efficace.

Sorti en 2001, soit après les Baldur’s Gate et Planetscape : Torment, Icewind Dale a pu nous surprendre à l’époque. Et pas uniquement pour de bonnes raisons pour notre part. Oui, ce titre est entouré d’une aura indéniable, certains fans de RPG occidentaux le placent même au-dessus des trois softs cités juste au-dessus. C’est dire. Pour nous, on y a surtout vu un univers beaucoup plus classique, aussi bien dans l’écriture que côté direction artistique. On quitte le concept de cheminement très libre pour rencontrer une linéarité qui nous séduit moins. La région de Valbise s’avère plus prévisible, moins sujette à l’incorrect aussi avec moins de solutions que l’on qualifiera de croquantes. Sachez que cette Enhanced Edition embarque une option qui amoindrie l’impact des combats, très prégnant, et concentre l’intérêt sur le scénario. C’est une bonne idée, même si le récit ne gagne pas en relief comme par magie. Heureusement, il reste un souffle épique indiscutable, notamment grâce à un antagoniste (Poquelin, pas aussi drôle que Jean-Baptiste) qui reste bien en mémoire.

Planetscape : Torment et Icewind Dale Enhanced Edition tente beaucoup de choses pour que l’expérience de jeu soit à la hauteur, sur consoles. On regrettera bien quelques soucis d’ergonomie, l’inventaire étant certes mieux aéré mais tout de même pensé de manière flagrante pour le PC. Alors certes, quelques commandes font contre-nature dans un premier temps, mais les réflexes finissent par prendre le pas, et tout rentre dans l’ordre. Sachez ici que les combats, très (trop) nombreux d’Icewind Dale ont au moins la bonne idée de gagner en fluidité, et l’on ne peut que vous conseiller de vite capter l’intérêt de la pause active. Techniquement, Beamdog est à féliciter pour son envie de garder le ressenti d’origine intact. L’Infinity Engine est évidemment le vestige d’une époque révolue, mais le charme désuet qui en découle fait que l’on reste sous le charme. Le lissage fait son petit effet, même si un simple zoom témoignera de l’ancienneté des textures. Mais bon : la direction artistique, en particulier de Planetscape : Torment, est si exceptionnelle, si courageuse, que l’on finit par ne plus faire attention à l’âge du soft. Enfin, signalons que si l’on préfère Icewind Dale sur un élément, c’est bien à propos de la musique. Laquelle, signée par le toujours excellent Jeremy Soule, n’a pas pris une ride.

Note : 15/20

Le travail de Beamdog se doit d’être salué : il est d’intérêt général, puisque la préservation du jeu vidéo l’est par nature. On regrette une prise en mains qui s’allonge, le temps de digérer des commandes pas toujours très naturelle. Aussi, il est indéniable que les menus sont pensés pour le PC, alors le joueur sur console devra faire avec une ergonomie qui manque de clarté. Cependant, on conseille tout de même de vous lancer dans Planetscape : Torment et Icewind Dale Enhanced Edition. Car cette expérience, outre le fait qu’elle soit techniquement satisfaisante, figure parmi les plus essentielles du RPG occidental. Et aucune ludothèque ne saurait être complète sans ces deux mastodontes du jeu vidéo.

7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *