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[Critique] Le cas Richard Jewell : Clint Eastwood ou l’éternel retour

Caractéristiques

  • Titre original : Richard Jewell
  • Réalisateur(s) : Clint Eastwood
  • Avec : Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates, Olivia Wilde et Jon Hamm
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Genre : Drame
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 129 minutes
  • Date de sortie : 19 février 2020

Clint Eastwood est sans nul doute l’un des derniers grands monstres sacrés d’Hollywood de par sa filmographie d’abord comme acteur, puis comme réalisateur.

Le Cas Richard Jewell poursuit sa dernière tendance à adapter des histoires vraies mettant en lumière des “héros” méconnus du quotidien, que ce soit avec Sully ou 15h17 pour Paris. Néanmoins, ces deux métrages ne feront pas date dans le filmographie de l’auteur au contraire de La Mule, où Clint Eastwood retourne également devant la caméra dans un rôle taillé sur mesure pour l’éternel cynique qu’il est resté au fond de lui.

On pouvait donc s’inquiéter de ce Cas Richard Jewell (illustrant l’attaque à la bombe durant les Jeux Olympiques d’Atlanta de 1996) et se demander s’il allait de nouveau se reposer sur ses acquis. Faux, car le cinéaste semble avoir tiré les leçons de ses erreurs et insuffle à son nouveau long métrage un rythme au cordeau digne d’un polar. Le tout épaulé par un casting au diapason et une critique acerbe du système judiciaire américain.

Une réalité dépassant la fiction

Parfois, quand on nous raconte certaines histoires, on s’aperçoit qu’il n’est nul besoin de les inventer ou les romancer pour qu’on soit captivés. Le Cas Richard Jewell suit ainsi le parcours atypique d’un héros d’un jour devenu soudain l’ennemi public n°1.

La mise en place de l’intrigue va permettre dans un premier temps de présenter ses protagonistes afin que le spectateur puisse d’emblée se forger sa propre opinion sur chacun, et en particulier sur le fameux Richard Jewell.

Une fois ceci fait, la deuxième partie nous plonge durant la période de l’attentat proprement dit et s’avère un exemple de tension narrative. Le reste du métrage est une analyse pointue des dérives d’un système médiatico-judiciaire toujours prêt à s’emballer, quitte à briser la vie d’un homme pour obtenir un coupable ou un scoop. Jamais on ne s’ennuie tant le rythme du scénario parvient régulièrement à alterner moments dramatiques et séquences plus légères.

De solides interprétations

image sam rockwell le cas richard jewell

Dans le rôle principal, Paul Walter Hauser crève l’écran en jouant ce gardien de sécurité qui va repérer en premier la bombe fatale, empêchant ainsi un grand nombre de morts. Tantôt touchant puis agaçant, débonnaire puis terriblement naïf, il incarne un redneck plein de bonne volonté, mais cochant parallèlement toutes les cases du coupable idéal de par son profil de justicier frustré en mal de reconnaissance. La vision du film pourrait être justifiée par sa seule performance s’il n’était pas en plus entouré par d’autres interprètes tout aussi justes.

Kathy Bates dans le rôle de la “mère courage” ne sachant comment défendre son fils face à la vindicte populaire est remarquable et se réserve une des séquences les plus poignantes du métrage.

Sam Rockwell compose quant à lui un avocat aussi agressif qu’intègre. Un véritable bouledogue dont les interactions avec le placide Richard Jewell prêtent souvent à rire tant leurs deux caractères semblent diamétralement opposés.

Enfin, citons également Olivia Wilde et Jon Hamm, respectivement la journaliste avide de scoops et l’agent du FBI responsable de l’enquête, tous deux symbolisant un pôle d’une justice bancale et impitoyable. Leur traitement tout en nuance permet néanmoins de les humaniser et d’éviter les clichés des gentils contre les méchants.

Un Eastwood grand cru

image kathy bates le cas richard jewell

Le Cas Richard Jewell s’inscrit parfaitement dans la logique des derniers métrages de Clint Eastwood. Il en représente néanmoins sans mal l’un de ses plus beaux fleurons, tant du point de vue de sa réalisation que de son casting.

Le label “histoire vraie” du métrage, souvent utilisé abusivement pour donner une crédibilité, permet dans le cas présent de sensibiliser le spectateur à une histoire qui méritait d’être racontée.

Clint Eastwood a eu le nez fin sur ce coup-là et il est souhaitable qu’il continue encore le plus longtemps possible d’ apporter sa patte personnelle à l’histoire du cinéma. Le relève n’étant à l’heure actuelle pas clairement assurée…

8/10

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