[Test] Chasseurs de Trolls Protecteurs d’Arcadia : un platformer pour tous

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : WayForward
  • Editeur : Outright Games
  • Date de sortie : 25 septembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Chasseurs de Trolls a droit à une adaptation appliquée

image gameplay chasseurs de trolls
Chasseurs de Trolls assure un gameplay prudent mais solide.

Sans doute moins populaire que sa carrière cinématographique, la production littéraire de Guillermo Del Toro a tout de même de l’intérêt. Après The Strain, dont l’adaptation en série live n’a pas convaincu grand monde (et pas du tout votre dévoué serviteur), un autre de ses romans a eu l’honneur de se voir projeté sur petit écran. C’était en 2016, et cette fois-ci du côté de l’animation : Netflix a lancé Chasseurs de Trolls, un projet ambitieux que le réalisateur Mexicain imaginait déjà suivi d’autres récits interconnectés. Alors que le grand final est désormais annoncé pour 2021, sous forme d’un long métrage animé, il semble que c’est le moment parfait pour lancer un jeu vidéo inscrit dans cet univers. Distribué par Bandai Namco Entertainment, et édité grâce aux bons soins d’Outright Games (décidément spécialisé dans ce genre d’exercice), le projet est le fruit d’un studio que l’on connait bien : WayForward, dont le titre de gloire reste Shantae. On pouvait donc espérer un résultat apte à au moins satisfaire le public visé, et c’est plutôt le cas.

Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia s’adresse notamment aux joueurs qui ont suivi les aventures de Jimmy Dulac. L’histoire trouve tout son intérêt si vous connaissez les tenants et aboutissants de la série animée, ici au moment de faire le lien entre les trois piliers de la licence. Chasseurs de Trolls donc, mais aussi Le Trio Venu d’Ailleurs et Mages et Sorciers. On retrouve donc Jimmy en assez mauvaise posture, transformé lui-même en une sorte de mix entre un garçon et un troll. Alors qu’une période plus paisible semblait s’installer, un nouveau danger pointe le bout de son groin malfaisant. Porgon, un troll qui se présente en tant que pirate, a apparemment trouvé le moyen de voyager à travers les époques, ce qui va mettre un sacré boxon dans les différentes lignes du temps. Vous voilà donc embarqué dans une nouvelle aventure pour mettre à jour la véritable menace et sauver le monde. Un récit qui vous mènera notamment sur Akiridion-5, mais aussi d’autres lieux que les habitués connaissent bien. Et le tout sous-titrée en français, s’il vous plaît.

On avançait, plus haut, que Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia s’adresse notamment aux fans de la licence. Car oui, il faudra avoir les références pour capter les nombreux clins d’œils et liens entre les différentes séries. Par contre, il nous parait essentiel de signaler à quel point WayForward a visé un gameplay ouvert pour le grand public. Il faut le souligner : on fait face à un jeu de plates-formes facile d’accès, avec quelques éléments qui nous sortent du cheminement linéaire habituel au genre. Ainsi, on reviendra parfois au Marché des Trolls, lieu qui fait office de hub où l’on peut acheter (et stocker dans l’inventaire) des objets de type recouvrement d’énergie et autres. C’est aussi ici que l’on acquiert de nouvelles armures, lesquelles offrent évidemment des effets intéressants comme plus de puissance ou un rab d’énergie.  On pourra aussi s’adonner à deux mini-jeux. Le lancer de nains, ces derniers servant de munition afin d’exploser des cibles mouvantes. Et le Sushi à Gogo, dans lequel il faut empiler les bons aliments sans en faire tomber.

Pour les fans, mais aussi les jeunes joueurs

image test chasseurs de trolls
On retrouve la direction artistique de la série.

La structure de Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia se fait assez solide, même s’il manque peut-être l’idée en plus qui donnerait au game design une dose d’originalité. Mais on comprend vite que le but de WayForward est surtout d’assurer l’essentiel. On est donc projeté dans des niveaux globalement assez simples, au level design prudent. Ce travail précautionneux n’est pourtant pas pensé au détriment des joueurs visés, car ceux-ci pourront tout de même profiter de mécaniques attrayantes. Dans les stages, on saute, on attaque au corps-à-corps. Plus tard, deux autres mouvements se débloquent : un lancer de lames-boomerang, tout autant utile pour les combats que pour atteindre des interrupteurs hors de portée, et un dash qui, certes, produit des dégâts, mais sera surtout utile afin de briser des caisses. À cela, ajoutons des aptitudes qui prennent la forme d’alliés. Ils vous apporteront de quoi mieux atteindre des endroits inaccessibles, et d’autres choses que l’on vous laisse découvrir.

Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia cherche aussi à créer de l’intérêt pour une forme d’exploration. Alors certes, on n’est pas dans un Metroidvania et les joueurs expérimentés trouveront tous les objets à collecter en peu de temps. C’est ici que l’on sent encore plus que la cible se trouve être les enfants, ceux qui vont sans doute découvrir ce genre de concept avec cette expérience. Pour eux, ce soft nous paraît assez idéal afin de se faire la main, de comprendre les codes de la plate-forme. On récupère donc des chaussette plus ou moins bien cachés, et des nains de jardin vivants, lesquels ne se laisseront pas attraper de leur plein grès. Cela afin d’atteindre le 100% bien entendu, mais aussi de débloquer des niveaux au mini-jeu de lancer de nains, ou encore d’échanger les soquettes contre des objets utiles. Tout cela fonctionne bien, c’est un peu moins le cas des phases de boss, peu nombreuses mais manquant de punch. Les patterns se font trop lisibles, pas assez inattendues. La difficulté, d’ailleurs, reste limitée, comme attendu dans ce genre de production. L’aventure se boucle en quatre à cinq heures en mode Normal, mais pour empocher le trophée de platine il faudra se relancer dans un run en Difficile.

Techniquement, Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia n’est pas un foudre de guerre. On observe des baisses de framerate, des bugs de collision, ça scintille un peu, et les temps de chargement abusent de notre patience. Non, on ne fait pas face à une gigantesque production, par contre la direction artistique de la licence est respectée à la lettre. Donc les fans vont retrouver tout le charme de l’œuvre imaginée par Guillermo Del Toro, ce qui est un très bon point. Aller, on pourra noter aussi que les niveaux manquent d’animations, mais globalement ça reste correct. Par contre, le constat est moins positif pour le domaine sonore. Si l’on apprécie que les voix d’origine soient conviées à la fête, les musiques se révèlent certes agréables, mais bouclées trop court, du coup un effet de répétition se fait sentir.

Note : 13/20

Chasseurs de Trolls : Protecteurs d’Arcadia rejoint les rangs des adaptations qui parviendront à charmer la cible visée. Celle-ci se trouve être large : cela va des fans de la licence, aux plus jeunes joueurs qui pourront découvrir le genre de la plate-forme dans de bonnes conditions. L’histoire fait le lien entre les trois branches du récit bien connu des amateurs, et le gameplay se concentre sur l’assurance d’être digéré par le plus grand nombre. Certes, les plus expérimentés vont le parcourir sans aucune difficulté, mais il faut garder en mémoire qu’ils ne sont les seuls à empoigner une manette…

6/10

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