[Test] Blair Witch : la peur au bout du sentier

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Blooper Team
  • Editeur : Lionsgate Games
  • Date de sortie : 31 janvier 2020
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Blair Witch ou l’appel terrifiant de la forêt

image test blair witch
Blair Witch joue évidemment avec l’imagerie du film de 1999.

Sorti en 1999, Le Projet Blair Witch est immédiatement rentré au Panthéon du film d’horreur. Avec son budget rikiki de 60 000 dollars (!), un box office de plus de 140 millions (!!), et un nombre incroyable de personnes durablement terrorisés par celui qui est le père des found footage (même si ça peut se discuter, Cannibal Holocaust et tous les Mondo peuvent aussi être considérés comme des ancêtres), ce film a marqué les esprits. Bon, on passera sous silence le très dispensable second opus, très mauvais voire caricatural de bout en bout. Et si l’on a plutôt apprécié le troisième long métrage, certes trop bordélique (et même épileptique, sur la fin) mais tout de même dans la droite lignée du premier, force est de constater qu’il n’est pas parvenu à installer la licence, à notre avis destinée au one-shot cinéphile. Et côté du jeu vidéo alors ? Eh bien, celui qui nous intéresse aujourd’hui est du genre à rejoindre les rangs des bonnes adaptations.

Rappelons tout d’abord que trois jeux sont sortis avant ce Blair Witch développé par le très doué studio polonais Bloober Team. On avait même apprécié Blair Witch Volume 1: Rustin Parr (les deux autres épisodes étaient moins satisfaisants, mais tout de même acceptables), survival horror plutôt flippant même si, au final, l’histoire n’avait pas grand chose à voir avec le film. Ce rappel pour bien signifier qu’étrangement, Le Projet Blair Witch et le jeu vidéo est un mariage qui prend bien, et le soft ici testé apporte sa pierre à ce constat. Premier bon point : Blooper Team a soigné le scénario, et l’on n’en attendait pas moins des développeurs responsables des très recommandés Observer et Layers Of Fear. Le récit prend place dans Black Hills, la fameuse forêt de Burkittsville, deux ans après que ne disparaisse le groupe que nous suivions dans le premier film. C’est là, qu’un enfant est porté disparu, et notre avatar, Ellis, ancien policier atteint d’un syndrome post-traumatique, va participer aux recherches. Vous imaginez bien que tout va vite prendre une tournure horrifiante…

Hors de question de trop rentrer dans les détails du scénario (tout sous-titré en français, c’est à souligné), tant Blair Witch a quelques surprises à faire valoir, surtout pendant un dernier quart de cheminement qui vaut, à lui tout seul, la découvert immédiate de ce soft. Sachez simplement que l’écriture justifie deux features de gameplay: le chien et le talkie walkie. Avant d’aller plus loin, informons que le titre se joue à la première personne (courrez dans les options pour augmenter la sensibilité de la caméra, c’est un conseil), et la recette fait autant la part belle à des passages cloisonnés, qu’on pourrait presque résumer à du walking simualtor terrorisant, qu’à des phases plus ouvertes qui vous demanderont un certain sens de l’orientation. N’attendez pas de l’action à coup de bazooka contre des zombies sous amphétamine : ici vous devrez surtout enquêter, trouver des indices dans différents documents, parfois éblouir ce qui s’apparente à des créatures… ou est-ce Ellis qui déraille complètement ? Le scénario joue assez finement avec la personnalité troublée de l’avatar (parfois avec des ficelles trop grosse, mais c n’est pas gênant), du coup on se questionne sans cesse sur la véracité des situations. Et mine de rien, cette angoisse larvée, qui explose par la suite, propos de bien bonnes sensations, manette en mains.

Bullet In The Head

image gameplay blair witch
Bullet, un ami qui vous veut du bien.

Ne pensez pas que Blair Witch vous réserve une promenade de santé. Vous ne pourrez pas vous en sortir sans Bullet, le chien d’Ellis, dont le flaire va vous sortir de bien des situations périlleuses. Après avoir choisi l’apparence de ce bien précieux toutou (couleur des poils, des yeux, du collier), le jeu va vous apprendre à bien vous fier à ce brave canidé, pendant les premiers instants du cheminement. On peut lui donner des ordres (qu’il pourra parfois refuser, si vous ne lui portez pas assez d’affection), comme de revenir vers nous. Surtout, c’est la qualité incroyable de sa truffe qui s’avère d’une grande aide : il renifle les pistes, et aboie quand un indice ou une preuve se fait proche. Aussi, il grognera quand un danger, du genre agressif, rôde dans les parages. Et là, vous allez remercier le ciel d’avoir votre compagnon canin auprès de vous. Peut-être même un peu trop, il est vrai que la sensation de solitude en prend un petit coup. Mais le ressort animal reste intelligent : c’est flippant de voir le chien se stopper, et commencer à élever la voix, alors que les ténèbres avalent les environs, et que votre fichue lampe torche commence à flancher…

Une lampe torche, et ce n’est pas là le seul objet de votre attirail. Blair Witch a l’excellente et plus que pertinente idée de vous faire utiliser un caméscope pour venir à bout de certaines énigmes. Celles-ci sont d’ailleurs originales, mettent en commun les images de la cassette et celles de la « réalité » ingame. Par exemple, des lumières d’un gyrophare envahissent l’écran de la caméra ? Regardez bien autour de vous, il se peut qu’un indice se mette à fonctionner en dégageant le même éclairage. C’est assez surprenant, et agréable de constater que des développeurs peuvent encore faire preuve d’originalité dans ce domaine. Plus discutable, le téléphone brise encore un peu plus l’aspect survival, en nous rappelant sans cesse que l’on est en contact avec l’extérieur. Par contre, on apprécie le fait qu’on peut y avoir recours exactement comme on le veut, pour appeler quelqu’un de notre annuaire histoire d’approfondir le background d’Ellis. Cela pourra parfois faire retomber une pression qui, on insiste, atteint des sommets sur la fin. Précisons que vous la verrez après cinq bonnes heures de jeu, un peu plus si vous cherchez toutes les photos. Et vous pourrez vous y relancer afin de découvrir un autre ending. Sachez que cette version physique (distribuée par Koch Media) embarque le contenu du DLC Good Boy, lequel se concentre sur Bullet, avec de nouveaux choix esthétiques et de nouvelles interactions, comme lui filer des croquettes.

Sur PC, Blair Witch était très joli. Sur PlayStation 4 standard, c’est évidemment moins reluisant, mais ça reste tout de même satisfaisant. Certaines textures bavent, mais très peu. Surtout, on a été vite rassuré au sujet des effets de lumière, importants dans cette expérience. Ils parviennent à bien soutenir une ambiance bluffante, qui a su terroriser votre humble chochotte serviteur. La direction artistique fait un sans-faute, on finit par se persuader d’être réellement perdu dans des bois, de tourner en rond. Glaçant. Quant à l’ambiance sonore, elle est à l’avenant. On vous conseille chaudement d’enfiler votre meilleur casque, et d’y jouer dans la pénombre. Là, chaque branche qui se casse, le moindre oiseau qui provoque un mouvement de feuillage, vous vaudra un nouveau cheveu blanc. Préparez la teinture, vous allez en être recouvert…

Note : 15/20

Blair Witch est un bon moyen de se replonger dans l’univers créé avec le film de 1999. Plus jeu d’aventure à saveur d’enquête, que survival horror pur et dur, l’expérience va vous faire tourner en bourrique dans des bois aussi terrifiants qu’impressionnants. Il est simplement dommage que l’expérience soit un peu courte, et que le joueur ait trop de moyens de communiquer avec l’extérieur, ce qui peut parfois faire baisser la tension de plusieurs crans. Mais il suffit que le chien commence à grogner pour que le palpitant reparte à la hausse, et pas qu’un peu lors d’un final qui se pose comme le meilleur moment de frousse de tous les jeux signés Blooper Team…

7/10

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