[Test – PlayStation 5] God of War: Sons of Sparta – Un retour en Grèce mais pas en grâce

Caractéristiques

    Test effectué sur :
      • PlayStation 5
  • Titre : God of War: Son of Sparta
  • Développeur : Mega Cat Studios et SIE Santa Monica Studio
  • Scénariste(s) : Matt Sophos, Richard Zangrande Gaubert et Orion Walke
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 12 février 2026
  • Acheter : Cliquez ici
  • Note : 5/10

Quand on pense à God of War, nous vient en tête une certaine idée de la puissance, de la rage, expression d’un gameplay viscéral. Si le spectaculaire a laissé place à une face plus intimiste de notre héros sur la dualogie Ragnarok, Kratos restait un combattant bourrin, fun à prendre en main.

Quand Sons of Sparta s’est présenté à nous, on se disait que jouer un épisode sous forme de métroidvania centré sur la jeunesse spartiate de Kratos était une proposition intrigante. Mais ne perd-on pas justement ce sentiment de puissance que les fans de la licence recherchent ?

L’origine sans originalité

Pas besoin de longues heures de jeu pour constater que Sons of Sparta est un metroidvania dans sa forme la plus classique : carte qui se dévoile progressivement, zones inaccessibles nécessitant de nouveaux pouvoirs, allers-retours constants entre les différentes régions… tout ce qui fait le genre est là, sans exception. L’exploration est agréable, lisible, quoique trop scolaire. On progresse, on débloque une compétence, on revient sur nos pas pour ouvrir un passage jusque-là bloqué, et on recommence.

Les énigmes environnementales, souvent réparties sur plusieurs écrans, sont bien pensées (proches de ce que la série propose habituellement), et les combats offrent un minimum de tension. On avance avec curiosité, on prend plaisir à découvrir de nouvelles zones, à débloquer des raccourcis, à comprendre l’agencement du monde. Mais ce plaisir ne décolle jamais réellement. A l’image des quelques quêtes annexes, qui apportent un peu de variété à l’aventure, mais ne surprennent jamais.

Au premier abord, rien de rédhibitoire : les mécaniques sont éprouvées, efficaces, et permettent une progression fluide. Mais difficile de ne pas ressentir une forte impression de déjà-vu. Là où des représentants du genre parviennent à créer une identité forte (on pense bien évidemment à Hollow Knight, mais aussi plus récemment à Prince of Persia), Sons of Sparta se contente d’appliquer la formule, rien de plus, rien de moins.

capture jeu vidéo playstation 5 god of war sons of sparta

Une histoire spartiate

L’un des axes narratifs du jeu repose sur la relation entre Kratos et son frère, Deimos. Nous avions déjà rencontré ce dernier dans les spin off de la série, et son retour permet d’explorer leur jeunesse en tant que spartiates. Cela rend Kratos plus humain, d’une humanité différente de celle inhérente à son rôle de père qui nous aura marqué.

Ce qui est dommage, c’est que cette relation fraternelle n’apporte rien au gameplay. Deimos nous accompagne sans jamais (ou pratiquement) participer à l’action. Non jouable, il disparaît dès que le jeu nous rend la main après une cinématique (bien développée, toutefois). Un choix compréhensible de par le côté solo du jeu, mais assez frustrant lors des premières heures, durant lesquelles on aurait aimé de réelles interactions, voire des mécaniques coopératives. Résultat : on ne se sent pas vraiment impliqué dans l’histoire, que l’on suit vaguement en attendant d’avoir de nouveau la main.

En revanche, rien à dire sur la direction artistique. Les environnements sont réussis, avec des arrière-plans détaillés et des palettes de couleurs subtiles. Chaque zone possède une identité visuelle claire, renforçant le plaisir d’exploration.

Les trailers ou extraits ne rendent pas hommage au jeu : le choix du « pseudo pixel art » apparaissait décevant, et pourtant cela fonctionne très bien. Notamment sur le chara design, qui parvient à donner du caractère aux personnages malgré les contraintes du style. Le doublage, lui aussi, est réussi et participe à l’immersion.

Du plaisir pour les yeux, donc, avec un ensemble cohérent et agréable à parcourir. Il manque juste cette petite touche de folie, qui marque tant cet univers culte, et qui aurait rendu l’aspect de Sons of Sparta moins générique.

Kratos n’est pas un dieu facile

Côté gameplay, le titre sait être surprenant, mais pas de la meilleure des façons… Un métroidvania demande de l’agilité afin d’à la fois explorer (avec une dimension plateforme bien sympathique), se battre, esquiver, attaquer, etc.

Cela reste classique : mais alors, par exemple, pourquoi utiliser une combinaison alambiquée de touches pour grimper ? Cela déroute, c’est peu intuitif, et surtout, ça va à l’encontre de réflexes acquis dans des dizaines d’autres jeux du genre. Ce n’est pas rédhibitoire, mais suffisamment perturbant pour générer une frustration régulière. On rate un saut, et pour une fois, on peut s’en prendre au jeu.

À cela s’ajoute une sensation globale de manque de puissance. Alors en effet, c’est cohérent avec le parti pris narratif : Kratos est jeune, moins expérimenté, et a tout à apprendre. Mais cette faiblesse impacte directement le ressenti. Les combats restent dynamiques et demandent un minimum de réflexion, mais ils n’ont pas la brutalité, ni l’impact qui plaisent tant dans chez notre demi-dieu. Même si, dans la dernière partie du jeu, avec tous les pouvoirs débloqués, on ressent un plaisir certain à contrôler Kratos, jamais on a l’impression de jouer le demi-dieu bourrin qui détruit tout sur son passage. Le style de jeu choisi l’impose, mais ce n’est pas ce que l’on recherche dans un God Of War.

God of War: Sons of Sparta n’est pas un mauvais jeu en soit : c’est agréable, mais terriblement scolaire. En appliquant à la lettre les codes du genre sans y apporter de surprise, on a l’impression de jouer à un « reskin » d’un metroidvania lambda, comme il y en a tant eu ces dernières années. Le choix d’y apposer le lore God of War n’apporte finalement pas grand-chose. Pire, il met en lumière ce qui manque au jeu : une puissance, une rage qui font l’identité de la saga. Alors oui, on le parcourt avec un certain plaisir, sans ennui majeur, mais aussi sans véritable enthousiasme, en mode automatique. Une aventure propre, maîtrisée, fade et aussitôt oubliée. Trop classique, trop timide : attendons le prochain gros jeu de la licence, qui osera cette fois-ci l’originalité en mettant en avant la femme de Kratos !

Article écrit par

En 1992, soit à 12 ans, je décide avec mon frère de vendre nos jouets à la brocante du village afin de pouvoir nous acheter la Super Nintendo. Ce fut le début de ma passion pour Zelda, Mario et autres Secret of Mana ou F-Zero. Puis, j'ai découvert la Megadrive, la Playstation ou la XBox : le mal était fait. Je peux m'émouvoir devant l'introspection de Celeste ou l'expérience procurée par Journey, faire ressortir mon côté bourrin avec God of War, me sentir mal à l'aise pendant la progression de Shadow of the Colossus. Mais avant tout, j'aime passer du temps dans des univers forts, m'évader dans un Final Fantasy (le VI avant tout), explorer la carte d'un Zelda Breath of the Wild, découvrir le monde d'un Xenoblade...

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