[Test] Overpass : tout est dans l’effort

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Zordix Racing
  • Editeur : Bigben
  • Date de sortie : 27 février 2020
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Overpass introduit un gameplay original

image gameplay overpass
Overpass, c’est l’effort à tous moments.

Depuis pas mal de temps, l’on remarquait une certaine immobilité des jeux de sport, et il est peut-être temps que cela change. Le foot par exemple, comme d’autres, s’est clairement dirigé vers la simulation, encouragé aussi bien par le public que par des technologies qui permettent d’accompagner le gameplay d’une technique quasiment photo-réaliste. Le genre de la course automobile n’a pas échappé à ce mouvement, voire le succès (mérité) d’un Gran Turismo Sport, même si l’approche arcade reste tout de même un peu représentée. Heureusement, les choses semblent un peu évoluer, notamment grâce à l’envie d’aller voir un peu ailleurs que chez les bagnoles ou les motos. L’éditeur Bigben, ici à l’oeuvre avec le studio de développement Zordix Racing, contribue pas mal à cette tendance, notamment avec l’étonnamment bon FIA European Truck Racing Championship. Overpass suit-il la même route ?

Pour résumer le concept d’Overpass, on pourra parler d’un MudRunner qui rencontre la compétition automobile et l’off-road. Aux commandes d’un buggy, ou d’un quad, il va donc être question de faire face à des tracés quelque peu tourmentés. Le but est alors de parvenir à gravir des obstacles parfois très impressionnants, qui se placent comme de véritables murs de difficulté. Le challenge, d’ailleurs, se fait très corsé, il faudra redoubler d’efforts dans les premières parties et ce même si le soft propose un tutoriel complet. On en est presque à considérer l’exercice comme une sorte de « darksoulisation » du jeu de course, même si l’appellation est excessive. Vous êtes prévenus : ce ne sera pas une partie de plaisir, même si le soft reste fun.

Quand on se lance dans une épreuve d’Overpass, la première chose qui marque est l’importance moindre du chronomètre, en tout cas dans un premier temps. Il sera bien là, affiché à l’écran, vous stressant d’autant plus quand vous y jetterez un coup d’oeil, mais il ne sera pas primordial de s’y référer. Car c’est avant tout cette fichue pente escarpée qui va retenir votre attention, et les manoeuvres afin de la dépasser. Tout le sel de cette expérience se trouve là, bien plus que dans les modes, ou la technique : c’est le gameplay qui prime. Et celui-ci se révèle plutôt satisfaisant, même si nous avons quelques retenues. On retrouve évidemment toutes les commandes d’un jeu de coure (accélération, frein, frein à main), mais c’est le travail sur l’environnement qui impressionne. Les différences de sensations entre chaque surface sont au premier plan : n’espérez pas venir à bout d’une côte raide si vous passez par l’endroit le plus boueux. L’observation du terrain devient alors primordial, ce qui n’est pas du tout courant.

Une technique à revoir

image test overpass
Le quad propose une bonne variation de gameplay.

Bien entendu, la vitesse est aussi un élément important dans Overpass. Tout d’abord parce que, tout de même, le chronomètre compte au final, mais aussi parce que certaines embûches nécessitent qu’on les aborde à une certaine allure. Du coup, Zordix Racing se devait de s’appuyer sur un moteur physique efficace. C’est ici que vous émettons un regret : il ne l’est pas toujours, même si nous ne pouvons que souligner le bon travail effectué sur la différence de ressenti entre le buggy et le quad. Les véhicules nous paraissent trop légers, et l’on se retrouve les quatre pneus en l’air trop souvent. Le quad demande aussi à ce que l’on gère l’équilibre du pilote, une bonne idée malheureusement contrebalancée par une gestion des collisions pas toujours carrée, ce qui provoque des chutes parfois injustes. La prise en mains, si elle n’est donc pas parfaite, reste tout de même agréablement fraiche dans les nouveaux réflexes qu’elle impose.

Overpass, c’est un mode Carrière peu développé en terme d’activités, mais tout de même un minimum développé côté contenu. Le but y est de participer à un certain nombre de courses, et de figurer dans les huit premières places du classement afin d’accéder aux World Finals. On pourra gagner quelques éléments plus ou moins utiles, et surtout de l’argent afin de venir en aide à la tôle qui ne manquera pas de froisser. Léger certes, mais pas mauvais non plus. On a aussi droit à des courses rapides, et bien entendu du multijoueur, en ligne ou en local. La première solution est, à l’heure actuelle, incomplète en terme de features à attendre. Par exemple, il n’y a pas de tableaux de classement pour les courses. La durée de vie s’avère bonne, avec une quarantaine de courses dispatchées dans six environnements, vingt-cinq véhicules officiels (Suzuki, Arctic Cat, Yamaha etc).

Techniquement, Overpass est dans la moyenne de ce qu’on peut attendre d’une production AA, là où se place l’éditeur Bigben. Ça manque donc un peu de finesse sur certaines textures, la distance d’affichage n’est pas toujours optimale, et la fluidité défaille sur une poignée de circuits. Surtout, ce sont les temps de chargement, très longs, qui nous ont marqué. Cependant, on ne peut que souligner le bon travail effectué sur les environnements, le rendu des éclairages, et des différentes surfaces. Aussi, le level design, qui fait partie des éléments techniques d’un soft, atteint parfois un niveau d’excellence. Les obstacles ne sont jamais placés par hasard, toujours dans le but de nous pousser dans nos retranchements. Côté ambiance sonore, on a pesté contre le peu de chansons disponibles pour patienter pendant les loading, mais les bruitages restent d’un niveau tout à fait correct.

Note : 13/20

Overpass s’engage sur une route originale, et pose les bases d’un gameplay déjà assez solide pour retenir l’attention. Si l’on ne demande qu’à ce que le titre soit suivi d’autres, c’est aussi parce qu’on voit en lui un potentiel de progression, notamment du côté de la technique et des modes de jeu, trop insuffisants à ce jour. Cela ne devra pas décourager les joueurs en recherche de sensations nouvelles : l’expérience pourra bien leur plaire.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

6/10

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