[Test] Deliver Us The Moon : on a marché sur la Lune

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : KeokeN Interactive
  • Editeur : Wired Productions
  • Date de sortie : 24 avril 2020
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Deliver Us The Moon évite les pièges du walking simulator

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Deliver Us The Moon nous plonge dans une science fiction réaliste.

Fruit d’un financement participatif mené à son terme voilà plusieurs années, Deliver Us The Moon a tout du projet un peu casse-gueule. Tout d’abord son genre : le walking simulator, plus vraiment en odeur de sainteté depuis quelques temps tant il a peiné à se renouveler. Ensuite, son contexte. Un soft qui pose sa situation dans l’espace doit être techniquement assez irréprochable s’il veut permettre au joueur de rejoindre les étoiles. Après une parution remarquée sur PC, avec une majorité d’évaluations très positives sur Steam, on pouvait tout de même se rassurer. Bonne nouvelle : le titre débarque sur consoles, édité par Wired Productions et distribué par les bons soins de Just For Games. Là encore le résultat s’avère satisfaisant.

Deliver Us The Moon se veut donc un jeu qui met le focus sur le voyage qu’il propose, plus que sur son gameplay. Une aventure très narrative, mais qui vous laisse tout le loisir de la maitrise de l’avatar, on n’est pas dans un visual novel purement textuel. Cette précaution liminaire prise, abordons le récit, élément central de l’expérience. Le joueur incarne un astronaute, envoyé en mission sur la Lune. Un objectif qui n’a rien du trip touristique, puisque l’avenir de la Terre est en jeu, rien de moins que ça. En effet, l’histoire nous plonge en plein futur proche, en l’an 2059. Et le moment n’est pas à la détente : la planète vit une véritable apocalypse énergétique, couplée à un réchauffement climatique dramatique. Après des années à avoir nourri l’espoir d’exploiter les ressources de notre astre lunaire, notamment le très prometteur Helium-3, le projet tomba à l’eau suite à une coupure de communications qui a mis fin à cette colonisation pourtant primordiale pour la survie de l’humanité. Il est donc de votre responsabilité que de vous rendre sur place et de découvrir ce qu’il s’est passé vingt-sept ans en arrière.

Deliver Us The Moon peut effectivement compter sur un scénario plutôt intéressant, même s’il n’évite pas quelques petites facilités, toutes concentrées dans la deuxième moitié du cheminement. Rien de bien grave, et surtout rien qui puisse nous sortir de ce bon récit science-fictionnel plus intense qu’il n’y parait. On pouvait avoir peur de se retrouver face à un simple thriller dans l’espace, et ce n’est pas spécialement le cas. La situation post-apocalyptique et réaliste fonctionne bien, on lit une flopée de documents (écrit ou oraux) qui rendent bien compte de ce qui peut se tramer dans l’esprit d’un personnel tiraillé par une problématique qui les dépasse. Cela s’imbrique bien dans l’histoire principale qui, elle, tire plus du côté de l’enquête. En véritable détective de l’espace, notre avatar va fouiller des environnements prétendus sans vie, et découvrir le pourquoi de la déliquescence ambiante. On traverse des lieux où le temps semble s’être arrêté soudainement, avec parfois un peu trop d’évidence, cela manque de routes secondaires, mais on y croit quand même. Excellent point côté narration : l’entièreté des sous-titres est traduite en français, et avec soin.

Ahaaahaaahaaahaaa en apesaaaanteeeeeeur

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Certaines phases diversifient le gameplay.

Deliver Us To The Moon s’adresse donc aux joueurs qui misent avant tout sur l’histoire, ce qui ne signifie pas que le studio de développement KeokeN Interactive a sous-pesé l’importance de son gameplay. On est même agréablement surpris dans un premier temps : on passe de phases à la troisième personne certes très basiques mais largement jouables, à d’autres en vue subjective plus intéressante. En effet, le récit va vite vous propulser dans des endroits où la pesanteur est devenue une simple plaisanterie. Et là, on pouvait avoir peur de l’effet Descent, ce jeu sorti sur PlayStation en 1995, qui nous procurait des maux de bide que seule la mauvaise réalité virtuelle a su reproduire. Ici, il n’en est rien, et tout est fait pour que le point de vue reste maitrisé par le joueur, notamment grâce à la fine utilisation des gâchettes. C’est dans cette position flottante que l’on se remémore que l’espace n’est pas un lieu amical, dès lors il va falloir se ruer sur la moindre réserve d’oxygène, du moins quand le système de sécurité est hors service.

Là, ça commence à se gâter : Deliver Us To The Moon propose une difficulté mal dosée. Si la plupart des puzzles restent assez faciles à résoudre, d’autres séquences nous ont poussé dans nos retranchement, mais sans que cela ne soit motivé par un réel besoin du jeu. Plusieurs moments vous jettent sur la brèche, avec une tension étonnante, mais cela manque de cohésion. Ainsi, on se retrouve avec des pics de difficulté parfois décourageants, avec le besoin de s’en tirer à la seconde près. De plus, on regrette des menus pas hyper intuitifs pour les consoles. Dommage, car d’autres éléments relèvent le niveau. On apprécie par exemple l’utilisation du laser découpant, lequel nous ouvre des voies ou des coffres à oxygène. Ou encore les moments plus spéciaux, comme le déclenchement de la fusée en tout début de cheminement, ou la prise de contrôle d’un ASE. Le soft ne propose pas non plus des dizaines de mécaniques, mais ce qu’il propose reste correct à la fois dans la prise en mains et la mise en situation.

La durée de vie de Deliver Us The Moon se situe dans la moyenne haute du genre walking simulator : pour le terminer, comptez sur quatre à cinq heures de jeu. Cela dépendra évidemment de votre propension à vous arrêter pour regarder les décors, ou encore à trouver tous les documents à lire. Techniquement, le résultat est, là encore, digne de ce qu’on peut attendre d’une telle production. Certes, les textures prennent leur temps pour s’afficher, et le crénelage reste visible ici ou là, mais globalement cela reste honorable. On apprécie tout particulièrement le niveau de détail des différentes salles traversées, qui font naitre l’impression que la vie a pu s’y développer. L’ambiance sonore figure au rayon des qualités, malgré quelques bugs de déclenchement. On pense surtout aux doublages anglais, convaincants au possible.

Note : 14/20

Deliver Us To The Moon parvient à nous séduire, et ce malgré les réticences que nous émettons sur le genre du walking simulator. Le studio KeokeN Interactive a su éviter quelques pièges, surtout dans l’équilibre entre narration et gameplay. Le récit se suit très bien, et nous tient en haleine tout au long des cinq heures qu’il nous a fallu pour en voir le bout. On émet tout de même une poignée de regrets, surtout centrés sur quelques phases bien trop difficiles, mais globalement on reste tout de même assez positif : c’est un bon trip spatial, et sous-titré en français, qui vous attend.

7/10

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