[Test] The Suicid Of Rachel Foster : intéressant mais linéaire

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : One-O-One Games
  • Editeur : Daedalic Entertainment
  • Date de sortie : 9 septembre 2020
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The Suicid of Rachel Foster aborde des thèmes difficiles

image test rachel foster
The Suicid of Rachel Foster rappelle parfois Shining.

Avec l’avènement du jeu vidéo indépendant, survenu voilà quelques années, certains softs se sont donnés comme objectif de se faire « auteurisants ». On se souvient tous de Braid, qui alliait brillamment gameplay passionnant et fond intelligent. Bien d’autres softs ont suivi, pas toujours aussi pertinents, et l’on a même observé une sorte de glissement vers une tonalité parfois un peu dépressive. Qui, aujourd’hui, a envie de ressortir l’abusivement lacrimogène Sea of Solitude, par exemple ? Pas grand monde, et c’est bien compréhensible. Pourtant, certains développeurs continuent de tenter le coup, et c’est le cas avec le studio italien One-O-One Games (ici édité par Daedalic Entertainment), qui nous livre ici un The Suicid of Rachel Foster aux thèmes sans doute plus maitrisés que ce qu’on attendait, mais tout de même plombant.

Évitons de suite tout mystère : The Suicid of Rachel Foster se fait tout de même moins dépressif que fondamentalement dramatique. Le panneau de début de jeu, qui nous prévient quant aux thèmes difficiles abordés par l’expérience (relation pédophile, viol), conseille aussi aux joueurs possiblement en état de choc post-traumatique de consulter le médecin adéquat. Sage précision, on valide. Cela a aussi la qualité de de suite installer un contexte : on s’apprête à vivre une histoire éprouvante, du moins sur le papier. Le joueur incarne Nicole, une femme dont le père, Leonard, vient de mourir. Il laisse derrière lui un grand hôtel, le Timberline, et nous voilà sur les lieux afin de régler les détails de la vente. Seulement voilà, comme dans Shining une tempête de neige s’installe au dehors, et voilà l’avatar bloqué dans l’immense bâtisse. L’occasion d’enquêter sur le drame familiale qui hante Nicole : son père a entretenu une liaison avec la jeune Rachel, seize ans, laquelle s’est suicidée en se jetant d’une falaise. Signalons ici que l’entièreté du jeu est sous-titré en français, ce qui apporte un confort de jeu indéniable.

The Suicid of Rachel Foster raconte une histoire hautement dramatique, et avec un certain soin pendant les trois quarts de l’intrigue. Les débuts, tout particulièrement, sont très prometteurs. La narration se fait maitrisée, et se met en place une relation avec une sorte de buddy nommé Irving, par le biais des téléphones. Oui, cela rappellera aussi une certaine séquence de Shining, film ayant clairement servi comme référence dans l’ambiance de certains passages. Par contre, on peut estimer que cette relation à distance, parfois rassurante, peut nuire à l’atmosphère inquiétante, mais on comprend tout de même que le but n’est pas spécialement d’effrayer le joueur. Ce n’est pas un survival horror. Il n’est pas question de copier l’œuvre de Stanley Kubrick, entendons-nous bien, même si l’on ne peut que se dire qu’on a déjà vu ces toilettes aux murs immaculés de rouge. Le récit se construit bien, l’ambiance se fait de plus en plus sobre, mais la dernière partie se fait moins marquante à cause d’explication un peu déceptives. On n’en dira pas plus.

Une linéarité trop prononcée

image gameplay rachel foster
L’atmosphère se fait parfois mémorable.

Côté gameplay, The Suicid of Rachel Foster peut se décrire comme un walking simulator. Il faut donc être conscient que l’histoire, les détails de celle-ci découverts par le biais de notes, ou encore l’écriture des personnages, constituent les premières forces de l’expérience. Tout se déroule en vue subjective, et le personnage se déplace à vitesse vraiment, mais vraiment lente. Il s’agit du principal regret que nous émettons : le rythme se fait trop peu soutenu, et c’est principalement dû à des mouvements d’une rare mollesse. On a bien droit à une poignée de mécaniques intéressantes, comme ce micro qui permet d’entendre des sons trop étouffés pour l’oreille humaine. Mais les énigmes restent quand même très basiques. Ce qui n’est pas forcément un mal, d’ailleurs : cela permet de se concentrer sur le cheminement de l’héroïne. On observe des objets importants, on utilise une carte pour se diriger, on opte pour des réponses dans les dialogues avec Irving, et l’on doit même faire attention à l’heure à laquelle on se lance dans l’exploration de certaines pièces, car l’atmosphère change du tout au tout. On se sent donc tout de même actif, mais cela reste clairement une aventure très linéaire.

The Suicid of Rachel Foster se boucle en trois heures, peut-être un peu plus si vous êtes du genre à prendre votre pied dans le contemplatif. C’est court, et il ne faut pas compter sur une quelconque rejouabilité. L’expérience vous occupera donc une bonne soirée. Techniquement, le soft n’est pas assez soigné dans les détails, même si l’on a grandement apprécié la direction artistique. Elle rend le tout crédible, mémorable, on se souvient bien de chaque pièce. Par contre, les textures se révèlent parfois très baveuses. Et les bugs de collision avec certains objets font mauvais genre. Aussi, on ajoute malheureusement des bruitages qui se déclenchent parfois sans logique visuelle, des musiques dont la présence ne se justifie pas, et un mixage trop approximatif.

Note : 13/20

The Suicid of Rachel Foster se destine avant tout aux joueurs qui recherchent une expérience facile à jouer, à terminer, dont le fond prime sur la forme. Le soft nous raconte une histoire déchirante, plutôt bien écrite pendant la grande majorité du cheminement, avant un final peut-être un peu plus discutable. L’expérience vous occupera pendant une bonne soirée, mais on se doit de vous avertir sur le caractère parfois très dur des thèmes. On se joint aux développeurs : si vous êtes atteints d’un syndrome post-traumatique, il serait sans doute plus prudent d’aborder ce titre avec prudence.

6/10

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