[Test] Skelattack : une belle petite surprise de la part de Konami

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Ukuza
  • Editeur : Konami
  • Date de sortie : 2 juin 2020
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Skelattack propose un challenge sympathique

image gameplay skelattack
Skelattack peut compter sur un univers séduisant.

La communication coup de poing, celle qui s’annonce au dernier moment comme pour mieux marquer les esprits, est de plus en plus répandue depuis quelques années. On l’a vu notamment très à l’œuvre dans le domaine de la musique, avec par exemple une Beyoncé très friande de ce concept. Dans le jeu vidéo, c’est aussi devenue assez courant, on pense à la Collection of Mana qui a étonné un bon nombre de joueurs. Un titre s’ajoute à cette méthode plutôt intelligente, tant de notre point de vue elle écourte au minimum les discussions parfois superflues : Skelattack. Et ce n’est pas n’importe quel éditeur qui en a fait l’annonce : il s’agit de Konami, firme qui manque cruellement au jeu vidéo d’aujourd’hui.

Konami se charge donc d’éditer Skelattack, un jeu indépendant développé par Ukuza, jeune studio (fondé en 2016) dont le précédent fait d’arme est d’avoir publié le très rétro et référencé Epic Loon. Voilà donc un acte à relever : on peut penser que l’éditeur japonais reste, malgré les apparences, proche de l’industrie vidéoludique. Une bonne nouvelle, rassurante, suivie d’une autre : le jeu abordé dans ce test est plutôt sympathique. On fait face à un soft en 2D, qui s’inscrit dans la plateforme avec une forte dose d’exploration et d’action. Vu comme ça, rien de bien original. D’ailleurs, il faut prévenir que ce n’est pas spécialement l’effet recherché par ce titre, et ce même s’il peut compter sur un contexte qui nous sort un peu de l’ordinaire.

Les jeux qui nous placent dans la peau des habituels adversaires ne manquent pas. On pourra citer Dungeon Keeper, Demon’s Crest ou encore toutes les productions mettant en scène Wario. Skelattack se situe dans ce mouvement, en voulant retourner le concept du D-RPG, ou Dungeon-crawler. Dans les faits, cette note d’intention vaut surtout pour le contexte scénaristique, beaucoup moins pour le gameplay, et c’est sans doute notre regret le plus clairement formulé. Tout de même, et pour se consoler, l’histoire est assez développée pour nous intéresser. Le joueur incarne Skully (rien à voir avec X-Files), un monstre-squelette accompagné d’une sorte de chauve-souris. Alors que l’on se voit confié la réussite d’un rituel visant à nous faire retrouver nos souvenirs, notre lieu de vie (ou plutôt de mort) est attaqué par des aventuriers, lesquels veulent s’emparer de la Flamme Bleue, un objet protégé par la communauté des méchants. Tout cela s’avère réussit, même si l’on reprochera tout de même quelques dialogues qui s’éternisent, surtout aux deux extrémités de l’expérience. Aussi, sachez que les sous-titres sont assurés uniquement en anglais.

Quelques regrets, mais globalement une bonne surprise

image test skelattack
Le level design se fait vertical et maitrisé.

Skelattack peut donc compter sur un bon contexte, malheureusement le gameplay se fait moins aguicheur. Entendons-nous bien : il reste largement satisfaisant, et la prise en mains agréable. C’est juste qu’on espérait plus de mécaniques qui puissent exploiter la situation de l’anti-héros. Dans les faits, on pourrait très bien se passer de cette personnalité et remplacer Skully par un aventurier lambda, on n’y verrait que peu de différences. Passé cette retenue, le soft peut heureusement compter sur d’autres qualités. Une fois l’épée récupérée, on peut enfin se défendre, un peu mollement dans les impacts mais avec assez de précision, et pourfendre les ennemis. On pourra donc s’enfoncer dans chacun des six niveaux, lesquels font preuve d’une certaine maitrise du level design vertical (le saut mural prenant ici une importance capitale), et surtout ont tendance à savoir se renouveler. C’est ici un très bon point : si l’on avance assez rapidement dans cette quête (merci les points de sauvegarde), Ukuza a tout de même pensé à bien rythmer l’expérience, de sorte que chaque nouvel environnement réserve un élément de gameplay à découvrir. Et certains vous surprendront, on tient les paris.

On avance vite certes, mais cela ne signifie pas que Skelattack serait trop facile. Loin de là. Les phases de plateforme, au sein des chemins principaux, sont déjà parfois corsés, mais attendez-vous à encore plus de challenge dans les recoins les mieux cachés. Car oui, le jeu vous demandera de rester concentré pour que, à l’image de ce qu’on trouvait dans la regrettée licence Castlevania, certains murs puisse révéler des passages secrets garnis de trésors. À cela, on ajoute un système d’évolution de l’avatar. En effet, Skully va récolter des cristaux bleus, monnaie d’échange pour glaner des améliorations. Et vous savez quoi ? Mais oui vous la voyez venir la mécanique Souls-like : quand vous mourrez, retour au checkpoint mais délesté de vos cristaux, lesquels pourront être récupérés sur le lieu de l’échec. Certes, cela sent le réchauffé, mais dans les faits le game design se fait assez équilibré pour qu’on ne s’ennuie pas, manette en mains. Et c’est là l’essentiel.

Skelattack peut aussi compter sur une direction artistique plutôt séduisante, même si les environnements ont un peu de mal à se renouveler. On apprécie tout de même pas mal l’univers, notamment au village où les amis de Skully instaurent une ambiance vraiment charmante. Par contre, le character design des ennemis ne brille pas vraiment, et les boss ne restent pas spécialement en mémoire (tout comme leurs combats). Sinon, la pure technique reste d’un bon niveau, avec des textures propres et une fluidité jamais réellement mise à mal. Quant aux musiques, signées par Jamal Green (que nous découvrons à cette occasion), elles restent bien dans le ton délirant du scénario. Cependant, on peut leur reprocher une boucle assez courte, qui créé un sentiment de répétition sur la longueur.

Note : 14/20

Dans le genre bonne petite surprise sortie de nulle part, Skelattack se pose là. Certes, il ne faut pas en attendre monts et merveilles, et l’on pourra regretter que le récit n’impacte pas plus les mécaniques de gameplay. Mais si vous êtes en recherche d’un jeu de plateforme au level design plutôt finaud, au challenge marqué juste ce qu’il faut, et à la prise en mains agréable, alors le soft édité par Konami vous tend les bras.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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