[Test] Black Desert Prestige Edition : un MMORPG généreux

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Pearl Abyss
  • Editeur : Pearl Abyss
  • Date de sortie : 6 novembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Pour découvrir Black Desert Online dans les meilleures conditions

image test black desert prestige edition
Black Desert Prestige Edition vous propose une vingtaine de classes.

Si le monde du MMORPG reste impitoyable, force est de constater qu’on perçoit comme une porte qui s’entrouvre de plus en plus. Pris d’assaut par un World of Warcraft régnant sans partage, et ce pendant de longues années, le genre est entrain de se rebeller face à cette domination. Alors que le hit de Blizzard peine à se renouveler, quand il ne déçoit pas carrément (on se souvient de la sortie houleuse de WoW Classic) et perd des fidèles, des outsiders plus qu’intéressants sont sortis sur le marché, on pense en premier à Final Fantasy XIV. S’il ne peut se comparer en terme de nombre de joueurs inscrits, Black Desert Online a aussi su se faire sa place au soleil. Quelques années après sa parution sur PC, et de longs mois après celle sur Xbox One, voilà que l’expérience débarquait sur PlayStation 4 en 2019. Aujourd’hui, elle revient sous le titre de Black Desert Prestige Edition.

Première remarque : on note le changement de sous-titre, mais il ne faut pas s’attendre à une révolution du contenu. Black Desert Prestige Edition propose la même aventure qu’auparavant, mais s’adresse aux joueurs qui voudraient la découvrir maintenant, et avec quelques cadeaux au passage. À ceux-là, on conseille cette sortie car les objets bonus embarqués apportent un vrai confort sur les premières heures. Pour les connaisseurs, voici les bonus de contenu : set premium de gloire de Shudad, pack de valeur (30 jours), kit de support aux améliorations, conseils de Valks, parchemin au message sacré (x15), coffret de perles – 2000. Et, surtout, un familier hyper classe : la Panthère noire de l’édition prestige. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez que tous ces bonus atteignent la valeur de cent vingts euros. Ce n’est pas rien, donc.

Voilà donc de quoi faciliter l’approche pour les novices. Par contre, il faut que ces derniers gardent à l’esprit que Black Desert Prestige Edition est ce genre de MMORPG qui ne concède rien à son joueur. Tout d’abord, son univers ne vous sera réellement attachant que si vous décidez de vous y intéresser. Comprenez par là qu’il n’est pas question de simplement assister à des cinématiques, mais de farfouiller des textes, écouter une tonne de dialogues etc. L’histoire se concentre sur un monde très high fantasy dans l’approche, et l’on incarne un avatar plongé au cœur d’une époque sombre, menant à la guerre les grandes nations qui dominent les débats. Conflit provoqué par l’apparition d’une étrange maladie, dont l’un des effets les plus terribles est de provoquer une paranoïa aigüe. C’est dans ce contexte que notre aventurier va pouvoir remplir plus de missions que vous ne pouvez l’imaginer, parfois de manière assez déstructurée mais avec tout de même pas mal de travail sur le fil rouge. Signalons ici que les textes sont proposés en français, avec pas mal de coquilles mais on apprécie tout de même l’effort, salvateur en terme d’accessibilité.

Très classique dans l’esprit, Black Desert Prestige Edition ne tente pas de réinventer la roue. Par contre, le jeu de Pearl Abyss met un point d’honneur à proposer une générosité qui impose le respect. Tout d’abord, ce n’est pas u avatar que vous pourrez créer mais toute une tripotée. En effet, le jeu vous propose de carrément incarner une famille, laquelle partagera le magot et les différents patrimoines. C’est une bonne idée, surtout pour qui aime changer de build d’un jour à l’autre, sans se prendre la tête à tout recommencer depuis le début. Ensuite, vous allez avoir accès à l’un des outils de personnalisation les plus dingos qu’on ait pu croiser depuis un moment (avec celui de Demon’s Souls, pour être précis) : on peut tout régler, avec une précision assez jubilatoire. Puis vient le temps de la spécialisation, et elle met à votre disposition une vingtaine de classes. Toutes avec leurs compétences propres. Oui, c’est impressionnant et, de plus, étonnamment équilibré.

Une durée de vie carrément colossale

image gameplay black desert
Les combats sont plutôt agréables.

Une fois sur le terrain, vous allez devoir parler et combattre, les deux piliers d’un MMORPG. Les dialogues se font sans trop de surprise mais, là encore, s’avèrent plaisants dans l’efficacité de la chose. On a des réponses à choisir, et il faudra parfois la jouer fine si l’on veut nouer une amitié avec un PNJ important. Les combats font la part belle aux combos, et c’est une bonne intention. Ainsi, on ressent une certaine énergie, et même les personnages basés sur la magie font preuve d’un certain impact, c’est plaisant à prendre en mains. Bien entendu, on retrouve les PVE et PVP, avec tout ce qu’il faut de jobs, de ventes d’objets histoire de se faire un gros pécule. Bastions à prendre, s’organiser pour que le temps se déroulant hors jeu soit utile à vos biens, cela distille tout ce caractère très prenant qu’on attend de ce genre de jeu. Par contre, il faut préciser que le soft se fait parfois un peu bourru. Les tutoriels, oubliez-les. Surtout, l’ergonomie n’a pas été travaillée pour la console : écriture trop petite certes, mais surtout des menus évidemment faits pour une pratique proche de l’écran. Cela manque de fluidité.

Mais on a tout de même envie de l’apprécier, ce titre. On va au devant d’un monde gigantesque à parcourir, votre journal de quêtes se garnira de milliers de petites missions. Bref, Black Desert Prestige Edition assure ce qu’on lui demande : récompenser l’investissement du joueur. Cependant, on se doit de tout de même relever quelques originalités, pas toujours des réussites par ailleurs. On pense principalement au système des points d’énergie. Ici, on est un peu plus réservé, car cette mécanique n’apporte pas grand chose à la profondeur du gameplay. En effet, ces points se rechargent au fil du temps, et l’on peut les dépenser dans différentes tâches, notamment auprès des PNJ. Peut-être les développeurs ont-ils voulu imposer un rythme plus doux qu’à l’accoutumé, mais c’est peine perdu et tout juste pourra-t-on parfois ressentir une pointe de frustration. Qu’à cela ne tienne, on patiente, vertu rare de nos jours.

Autant vous prévenir : si vous accrochez au trip proposé par Black Desert Prestige Edition, alors vous êtes partis pour un nombre incalculable d’heures de pratique. Pour voir le bout du fil rouge, avec un niveau décent, il faut miser sur une bonne centaine d’heure. Mais si vous êtes du genre roleplay, à accepter plus de quêtes annexes que de raison, alors vous pouvez multiplier ce chiffre à l’envie. Techniquement, il faut préciser que le soft requiert le PlayStation Plus afin de fonctionner : ça se joue en ligne uniquement. Par contre, pas d’abonnement à ajouter, et ça c’est bonnard. Dans la partie purement visuelle, on ne peut que noter l’optimisation un peu à la volée de cette version pour console. Temps de chargement trop longs, textures parfois baveuses et même longues à s’afficher, animations vieillottes, bugs de collision, ce n’est pas la panacée dans ces domaines. Cependant, ces regrets sont contrebalancés par une direction artistique soignée. Elle fait partie des belles et surprenantes surprises : on a pris plaisir à arpenter certains environnements, qu’ils nous plongent en pleine nature sauvage ou dans des villes de grande envergure. Cela vient ajouter au charme de cette bonne expérience.

Note : 14/20

Black Desert Prestige Edition est une bonne occasion de découvrir l’univers high fantasy de Black Desert Online, si vous ne l’aviez pas fait auparavant. Les objets bonus apportent beaucoup, surtout en début d’aventure. Vous allez découvrir un MMORPG certes imparfait, notamment dans la partie technique et dans ce choix étrange des points d’énergie, qui ralentissent un peu le rythme du cheminement. Reste que la durée de vie est énorme, les possibilités de builds assez vertigineuses, et l’on a beaucoup apprécié le niveau de détail dans le background. Si vous cherchiez un jeu de rôle en ligne autre que WoW ou FF XIV, vous pouvez tenter le coup.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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