[Test – Playstation 4] The Deadly Tower Of Monsters : une bonne petite série B

image the deadly tower of monstersCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Puzzle, Plateforme
  • Éditeur : Atlus
  • Développeur : Ace Team
  • Sortie : 19 janvier 2016

Test

Cela ne date pas d’hier, on sait à quel point une bonne partie des développeurs de jeux vidéo sont des cinéphiles accomplis. Et le septième art a une véritable influence sur le secteur vidéoludique, on l’observe notamment avec le phénomène des adaptations sous licences, qui ont débarqué dans ce secteur quasiment dès sa naissance. Avec The Deadly Tower Of Monsters, c’est un studio chilien, Ace team (Rock Of Ages, Zeno Class, Abyss Odyssey), qui nous donne raison, et d’une manière bien agréable… du moins si vous aimez le cinéma de série B.

Histoire : 5/5

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Image issue du Playstation Share.

C’est sans doute la grande force de The Deadly Tower Of Monsters : l’ambiance qui s’en dégage est carrément passionnante. Dès les écrans de titre, on s’aperçoit qu’une voix-off accompagne l’action figurant à l’écran. En effet, le jeu est un trip cinéphile : vous êtes entrain de jouer à un soft qui, dans le concept, est en fait un film de série B à l’ancienne, lequel se joue en plein pendant l’enregistrement d’un commentaire audio en vue de la sortie en DVD. Pas de panique, vous jouez bel et bien un personnage, et ce parmi trois, dont deux que vous pourrez « récupérer » en cours de route.

The Deadly Tower Of Monsters nous plonge en pleine décennie 1970 (voire 1960 et 1950 sur certains clins d’œil), avec un vrai-faux film qui, surtout, permet au jeu de se trouver un scénario certes sciemment décousu mais surtout hyper référentiel. En gros, Dick Starspeeds atterri malencontreusement sur la planète Gravoria. Là, un odieux Empereur a un plan machiavélique (normal, c’est le méchant), mais c’est sans compter sur l’équipe de héros qu’on incarne vaillamment. Dick Staspeeds bien sûr, mais aussi Scarlett Nova, fille traitresse de l’Empereur, et Robot, dont tout le concept est dans le nom, et ces trois-là vont devoir destituer le vil monarque. Ce ne sera pas facile que d’atteindre ce bien vil antagoniste : il va falloir se rendre au sommet de la tour, au plus haut des étages. Et l’assistant de l’Empereur, un professeur pas si fou, a conçu moult pièges pour ne pas que cette ascension soit une partie de plaisir.

King Kong, La planète des singes, La mouche, on ne va pas tous les invoquer mais si, comme nous, vous êtes des fans absolus du cinéma fantastique, et que vous êtes du genre à vous perdre dans les dédales de son Histoire, alors The Deadly Tower Of Monsters va vous régaler. Le trip « commentaire audio » fonctionne très bien, de sorte que ce qu’on joue trouve quasiment en permanence un écho, par la voix de ce Roger Corman de pacotille qui nous balance des vraies-fausses anecdotes marquées du sceau du possible. En effet, Ace Team maîtrise clairement son sujet, tant certains bavardages nous paraissent parfois crédible (mais tout le temps poussés à l’extrême), et on se prend parfois à s’arrêter de jouer pour écouter plus posément. C’est d’ailleurs le seul regret qu’on a : jouer et lire les sous-titres (en français, top !) est une aventure parfois périlleuse. Moins que d’être projeté au volant d’une bagnole en lisant des caractères minuscules (n’est-ce pas GTA 5 ?), mais cela peut poser quelques soucis, surtout en plein combat.

Gameplay : 3/5

image ps4  the deadly tower of monsters
Image issue du Playstation Share.

The Deadly Tower Of Monsters est à fond dans la (bonne) mode des jeux à level-design vertical. Comme Grow Home, il va falloir grimper, mais ici sans travail effectué sur la notion d’escalade. En effet, Ace Team a mis le focus sur l’impression de cheminement, en cela le titre que nous abordons ici est bien plus un jeu d’aventure que le très bon soft d’Ubisoft. Aller plus haut, comme le hurlerait Tina Arena, mais en se débarrassant d’ennemis et autres pièges manigancés par le pernicieux Empereur. Qui dit adversaire dit armes, et bien vite le joueur va s’en voir fournir : instruments de combats à distance ou au corps-à-corps, l’arsenal est assez large (rayon Tesla, laser, mitrailleuse, couteau, masse, épée, fouet etc) pour permettre de se sortir de toutes les situations. Attention tout de même à bien choisir votre équipement lors des passages au coffre, car vous n’en porterez que quatre à la fois : deux flingues et deux armes de mêlée.

Les instruments de combat sont évolutifs, en cela The Deadly Tower Of Monsters propose une vraie progression. Aussi, le joueur pourra modifier ses capacités, en se rajoutant de l’énergie, ou de la puissance par exemple. Il faudra pour cela récupérer de l’or, sur les cadavres ou dans les éléments destructibles du décor, mais aussi compter sur un loot pas toujours très clair concernant les rouages, ces éléments permettant de faire évoluer l’armement. Si certaines de ces petites roues dentées se trouvent en farfouillant la tour, ce qui d’ailleurs donne un vrai relief à l’exploration, d’autres apparaissent parfois sur les cadavres, mais sans grande logique.

La caméra fixe de The Deadly Tower Of Monsters est plutôt efficace dans l’ensemble, même si on l’aurait préféré manuelle à certaines occasions, notamment lors de la très sympathique feature de la visée en contrebas. Cela fonctionne bien, mais c’est parfois un peu pénible de se déplacer dans cette vue en totale plongée. The Deadly Tower Of Monsters fait preuve d’idées, d’envie, mais tout ne se concrétise pas correctement. On aurait apprécié plus de passages qui demandent l’intervention des particularités d’un personnage en particulier. Par exemple Scarlett Nova débloque, au fil du soft, la capacité de sprint, mais finalement l’utilise assez peu. Aussi, les combats peuvent paraître un peu légers, faciles écrirons-nous, et l’on regrette l’absence d’un mode de jeu difficile. Mais, mis à part ces retenues, The Deadly Tower Of Monsters est fun à prendre en mains, et se parcourt non sans plaisir..

Technique et ambiance sonore : 4/5

image playstation 4 the deadly tower of monsters
Image issue du Playstation Share.

Tout comme Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez, Ace Team a décidé d’adapter le visuel de The Deadly Tower Of Monsters à ce qu’on peut attendre d’un film de série B. Si cela reste propre la plupart du temps, le studio s’amuse à imprimer un style plaisant (le passage des traces de doigt à l’écran, car le réalisateur voulait enlever une poussière sur l’objectif, nous a fait hurler de rire), même s’il tente de cacher des baisses de framerate pourtant évidentes. On pense aux phases de chutes libres, où l’on perd pas mal en fluidité, sans pour autant que cela ne se répercute sur le gameplay bien heureusement. On a aussi rencontré quelques petits bugs d’affichage, mais rien de véritablement notable. La direction artistique est un ravissement pour les yeux : tout est calculé pour qu’on ait cette impression de délicieuse grossièreté. Et notons que le joueur peut opter pour une option visuelle « DVD », qui retire tous les effets de dégradation de l’image. Nous, on préfère les laisser, mais donner le choix est toujours une bonne chose.

Aux compositions de The Deadly Tower Of Monsters, on retrouve le nom de Patricio Meneses, un habitué des travaux de Ace Team. Les morceaux, de bonne voire très bonne qualité, nous ont paru parfois un peu trop « lisses » pour coller au trip « film de série B fauché ». Mais qu’à cela ne tienne, difficile de bouder notre plaisir tant l’artiste a compris les différentes sonorités qu’on attend dans une bande originale de ce type. Signalons aussi son gros travail sur les différents bruitages, on pense évidemment aux armes qui possèdent bien ce rendu sonore typique de la science-fiction d’autrefois. Impossible de ne pas aborder le travail de l’acteur qui double, en anglais, la voix-off du réalisateur. Le jeu est absolument parfait du début à la fin, et l’on a parfois l’impression de réellement vivre un commentaire audio signé par un metteur en scène pour le moins comique.

Durée de vie : 2/5

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Image issue du Playstation Share.

Quel dommage que de voir la fin de The Deadly Tower Of Monsters en à peine six heures de jeu ! On aime tellement le concept qu’on en voudrait encore plus, notamment en terme d’exploration, d’objets à dénicher, de secrets à révéler etc. Las, le soft vous dévoilera sa fin (pour le moins précipitée) un peu trop rapidement, et rien ne vous poussera réellement à y revenir par la suite.

Note finale : 14/10

The Deadly Tower Of Monsters offre quelques heures de fun, qui fonctionnent surtout grâce à l’ambiance savoureuse qui se dégage tout au long du jeu. Véritable ode au cinéma de genre des années 1970, le soft s’adresse aux cinéphiles, qui y trouveront toute une flopée de références qu’on aime à remarquer. Seule ombre au tableau, le contenu nous a paru trop juste, surtout en rapport du concept qui pousse à l’exploration. Pas de quoi oublier les très bons moments passés dans ce jeu, avec ce commentaire audio très inspiré. On en aurait aimé plus, pourquoi pas dans une suite…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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