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[Critique] Dark Waters : Une histoire vraie captivante et révoltante

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Todd Haynes
  • Avec : Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Tim Robbins, Bill Pullman, Bill Camp et Victor Garber.
  • Distributeur : Le Pacte
  • Genre : Biopic, Drame
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 127 minutes
  • Date de sortie : 26 février 2020

Une histoire vraie glaçante

Nouveau long-métrage de Todd Haynes (Le Musée des Merveilles, Carol), Dark Waters est tiré de l’histoire vraie de Robert Bilott, un avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques. Interpellé par un paysan, voisin de sa grand-mère, il va découvrir que la campagne idyllique de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région. Afin de faire éclater la vérité sur la pollution mortelle due aux rejets toxiques de l’usine, il va risquer sa carrière, sa famille, et même sa propre vie…

Le scénario de Matthew Carnahan et Mario Correa, tiré de l’article du New York Times “The Lawyer Who Became DuPont’s Worst Nightmare” de Nathaniel Rich, est très classique dans sa structure, mais prenant. Enquêtant sur ce qui provoque la mort des nombreuses vaches d’un paysan, il va découvrir bien plus que ce qu’il ne pensait. Va s’ensuivre une quête de justice qui va s’étaler de 1998 à 2016. On suit donc Robert Billot, l’avocat, durant son enquête et son combat contre DuPont. Cette dimension judiciaire est très bien traitée par le scénario,  qui évite de tomber dans le piège de l’explicatif à outrance. On s’attache aussi au personnage de Billot. Celui-ci doit subir la pression de ses supérieurs, mais aussi de sa femme, qui, bien qu’étant une aide morale, aura du mal à le rester au fil des années. Mais ce sont surtout ses confrontations avec Phil Donnelly, PDG de DuPont, qui sont le plus intéressantes. La situation de l’avocat n’est clairement pas idéale, mais on comprend parfaitement ses motivations, ses doutes, sa douleur…

Mais ce qui est le plus passionnant dans cette histoire est bien le scandale de la dissimulation des informations sur la toxicité de certains composants chimiques entrant dans la composition du Téflon par DuPont depuis les années 1940 ! Et quand on voit comment le groupe s’y est pris pour dissimuler ces données ou encore ralentir au maximum l’enquête d’Elliot, cela pose énormément de questions sur le comportement et l’éthique de certaines grosses entreprises. Voilà donc un scénario intelligent, qui nous pousse à réfléchir pour mieux nous alerter.

Une réalisation simple, mais des acteurs impliqués

image dark waters mark ruffalo

Côté réalisation, Todd Haynes reste sur une mise en scène simple mais efficace la plupart du temps. Il fait tout de même une référence, assez bien placée, au film Les Hommes du Président lors d’une scène. On sent qu’il a voulu donner un ton plus thriller avec la photo d’Edward Lachman. Celle-ci est réaliste, mais avec des teinte verdâtres qui passent bien à l’écran. Le rythme est probablement le seul défaut du film. On a beau être complètement pris dans l’histoire et le sujet, on sent malgré tout quelques longueurs en milieu de métrage. Le rythme est lent et la durée de 2h07 n’aidera, peut être, pas le spectateur à s’investir autant qu’il le faudrait, surtout que le film est assez bavard. La musique de Marcelo Navos se fait très discrète, et est même parfois quasiment absente, mais son utilisation est toujours juste. Enfin, il faut reconnaître le travail de reconstitution sur les décors, costumes, coiffures et maquillages. Dark Waters se déroulant sur deux décennies, on voit clairement le passage d’une époque à une autre sans difficulté.

Côté casting, Mark Ruffalo (Avengers: Endgame), qui interprète Robert Billot, change légèrement de registre et cela lui va bien. On le sent impliqué dans le long-métrage, qu’il produit également. Une bonne performance. Anne Hathaway (Le Coup du Siècle, Ocean’s 8) fait le travail dans le rôle de Sarah Billot, la femme de Robert. Elle a peu de temps à l’écran mais s’en sort à merveille. Le reste du casting est complété par les bonnes performances de Tim Robbins, que l’on voit trop peu au cinéma, Bill Pullman, Bill Camp, tout en émotion, et Victor Garber qui interprète ici Phil Donnelly. Un bon choix de casting pour un acteur que son physique destine souvent à des rôles de gentils. Au final, Dark Waters est un très bon long-métrage nous plongeant dans une histoire vraie, captivante et révoltante. Un drame et un thriller poignant et passionnant qui fait office d’alerte et que l’on recommande chaudement.

8/10

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