[Test] Space Invaders Forever : trois titres dignes d’intérêt

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Taito
  • Editeur : ININ Games
  • Date de sortie : 11 décembre 2020
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Space Invaders Forever propose une trilogie sympathique

C’est le genre de phénomène qui a tendance à retenir notre attention : Taito (qui appartient désormais à Square Enix) tente, depuis quelques temps, de se rappeler à nos bons souvenirs. Et c’est une excellente chose. Voilà le genre de studio qui, clairement, nous a longtemps manqué. Certes, on vous parle d’une légende qui, peut-être, ne parlera qu’aux plus vieux d’entre nous. Et votre dévoué serviteur, s’il n’a pas encore atteint l’âge de sénilité, doux euphémisme, est plutôt de la génération qui a connu la fin de l’âge d’or du jeu vidéo japonais. Si vous êtes du genre à avoir la banane quand on évoque des titres aussi populaires Darius, Bubble Bobble, Arkanoid, Chase H. Q., Rainbow Islands, Operation Wolf, alors déjà on peut s’entendre. Mais ici, c’est carrément un monstre sacré, une œuvre culte de la pop culture que l’on aborde : Space Invaders.

Nous sommes en 1978, les réseaux sociaux n’existent pas et l’on a encore le droit de penser comme on le souhaite. Une bien douce époque donc, et au Japon on est entrain d’atteindre un véritable sommet. Que ce soit culturellement ou financièrement, le Pays du Soleil Levant rayonne, et peut compter sur quelques talents cachés qui n’attendent que de s’exprimer. Parmi eux, un certain Tomohiro Nishikado, que l’on peut décemment considérer comme le père du jeu vidéo nippon. On ne va pas aller plus loin sur sa biographie, si vous voulez en savoir plus Omaké Books a sorti le livre de référence à son sujet (Space Invaders – Comment Tomohiro Nishikado a donné naissance au jeu vidéo japonais), mais sachez que l’aventure est merveilleuse. Elle accouche surtout de l’une des licences les plus reconnues de cette industrie : qui n’a jamais croisé l’un des petit envahisseurs dans l’une de nos villes grâce à l’artiste Invader ?

Quelques quarante-deux années après la sortie retentissante de la borne d’arcade la plus populaire de tous les temps, Space Invaders revient avec une compilation. Tout d’abord, évacuons ce qui restera comme le regret principal quant à cette parution : nous avons ici droit à trois jeux, alors que le Japon a récemment eu droit à une version en contenant onze. C’est dommage, on aurait apprécié que Space Invaders Forever ait un caractère plus tourné vers la préservation. Toujours est-il que le soft embarque trois titres : Space Invaders Extreme, Space Invaders Gigamax 4 SE et Arkanoid Versus Space Invaders. Un casting assez alléchant, tout de même, tant il essaie de couvrir les principales forces du concept. Pour faire plus limpide : les mécaniques d’origines sont toujours là, rendues plus agréables et carrément adaptées à d’autres licences…

Space Invaders Extreme, le meilleur des trois

Space Invaders Extreme (paru en 2008 notamment sur Nintendo DS) est sans aucun doute le plus classique des trois, même si vous y trouverez des variations intéressantes. On retrouve donc l’affichage si particulier de la licence, avec notre vaisseau en bas de l’écran, et des ennemis en haut qui descendent de plus en plus vers l’avatar du joueur. Et si vous n’êtes pas assez rapide pour tirer et les liquider, alors c’est perdu. Simple, toujours aussi efficace, et ici complété par des mécaniques très intelligentes. Tout d’abord, l’action affichée se fait bien plus riche grâce à un arrière-plan qui propose parfois des sortes de missions secondaires, des cibles à atteindre. Cela a pour effet de rendre le gameplay bien nerveux. Aussi, Taito sait que son grand classique se base sur le scoring, alors on découvre ici un système de combo efficace, à préserver pour atteindre de gros scores. Enfin, le vaisseau pourra obtenir un arsenal de plus en plus puissant, mais qui se verra réduit au minimum si vous échouez.

Space Invaders Gigamax 4 SE, lui, se concentre sur le multijoueur, ce qui est assez courageux. Comme je soft est jouable jusqu’à quatre, les ennemis à l’écran se multiplient, et ce sera la principale nouveauté dans le feeling. Aussi, le strict visuel qui se plie au 16/9 de nos télévisions modernes fait que l’on découvre des boss qui couvrent une sacrée surface, rendant le challenge parfois assez corsés. Tout le reste est de l’ordre du classique, pas d’évolutions à relever. Par contre, un regret pointe le bout de son nez : le multijoueur (vous pourrez aussi le pratiquer en solo) n’est disponible qu’en mode local. Il va donc falloir miser sur les soirées entre potes pour vraiment en profiter. Mais on vous conseille de tenter l’expérience avec une équipe complète : si l’action est parfois confuse, cela reste très fun.

Arkanoid Versus Space Invaders est évidemment la véritable sucrerie de cette compilation, une étrangeté qui fait naitre l’intérêt. Un peu à l’image d’un Puyo Puyo Tetris, voilà une rencontre qui promet énormément, et laisse songeur avant même de l’avoir lancée. Le titre est déjà sorti sur smartphone, voilà quelques années, du coup c’est assez plaisant de le découvrir sur un écran plus imposant. Sachez aussi que ce rapprochement ne se fait pas sans une justification par l’écriture. Si l’histoire n’a rien d’exceptionnel, disons que l’on apprécie cet effort d’enrobage. Côté gameplay, le tactile est évidemment à oublier sur PlayStation 4. Seulement, on trouve le mariage des licences si logique qu’on obtient tout de même une expérience étonnamment riche. Renvoyer des missiles à leurs envoyeurs, briser des briques à tirelarigot, cela se fait tout naturellement. Attention cependant, car le challenge se fait parfois très élevé, il s’agit d’ailleurs du soft le plus difficile de Space Invaders Forever. Enfin, on ne peut que saluer l’excellente idée le renfort d’alliés issus des licences Taito : cela apporte une bonne dose de nostalgie.

Note : 14/20

Space Invaders Forever pourra plaire aux joueurs qui ont connu la belle époque de Taito, mais aussi à ceux qui ont envie de découvrir Space Invaders avec des versions moins rudes que l’original. Ceux-ci découvriront trois itérations récentes, pleines d’idées pour compléter un socle de gameplay toujours aussi solide. On regrettera tout de même que cette compilation n’aille pas plus loin dans son casting, on aurait apprécié une compilation plus définitive en terme de titres embarqués, un véritable musée. Pour le moment, il faudra se contenter de cette trilogie, laquelle pourra donc séduire les gamers nostalgiques.

7/10

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