[Test] Story of Seasons Pioneers of Olive Town : un opus très généreux

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Marvelous
  • Editeur : Marvelous Europe
  • Date de sortie : 26 mars 2021
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Story of Seasons reste le fleuron du RPG fermier

image gameplay story of seasons pioneers of olive ville

Le Japon, bien plus enclin à l’originalité que l’Occident, livre parfois des sous-genres totalement fous. Le mélange de gestion de ferme et de RPG en est l’un des meilleurs exemples. C’est Harvest Moon qui, en 1996 (et en 1998 chez nous), a lancé le concept, et avec un succès tel que bien d’autres itérations ont suivi, allant même jusqu’à provoquer le (très bon) spin off Rune Factory. Seulement voilà, même au grand air la vie n’est pas un long fleuve tranquille et, en 2014, la licence a connu des remous. De ce chaos est né un schisme : Harvest Moon a continué sa route avec Natsume (et sans grand génie, reconnaissons-le), tandis que Marvelous s’est lancé, en 2015, dans Story of Seasons. Après quelques suites réussies, voilà que Just For Games distribue Story of Seasons : Pioneers of Olive Town sous nos latitudes.

Grosse attente autour de Story of Seasons : Pioneers of Olive Town. Et pour cause, son succès au Japon, surtout en première semaine, a été retentissant. Voilà qui nous posait bien des questions, car la licence n’est pas connue pour être des plus encline à jouer la carte de la révolution de son propre concept. Alors, on a foncé pour s’y lancer, et dès les premiers instants on n’a pu que constater que oui, le socle habituel de cette expérience est toujours là, bien présent. Après avoir choisi et personnalisé son avatar (qu’il soit homme ou femme), nous voilà propulsé dans une habituelle histoire de départ pour la campagne. Mine de rien, en cette époque qui en pousse plus d’un à faire de même « pour de vrai », cela construit une sorte de catharsis, et l’on se prend immédiatement de sympathie pour notre jeune personnage, lequel prend la route sur son scooter clinquant. Cela ne paie pas de mine, mais la motivation née alors d’elle-même, surtout qu’on a la joie de constater que les sous-titres sont traduits dans un français soigné.

Une fois arrivé à Oliville, notre avatar va devoir faire face à une certaine adversité. En effet, le maire de l’endroit nous met en garde quant au travail nécessaire afin de retaper la vieille ferme de feu votre grand père. Là encore, Story of Seasons : Pioneers of Olive Town fait dans le classicisme, avec une belle emphase sur la filiation, un sentiment qui parlera à beaucoup de joueurs. C’est ensuite que les choses s’accélèrent et, avec cet opus, d’une manière assez brutale. Si le maire vous résume quelques mécaniques, c’est plus pour qu’elles se rappellent à votre bon souvenir, et non afin d’en livrer les spécificités et autres finesses. Oui, cette entrée en matière un peu sèche, malgré des mises en situation tout de même pensées pour la prise en mains, est sans doute mieux pensée pour les habitués de la licence que pour les novices. Mais que ces se rassurent tout de même : il existe un mode de jeu qui rend plus l’expérience plus simple pour les débutants.

Des avancées notables, mais attention à la technique

image test story of seasons pioneers of olive ville

Prêts à travailler plus que trente-cinq heures par semaines, jusqu’à épuisement et sans se plaindre sur Twitter ? Bien, alors ne trainez pas car, dans Story of Seasons : Pioneers of Olive Town, toutes vos actions ont une importance capitale pour l’évolution du personnage et des lieux dont il est responsable. Avant toute chose, il sera question d’assurer une meilleure propreté dans les lieux, de les délester des mauvaises herbes qui trainent un peu partout. Ici, on commence à comprendre que les développeurs ne se sont pas contentés de proposer les mêmes mécaniques, ils les ont accompagné d’un travail sur la progression que nous n’avions jamais vu à ce niveau dans ce genre si particulier. Utiliser les outils, planter, récolter, s’occuper des animaux, gérer la fatigue, aller à l’encontre des habitants afin de nouer des relations et même, au final, de se marier : tout cela ne bouge pas d’un iota. Par contre, le jeu gagne clairement en profondeur dans sa courbe de progression.

Story of Seasons : Pioneers of Olive Town joue idéalement avec la dimension vaste de votre domaine. Des endroits se débloquent au fur et à mesure, et le rythme nous a paru idéal pour ne pas rapidement se sentir comme noyé sous les possibilités. Les marchands d’Oliville se chargeront de vous assurer de nouveaux bâtiments pour la ferme, ou encore des capacités de stockage plus étendues. Les mines sont évidemment toujours présentes, c’est ici que vous trouverez les meilleurs matériaux (et quelques très légers pics de difficulté). Quand vous vous sentirez débordés, car les journées ne sont pas infinies, il sera question de faire appel à des Lutins, lesquels se débloquent grâce à votre seul travail. Ils pourront vous faire gagner du temps dans différentes tâches, et vous valoir une myriade de bonus parfois très utiles. Voilà une mécanique certes déjà croisée mais perfectionnée. Une autre vient compléter cela : les machines qui transforment certaines éléments en d’autres, parfaits pour un peu moins galérer cet ingrédient qui vous manque tant. Par contre, la démarche se révèle trop longue : un seul objet à la fois, quelle étrange limitation…

On signale aussi un côté très Animal Crossing : l’une des répercussions de votre activité est de faire venir du monde à Oliville, et ce ne sera pas simple. Aussi, un musée sera ravi de montrer les statues d’animaux que vous aurez, préalablement, pris en photo, ainsi que des poissons (la pêche étant très sympathique, pas facile) et des pierres précieuses. Là encore, on ne peut que faire un parallèle avec le classique de Nintendo. Voilà qui assure une énorme durée de vie : l’histoire principale peut se terminer en cinquante heures, mais on peut viser le double avec les à-côtés. Techniquement, Story of Seasons : Pioneers of Olive Town doit être une forme d’avertissement pour Marvelous. Si la direction artistique reste tout à fait correct, avec ce character design toujours aussi mignon que les couleurs se font charmantes, on a tout de même relevé quelques bugs de collision et des baisses de fluidité. La musique, elle, ne nous a laissé aucun souvenir. Attention, donc, à l’emballage qui se doit d’être aussi soigné que le fond.

Note : 15/20

Story of Seasons : Pioneers of Olive Town s’appuie certes sur une recette on ne peut plus classique, mais nous livre tout de même quelques avancées dignes d’intérêt pour les fans, tout en s’ouvrant très bien aux débutants. La saveur Animal Crossing ne fait aucun doute, et l’on remarque une courbe de progression très soignée, qui donne envie de se plonger dans l’énorme contenu du jeu. On se doit tout de même d’apporter un bémol sur la pure technique, tant les chutes de framerate se remarquent, tout comme certains bugs de collision parfois gênants. Il faudra faire progresser la licence dans le domaine visuel si Marvelous ne veut pas la voir s’embourber, mais à l’heure actuelle le fun reste encore très présent.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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