article coup de coeur

[Test] Oddworld Stranger’s Wrath HD : la Switch accueille un jeu culte

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Just Add Water
  • Editeur : Microids
  • Date de sortie : 23 janvier 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Oddworld : Stranger’s Wrath HD reste tout aussi culte sur Switch

image test oddworld strangers wrath hd
Oddworld oui, mais dans une ambiance western très réussie.

Prenons la route, direction quinze ans en arrière. En 2005 donc, la Xbox première du nom peinait à sortir son épingle du jeu, et ce malgré des capacités techniques supérieures à celles de ses concurrentes. Dans ce contexte, on prenait toute nouvelle exclusivité comme un signe du destin. Et voilà qu’une licence, jusqu’ici très attachée à la marque PlayStation, faisait grand bruit. En effet, son studio de développement, Oddworld Inhabitants, lançait une véritable bombe : un nouvel opus qui prenait tout le monde à contrepied. Cette nouvelle itération, Oddworld : Stranger’s Wrath, a durablement marqué les joueurs qui l’ont découvert à cette époque, et ce malgré un bide commercial malheureusement retentissant. D’autres éditions ont suivi, notamment sur PlayStation 3 ou Vita, rattrapant un peu le coup et continuant de faire vivre la légende. En 2020, c’est l’éditeur français Microids qui détient les droits, et voilà qu’il sort une version HD (développée chez Just Add Water) pour la Nintendo Switch, un bien bel événement.

Avant d’aborder ce qui fait l’intérêt de cette édition HD, il est primordial de rappeler les grandes forces du jeu d’origine. Oddworld : Stranger’s Wrath a pris tout le monde à revers, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, son univers. Certes, les fans de la licence savent à quel point cette licence est du genre à marier humour très noire et critique sociale plus finaude que ce qu’on peut imaginer. Aussi, on sait à qu’Oddworld Inhabitants apprécie la digression, et ici elle tourne à plein régime, nous faisant presque oublier la fameuse odyssée d’Abe (enfin, pas tout à fait, mais on vous laisse redécouvrir les liens). Cette fois-ci, le joueur incarne L’Étranger, dans un monde qui a plus à voir avec le western spaghetti que les usines des précédents épisodes. L’avatar est un chasseur de prime, et il hante le pays, de bourgade en bourgade, à la recherche de primes intéressantes. Son but ? Nul ne le connaît, mais le joueur va le découvrir au fil d’un récit toujours aussi prenant, et habité de personnages secondaires inoubliables. Signalons que Microids a tenu à proposer des sous-titres français, ce qui est toujours une qualité non négligeable.

Le gameplay était, et reste toujours aussi surprenant. C’est là une autre des grandes forces d’Oddworld : Stranger’s Wrath HD : la prise en mains s’articule parfaitement entre les codes du westerns et les mécaniques. L’Étranger doit donc partir à la chasse aux bandits, histoire de récupérer des primes. Et, ici, l’adage « mort ou vif » tient toute son importance. Le soft vous fait tout de même rapidement comprendre que plus la cible est vivante, mieux ce sera, comme à la bonne vieille époque de l’Ouest sauvage. Du coup, il ne faut pas s’attendre à la jouer trop bourrin, sous peine de perdre pas mal d’argent. Pour réussir ses missions, l’avatar peut évidemment attaquer, et là on atteint ce qui est l’une des deux grandes particularités du titre : on alterne entre la vue à la troisième personne, et la subjective. La première est idéale pour les phases d’exploration, et la castagne à mains nues. La seconde se plie parfaitement à l’utilisation de l’arbalète, arme qui représente la seconde excellente idée de ce titre.

Un plaisir presque constant, surtout en nomade

image gameplay oddworld stranger's wrath hd
La gestion des munitions restent l’une des forces du jeu.

L’Étranger peut donc balancer des munitions grâce à son arbalète. Mais vivantes. Avant cela, il faut nécessairement récupérer différents petits animaux à droite, à gauche, comme des écureuils ou des putois. Et tous ont leur effet particulier, comme le fait de figer l’adversaire, ou d’exploser. On peut en choisir jusqu’à deux, et alterner entre chacune, ce qui laisse assez de liberté pour bien aborder différentes situations. On est toujours agréablement étonné par l’efficacité de ces deux mécaniques, notamment dans une seconde partie totalement folle. Et cela même si d’autres éléments d’Oddworld : Stranger’s Wrath HD ont fatalement un peu vieilli. On pense au monde, qui se veut ouvert mais qui manque de profondeur, d’activités annexes. Aussi, il va vous falloir vous armer de courage, car la difficulté est aussi de 2005. Cela ne dérangera absolument pas les gamers pas nés de la dernière pluie, au contraire même. Les plus jeunes, eux comprendront à quel point le jeu vidéo d’aujourd’hui est presque devenu inoffensif.

Oddworld : Stranger’s Wrath HD reprend le contenu de base avec exactitude, il ne faut donc pas attendre de nouveaux modes ou de nouvelles missions. Notons tout de même qu’une option gyroscopie a été ajoutée, et elle se révèle plus agréable, plus précise que ce qu’on imaginait. Dans les faits, tout cela se traduit par une durée de vie qui se situe dans la douzaine d’heures pour l’histoire principale. À cela, ajoutons cinq heures de quêtes annexes, et vous atteindrez la complétion. Techniquement, le jeu profite bel et bien de graphismes plus dignes d’une Nintendo Switch, avec des textures qui ne bavent plus, une résolution stable. On note deux modes d’anti-crénelage, avec l’un qui provoque un meilleur framerate. Aussi, on recommande d’y jouer en nomade, c’est dans cette configuration que la superbe direction artistique s’exprime le mieux. Et avec un casque si possible, histoire de profiter des toujours aussi charmants thèmes de Michael Bross. Terminons par des félicitations à Microids, qui a soigné la version physique avec une bien belle Limited Edition. Au programme, un boitier avec effet lenticulaire 3D très efficace, un porte-clé et des stickers.

Note : 16/20

Oddworld : Stranger’s Wrath HD vous propose ni plus ni moins que de (re)découvrir un jeu culte dans de bonnes conditions, sur Nintendo Switch. Le jeu d’origine reste la tuerie qu’il fut à l’époque, tout autant grâce à son univers western déjanté qu’à son gameplay solide. Cette version permet une utilisation particulièrement agréable en mode nomade, et l’on se doit de signaler une édition limitée du plus bel effet. Si vous connaissiez déjà le titre, il vous séduira toujours autant. Si c’est une première, préparez-vous pour une aventure mémorable.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *