[Test] El Hijo A Wild West Tale : de l’infiltration classique

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Honig Studios, Quantumfrog
  • Editeur : Handy Games
  • Date de sortie : 25 mars 2021
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El Hijo : A Wild Tale, un peu trop enfantin ?

image gameplay el hijo a wild tale

L’une des très belles satisfactions de l’année 2020 n’était autre que Desperados III, jeu qui proposait aussi bien de la tactique que de l’infiltration, et ce dans une ambiance très western. Voilà plusieurs points qui, en ce moment, sont assez synonymes de succès. La tactique a repris du poil de la bête depuis les XCOM, l’infiltration sied idéalement au domaine indépendant, et le western est a été remis en avant avec Red Dead Redemption 2. El Hijo : A Wild Tale, issu de Honig Studios et de Quantumfrog, fait le pari de se glisser dans le genre, mais avec une tonalité assez différente dans son scénario.

El Hijo : A Wild Tale fait un pari intéressant, celui de s’inscrire dans un univers naturellement violent, mais en expurgeant la-dite violence. Le récit est rapidement installé, et sans recours à des textes interminables : dans un Far West aride, il est question d’incarner l’enfant d’une humble paysanne. Alors que le quotidien semble assez paisible, même si l’hommage autour d’une tombe rappelle que cette époque n’est pas sans dangers mortels, la ferme est attaquée par de mystérieux bandits. L’endroit flambe, il est donc vital de prendre la fuite. La courageuse femme dépose alors son bambin au sein d’un monastère, avant de partir régler ses comptes avec la horde sauvage. C’est ici que le récit, entièrement sous-titré en français, se fait surprenant : alors qu’on pensait suivre la mère, c’est bien le gamin qui devient l’avatar.

Et jouer un enfant de six ans implique évidemment un gameplay adapté. Dès lors, on comprend que El Hijo : A Wild Tale est un jeu d’infiltration pur et dur, sans la moindre trace d’action pétaradante. Les débuts sont d’ailleurs bien agréables, les développeurs ont pris soin de bien mettre en situation les différentes mécaniques. La caméra épouse une vue de haut, que l’on peut encore éloigner en envoyant en éclaireur un oiseau qui permet de capter les cônes de vision des adversaires, mais aussi les points de planque. Il est alors nécessaire de se faire tout petit, tout d’abord en exploitant les zones d’ombre : dans celles-ci, vous passez incognito. C’est même un peu abusé, mais passons. Afin de s’ouvrir des possibilités, l’enfant récupère différents objets capables de retenir l’attention des opposants, comme des cailloux ou des jouets bruyants. C’est hyper classique, certes, mais ça fonctionne plutôt bien.

Très bonne prise en mains, mais des mécaniques répétitives

image test el hijo a wild tale

Cette réussite dans la prise en mains, très immédiate, est aussi aidée par un level design sans cesse surprenant. Le but est d’atteindre la sortie du niveau en cours, et cela peut bien souvent se faire de différentes façons. Ensuite, d’autres mécaniques viendront parfois relancer l’intérêt, comme des phases qui nous font incarner la mère, mais globalement on reste dans le déjà-vu. Cela n’est pas trop handicapant pendant la première moitié du titre, mais on sent par la suite un vrai sentiment de répétition. Surtout que El Hijo : A Wild Tale n’est pas un titre difficile, très loin de là. En voir la fin se fait en six heures, et comptez-en deux à trois de plus afin de trouver tous les enfants cachés, lesquels vous livreront des objets plus ou moins utiles. Aussi, sachez que des petits bonus sympathiques vous attendent si vous bouclez un stage sans vous faire prendre, une belle intention. Enfin, on regrette une intelligence artificielle un peu juste, avec des ennemis qui vous poursuivent sur une distance finalement assez courte.

Le résultat visuel est moins sujet à discussion. El Hijo : A Wild Tale a beau ne pas être une mandale technique, on en apprécie grandement le rendu. Quelques petits bugs de collision ont été relevés, ainsi qu’un framerate pas toujours parfait, mais on n’y fait guère attention. Car la direction artistique fait son effet : les niveaux se révèlent bien détaillés, les animations soignées. Les quelques cinématiques, malheureusement peu nombreuses, s’inscrivent dans une tonalité de dessin animé très séduisante. Enfin, les musiques collent parfaitement à l’ambiance, et l’on apprécie les évidents clins d’œil à certains thèmes cultes du très regretté Ennio Morricone.

Note : 14/20

El Hijo : A Wild Tale n’est aucunement une révolution du jeu d’infiltration, mais il pourra, à l’occasion, charmer les amateurs de cache-cache vidéoludique. Très agréable dans sa prise en mains, le jeu a un peu de mal à renouveler ses mécaniques, ce qui pourra créer un sentiment de répétition. Malgré cette retenue, on a tout de même accroché grâce à l’ambiance et à l’immédiateté du gameplay, non sans prendre plaisir à revenir dans les niveaux afin d’en atteindre le 100%. Il ne manque donc pas grand chose pour atteindre un résultat encore plus marquant, mais en l’état cela reste sympathique.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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