[Test] Those Who Remain : une bonne histoire, mais…

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Camel 101
  • Editeur : Wired Productions
  • Date de sortie : 28 mai 2020
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Those Who Remain peut effrayer, mais manque de moyens

image gameplay those who remain
Those Who Remain installe une bonne ambiance, parfois un peu trop sombre.

Il est devenu assez évident que l’horreur et le jeu vidéo forment un couple qui a du se renouveler sous la contrainte d’un public en évolution. Pour le meilleur et pour le pire, le survival horror s’est plus tourné vers le psychologique, délaissant dorénavant le seul pari sur le monstre pour effrayer. Les causes sont multiples, on en trouvera notamment du côté de la surexploitation des zombis, dans tous les mediums, phénomène qui en a brisé l’aura pour un bon moment. Ajoutons que les technologies actuelles permettent aux développeurs de nous plonger au coeur de l’angoisse avec des softs en vue à la première personne, et l’on obtient une tendance à l’horreur psychologique. Those Who Remain, le nouveau jeu du studio Camel 101 (jusqu’ici pour un Syndrome qui n’a pas laissé de très bons souvenirs), ici édité par Wired Productions, s’inscrit dans cette mouvance. Avec réussite ?

Autant être clair dès le début : Those Who Remain mise tout sur son histoire et son ambiance. On pourra donc qualifier le jeu de walking simulator, même si quelques passages impliquent de la réflexion. Le joueur incarne Edward Turner, présenté comme un alcoolique en phase très avancée et, pour ne rien arranger, suicidaire à ses heures perdues. De fil en aiguille, il est pris d’une soudaine envie de régler la situation en rompant avec son amante, Diana. Alors qu’il doit la retrouver dans la chambre d’un motel miteux, il se rend compte que non seulement elle ne s’y trouve pas, mais qu’en plus les alentours sont plongés dans une obscurité profonde. Mis sur la piste de la jeune femme, il doit prendre la direction de la ville de Dormont. Seulement voilà, il va devoir faire face à un danger mortel qui se tapit dans le noir, le forçant à trouver des sources de lumière pour lui ouvrir le chemin…

Oui, on est plutôt content de constater que le studio Camel 101 a des références aussi bonnes que Silent Hill, Alan Wake, ou tout ce qu’a pu créer la Bloober Team. Those Who Remain peut compter un récit plutôt prenant, avec une véritable empathie pour notre avatar. Le joueur a donc envie de le découvrir, a vraiment peur pour lui, ce qui a forcément un écho sur nos propres émotions. Mais patatras, bien vite on aperçoit les limites de ce jeu, pas du tout fondées sur le talent des développeurs, mais plutôt sur la dimension très humble de la cellule de développement. La narration en prend donc un coup, se retrouve hachée, morcelée de manière trop évidente. Il n’était pas possible de nous plonger au cœur de Dormont, dans une ville ouverte, comme a pu le faire The Evil Within 2 ou ce genre de productions bien plus costaudes financièrement. Il a donc fallu composer avec les restrictions, s’arranger pour que l’on visite les lieux importants sans qu’on ait à les rejoindre de manière naturelle, et le résultat ne peut éviter une perte de fluidité dans le scénario. On pensera à ce moment où l’on se réveille à proximité d’un restaurant, après avoir perdu le briquet fraichement acquis, et ce sans explications. Cela manque de liant.

Pour les amateurs jusqu’au-boutistes du genre

image test those who remain
Certains ennemis pourront vous poursuivre jusque dans la lumière.

Those Who Remain ne peut pas s’appuyer sur un gameplay fort pour redresser la barre. Ce n’est pas qu’il soit mauvais, loin de là : les commandes répondent parfaitement, et les mécaniques sont si peu nombreuses qu’on les digère rapidement. On a droit parfois à des phases de réflexions minimes, nous faisant voyager entre les époques pour agir sur l’environnement de celle présente. Par exemple, on passe par un portail dimensionnel afin d’allumer une lumière dans cette autre ligne de temps, ceci dans le but qu’elle soit connectée avec la période actuelle. Rien de bien folichon, c’est très basique, mais ça permet de tout de même avoir quelques respirations autour de séquences plus directives. Aussi, et assez rapidement dans le cheminement, des sortes de démons plus vicieux que les autres apparaitront, vous forçant à un peu de discrétion car ils pourront vous poursuivre même en pleine lumière. Au-delà de ça, on retrouve les très classiques portes à ouvrir grâce à des clés plus ou moins bien cachées, mais aussi des choix moraux qui influenceront le grand final. Tout cela fonctionne, reste agréable à manipuler. Mais il manque l’idée en plus, celle qui donnerait une dimension unique à ce titre.

Et pourtant, Those Who Remain nous a tout de même accroché au pad. Au point qu’on s’y est replongé après un premier run terminé. Même si le résultat manque de peps, même si la narration n’est pas au point, l’atmosphère fonctionne. Il y a un petit côté Stephen King, quelque chose qui nous prend aux tripes. Tout est simple, il n’y a pas de grandes idées concernant l’utilisation de la terreur, mais c’est peut-être là que se situe le bon point : Camel 101 s’est concentré sur ce qui fait mouche. Oui, c’est effrayant que d’arriver dans un lieu plongé dans les ténèbres, alors qu’on sent la menace très proche. On se surprend à chercher désespérément l’interrupteur le plus proche, heureusement signalé par une petite diode rouge. On aime aussi devoir penser à retirer ce qui peut obstruer l’arrivée de lumière par une fenêtre, ce genre de situations parvient à nous emballer, et nous garder « dedans » pendant la petite dizaine d’heures qui constituent la première partie.

Tout comme Close To The Sun, un autre jeu édité par Wired Productions, Those Who Remain n’est pas concluant techniquement parlant. Les textures manquent de précision, les sources de lumière auraient dû faire l’objet de plus de précision. Elles ont un côté diffus pas désagréable, mais c’est parfois trop flou pour totalement convaincre. Aussi, les animations font peine à voir, surtout celles des démons. Mais le plus gênant reste le contraste, très déséquilibré. On comprend la problématique qui s’est posée à Camel 101 : comment rendre compte de la menace représentée par l’obscurité si celle-ci n’est pas profonde ? Et si l’exposition à la lumière ne marque pas une cassure assez nette ? Seulement tout de même, on a quelques passages trop indéchiffrables pour rester agréables à expérimenter. Le pire, malheureusement, est placé en tout début de jeu : le passage au motel est typique de ce qu’il ne faut pas faire, en nous demandant de retrouver une chambre numérotée dans une obscurité totale. Du coup, on vous conseille de foncer dans les réglage et pousser le curseur au moins aux trois-quarts uniquement pour ces segments. La direction artistique est heureusement du genre à rattraper le coup, avec une très efficace utilisation du sordide au sein du réel. Quant à l’ambiance sonore, elle s’avère inégale. On apprécie les effets liés à l’effroi, et les quelques plages musicales. Par contre, on est sidéré par l’absence de bruitages pour les objets qu’on balance au sol.

Note : 12/20

Those Who Remain n’est pas un mauvais jeu, mais on aurait aimé voir le résultat avec plus de moyens financiers alloués à l’équipe de Camel 101. Très classique dans son gameplay, lequel peut être qualifié de walking simulator avec de petites doses de réflexion, le soft peut tout de même compter sur une histoire intéressante, et une ambiance effrayante qui fonctionne. Cela n’en fait pas un hit, mais pourra contenter les amateurs jusqu’au-boutistes du genre.

6/10

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