Caractéristiques
- Titre : La fin d’Oak Street
- Titre original : The End Of Oak Street
- Réalisateur(s) : David Robert Mitchell
- Scénariste(s) : David Robert Mitchell
- Avec : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella et Christian Convery.
- Distributeur : Warner Bros. France
- Genre : Action, Aventure, Science Fiction
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 100 minutes
- Date de sortie : 12 aout 2026
- Acheter ou réserver des places : Cliquez ici
- Note du critique : 6/10 par 1 critique
Nouveau long-métrage écrit et réalisé par David Robert Mitchell (It Follows, Under the Silver Lake), La fin d’Oak Street se déroule dans une paisible banlieue lorsqu’un mystérieux événement cosmique transporte Oak Street vers un lieu inconnu. La famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il leur faudra rester unis pour survivre.
Une famille américaine pas si parfaite
Avec La Fin d’Oak Street, David Robert Mitchell délaisse l’horreur plus radicale de It Follows pour revenir à une aventure fantastique largement inspirée du cinéma américain des années 1980. Et l’idée de départ a de quoi séduire : après un mystérieux événement cosmique, un quartier résidentiel américain est arraché à son environnement et transporté à l’ère des dinosaures. Un concept aussi improbable qu’accrocheur, qui permet au réalisateur de mélanger science-fiction, aventure, suspense et quelques touches horrifiques. Avant de faire basculer son récit dans le fantastique, David Robert Mitchell prend le temps de nous présenter la famille Platt. En apparence, Denise et Greg – Anne Hathaway et Ewan McGregor font correctement le travail, même si leurs interprétations manquent parfois un peu de naturel, ‘alchimie entre les deux fonctionne – forment un couple américain tout ce qu’il y a de plus classique dans cette banlieue des années 80.
Mais derrière cette façade se cachent des tensions importantes : le couple ne s’entend plus et semble proche de la rupture. Leurs deux enfants adolescents, Audrey (Maisy Stella, qui est clairement le meilleur atout du casting) et Brian (Christian Convery, qui a malheureusement tendance à surjouer la moitié du temps), traversent quant à eux leurs propres difficultés. Cette famille légèrement dysfonctionnelle renvoie immédiatement au cinéma de Spielberg et à l’univers Amblin, où l’irruption du fantastique vient souvent bouleverser le quotidien de personnages ordinaires. Une influence qui ne s’arrête évidemment pas aux personnages.

Un concept qui ne va pas assez loin
Le scénario installe progressivement les éléments étranges qui annoncent le basculement. Une fois le quartier projeté dans cet environnement préhistorique, le film gagne immédiatement en rythme et en efficacité. Le bestiaire est sympathique, les différentes confrontations avec les dinosaures fonctionnent plutôt bien et les scènes d’action familiales se montrent suffisamment spectaculaires pour maintenir l’intérêt. Quelques surprises scénaristiques viennent également relancer l’aventure. Mais c’est justement là que se trouve la principale déception. Le Fin d’Oak Street possède un concept formidable sans réellement aller au bout de ses possibilités. Quelques scènes lorgnent vers l’horreur et le gore, mais Mitchell reste constamment dans la retenue.
On aurait aimé davantage de tension, de véritables moments de peur et surtout que le film nous fasse réellement craindre pour ses personnages. Le résultat est une sorte d’aventure horrifique familiale, avec quelques touches de gore, mais qui demeure finalement très sage. Ce choix n’est pas forcément mauvais en soi, mais il rend certaines situations moins inquiétantes qu’elles auraient pu être. Et, plus le film avance, plus on se dit qu’il aurait pu prendre davantage de risques, proposer quelques surprises supplémentaires. Spécialement au vu de la fin du film, que nous ne révèlerons évidemment pas. Le long-métrage aurait pu clairement aller plus loin.

Une mise en scène maîtrisée
Sur le plan de la réalisation, David Robert Mitchell fait pourtant très bien le travail. Sa mise en scène est carrée, lisible et efficace, aussi bien dans les séquences d’action que dans les scènes plus intimistes. Le réalisateur multiplie les références au cinéma fantastique des années 1980, avec Spielberg et l’écurie Amblin en première ligne, tout en convoquant plus largement la grammaire du cinéma de genre de cette période. L’utilisation de la demi-bonnette est intéressante, par exemple. Mitchell en fait certes un usage parfois un peu trop appuyé, mais le procédé participe pleinement à cette esthétique rétro assumée. Les effets spéciaux sont de qualité et permettent aux dinosaures de s’intégrer correctement à cet univers de banlieue, tandis que la direction artistique fonctionne particulièrement bien. Les décors et costumes nous plongent immédiatement dans les années 1980 avant de nous faire basculer dans un environnement préhistorique beaucoup plus hostile.
Avec seulement 1h40 au compteur, générique compris, le film bénéficie également d’un rythme efficace et ne laisse jamais vraiment le temps à l’ennui de s’installer. La partition de Michael Giacchino accompagne parfaitement cette volonté de retrouver les grandes heures du cinéma d’aventure des années 1980. Le compositeur multiplie évidemment les clins d’œil aux compositions de John Williams, mais pas uniquement. Le problème est que cette musique reste surtout illustrative et ne parvient jamais réellement à faire émerger un grand thème mémorable. C’est d’autant plus dommage que, lorsqu’on se place aussi ouvertement dans le sillage de Williams, on attend forcément une partition qui puisse marquer durablement.
La Fin d’Oak Street est un divertissement sympathique, efficace et techniquement maîtrisé, porté par un concept séduisant et une belle ambiance années 80. Mais David Robert Mitchell ne va malheureusement jamais au bout de ses idées. Plus surprenant et audacieux, le film aurait pu être bien plus marquant. Une aventure plaisante, mais une occasion manquée.



