article coup de coeur

[Test] Ori and the Will of the Wisps : un hit très bien porté

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Moon Studios
  • Editeur : Xbos Game Studios
  • Date de sortie : 8 décembre 2020
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Ori tout feu tout flamme sur Nintendo Switch

image gameplay ori will wisps
La direction artistique est une merveille.

Paru en 2015, Ori and the Blind Forest a fait l’effet d’une bombe. Si le développement de ce titre était suivi de près par les amateurs de jeux indépendants, c’était moins le cas pour le cas pour le grand public, et pourtant on tenait là l’un des titres les plus marquants de la précédente génération. Avec ses environnements enchanteurs, qui ne devaient pas faire oublier le caractère très tranchant du challenge, ce jeu de plate-formes et d’aventure, aux airs prononcés de Metroidvania, a même longtemps sauvé la Xbox One de la torpeur totale. Quelques années plus tard, la Nintendo Switch l’a accueilli, ce qui n’a pas manqué de surprendre tout le monde. Aujourd’hui, c’est Ori and the Will of the Wisps, sa suite, qui débarque. Et toujours avec le même soin qui en fait un portage certes techniquement un chouïa moins à l’aise que sur les autres plateformes, mais incroyable pour une console en partie nomade.

On retrouve donc Moon Studios au développement, et Xbox Game Studios à l’édition (Just For Games s’occupe de la distribution), ce qui ne manque pas de faire réagir au lancement du jeu. Bien vite, on oublie et Ori And The Will of the Wisps se dévoile alors. Il s’agit d’une vraie suite, pas d’une simple reprise de l’univers, donc le scénario pourra paraitre peut-être un peu abrupte au tout début. Pourtant, l’écriture pend bien soin d’introduire la problématique de cet opus : on retrouve le petit esprit lumineux, toujours sur le pont pour aider ses amis, et ici tout particulièrement la chouette (l’animal, pas l’adjectif) Kun. Son problème : elle n’arrive pas à s’envoler. Mais une plume magique va bientôt permettre à notre duo de rejoindre les airs, dans une séquence d’ailleurs assez surprenante côté gameplay. Puis c’est le drame : une tempête sépare le duo, et voilà notre Ori délesté de tous ses pouvoirs. Si le cheminement préserve une tonalité aussi merveilleuse qu’épique, la mélancolie est elle moins présente. Rien de bien grave, on est tout de même très passionné au long de ces pérégrinations toujours aussi oniriques. Et c’est sous-titré en français soigné.

Ori and the Will of the Wisps débute donc avec un peu plus de fracas, mais on comprend aussi la volonté de Moon Studios de pousser encore plus loin le tempo déjà soutenu du premier opus. En effet, qui dit suite dit nouvelles mécaniques, et ce n’est pas ce jeu qui décevra cette attente. Avant de les aborder, rappelons tout de même ce qui fait le socle de cette licence. Vous allez donc vous mouvoir en toute fluidité sur un plan en 2D, dans des environnements qui ne manqueront pas de mettre votre dextérité à l’épreuve ainsi que votre concentration. Le petit esprit que nous incarnons peut se défendre avec des armes qu’il récupérera tout du long. La nouveauté étant que certaines seront plus efficaces que d’autres selon les ennemis. Sa santé se gère par le biais d’une jauge qui se remplira grâce à des orbes, en plus grand nombre qu’auparavant c’est à signaler (et tant mieux !). La carte se fait intelligente et bourrée de secrets, le soft vous demande donc une certaine propension au back-tacking. Sachez, d’ailleurs, que le monde se fait largement plus grand que celui d’Ori and the Blind Forest, c’en est même impressionnant. Enfin, on retrouve les sensations hypers agréables au maniement de l’avatar, même si les Joy-Con se font moins précis qu’un bon pad pro. Le héros répond tout de même au doigt et à l’œil, est capable de prouesses très satisfaisantes.

Un portage exemplaire

image test ori will wisps
Un arc vient s’ajouter à l’arsenal.

Cela sert de base, mais Ori and the Will of the Wisps est tout le contraire d’une suite fainéante. Tout d’abord, il faut signaler une nouvelle forme du système de compétences : ce sont désormais des PNJ qui vous les livreront, au fil de vos rencontres. Il faudra maintenant rejoindre des points précis quand on veut obtenir un nouveau skill ou l’améliorer. C’est un peu étrange au début, on se dit qu’on perd en sensation de liberté, mais au final le level design est si soigné que la fluidité de l’expérience ne s’en trouve pas trop impactée. On l’a écrit plus haut : les armes se font bien plus importantes qu’auparavant, il faudra véritablement penser votre arsenal en fonction de l’adversité, sinon vous allez aux devants de désillusions fatales. On a dorénavant droit à un marteau des plus puissants, à des boules de feu, à un arc quand il faut faire preuve de rapidité (contre certains boss, vous allez comprendre). Ainsi, c’est toutes le feeling des combats qui est revu à la hausse tant il gagne en richesse. Et attention à bien penser en terme de diversité, car vous ne pourrez embarquer que trois possibilités, toutes associées à une touche, ce qui s’avère agréable à gérer même dans les moments les plus délicats. Bien sûr, Ori gagne aussi en mouvements, tous acquis au fil du cheminement. On vous en laisse le plaisir de la découverte (ah, le sable…), mais sachez que toutes ces originalités ne font que bonifier un tableau déjà très généreux en qualités.

Qui dit carte plus grande, dit contenu plus impressionnant. C’est bel et bien le cas : Ori and the Will of the Wisps se fait plus long que son prédécesseur. Cette fois-ci, il vous faudra une douzaine d’heures pour en voir la fin presque en ligne droite. Mais nous vous conseillons de prendre votre temps, de bien farfouiller des décors qui n’attendent que ça. Vous y trouverez les fragments spirituels, nécessaires pour les compétences,mais aussi les éléments nécessaires à la reconstruction d’un village nommé Clairières de la Source, assez important car il permet de retrouver marchands et PNJ fournisseurs de quêtes secondaires. Celles-ci, d’ailleurs, viennent évidemment gonfler la durée de vie, même si l’on regrette tout de même un fort caractère Fedex. Il n’est quasiment que question d’aller retrouver un objet à tel endroit de la carte afin de l’apporter à tel personnage. Peu d’intérêt scénaristique donc, mais ces missions se font tout de même assez rémunératrices pour qu’on s’y penche. Notons aussi que les donjons se font plus impressionnants, et le système de sauvegarde heureusement assez bien maitrisé pour ne pas qu’on soit trop puni par l’échec. Au final, ce sont donc vingt bonnes heures que vous pourrez investir dans ce jeu, et sans déplaisir pour le 100%.

Reste l’aspect technique, évidemment attendu. Ori and the Will of the Wisps fut pensé pour des plateformes aux capacités bien supérieures à la Nintendo Switch. Et pourtant, encore une fois, Moon Studios parvient à un quasi-miracle : si les textures se font moins précises que sur Xbox One ou PC, parfois marquées par du crénelage (moins en version nomade, comme souvent), elles restent d’une qualité que l’on voit rarement sur cette console. Et il fallait ça pour ne pas gâcher le gigantesque travail sur une direction artistique qui culmine sur les cimes du magnifique. C’est grandiose, avec des effets de lumière féériques, des décors tous imprégnés d’une magie comme peu savent l’appliquer. Ceci jusque dans le character design bien entendu, et plus particulièrement chez les boss, tous mémorables. Enfin, sachez qu’un énorme boulot a été effectué sur la fluidité, avec un 60 fps quasiment constant. Ajoutons que les musiques, toujours signées Gareth Coker, ajoutent énormément à ce constat. On se prendra même parfois à arrêter de jouer le temps de bien profiter de l’une des délicieuses mélodies.

Note : 17/20

Ori and the Will of the Wisps est un hit sur Xbox One et PC, il le reste sur Nintendo Switch ! Cette version, en tous points identiques à celles déjà parues en terme de contenu, a la bonne idée de ne pas dénaturer le matériau d’origine. Si les textures se font parfois moins précises, la fluidité reste impressionnante, et la direction artistique se pose au sommet du mont excellence. Le jeu, donc, se fait toujours aussi bon, moins mélancolique dans son ambiance mais très enrichi en terme de mécaniques. Vous en aurez pour un moment avant d’en voir le 100%, et gageons que vous le désirerez ardemment tant on a envie de rester dans cet univers si enchanteur.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

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