[Critique] God Of War – C. Roberson, T. Parker

Caractéristiques

  • Auteur : Chris roberson, Tony Parker
  • Editeur : Mana Books
  • Date de sortie en librairies : 26 septembre 2019
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 108
  • Prix : 15€
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Que s’est-il passé juste avant le dernier jeu en date ?

Quel grand jeu que le dernier God Of War en date ! Si l’on avait peur sur plusieurs points, comme la caméra plus rapprochée, c’était surtout la manière de traiter les divinités nordiques qui était attendue par tous les fans. Au final, le soft a mis tout le monde d’accord, et peut largement être considéré comme l’un des meilleurs sur PlayStation 4. Côté scénario, beaucoup de fans se sont posés la question : que s’est-il passé entre la fin du troisième opus, et cette vengeance enfin assouvie, et cette renaissance enneigée ? Ce comics, paru aux éditions Mana Books (Art Of ManaAgent 47 : Birth of the Hitman) répond en partie à la question.

Cette préquelle à God Of War débute bien des années après le meurtre de Zeus. Kratos a survécu à son calvaire, et a refait sa vie loin, très loin au Nord.  Alors qu’il cherche à enfouir la rage et la colère qui ont défini son existence, notre chauve bien énervé déclenche une querelle avec un mystérieux culte de berserker lorsqu’il sauve la vie d’un homme attaqué par un ours monstrueux, non sans tuer ce dernier vous l’imaginez bien. Pour l’ancien dieu de la guerre, cela sonnera comme le début de tout ce qui va se passer par la suite.

La colère au centre du récit

Écrivons-le de suite : ce comics God Of War n’est pas à prendre comme une préquelle totalement complète. Les interrogations concernant le voyage qui a mené Kratos jusqu’au Nord, la rencontre avec sa femme, tout cela reste plongé dans le mystère. L’intention du scénariste, Chris Roberson, est plutôt d’accompagner l’introduction du jeu. Et, en cela, c’est plutôt convaincant, puisqu’on retrouve pas mal d’éléments qui, par la suite, prendront de l’ampleur dans le jeu. L’intrigue se concentre habilement sur la relation entre Kratos et son fils, lui fait prendre de l’ampleur et, surtout, initie le schéma qui sera plus tard repris avec puissance : toute action entraine une réaction. Et cette dernière n’est pas toujours positive. On salue aussi le traitement de la mère : elle est seulement évoquée, mais totalement absente physiquement. Cela ne fait que rendre sa mort inéluctable plus forte, plus abrupte aussi.

Côté illustrations, Tony Parker (non, pas l’ancien basketteur) rend un travail plutôt efficace, mais inégal sur certains aspects. On apprécie sa manière de rendre le mouvement, et l’on sait que c’est un élément important dans God Of War. Kratos est effectivement impressionnant dans ses postures, et la meute des berserkers a une personnalité bien marquée. Par contre, les visages de l’ancien dieu et de son enfant ne sont pas toujours à la hauteur. Cela fluctue (page 48 et 49, par exemple), et c’est bien dommage. Tout comme l’absence de véritable background pour les ennemis ici affrontés. Cependant, cela n’entache pas vraiment le plaisir de lecture. Pourquoi ? Car les deux auteurs sont bien compris que les atermoiements de Kratos font, de base, de l’effet sur qui connaît le personnage. Ici, sa manière de penser contre lui-même en ferait presque un philosophe, mais du genre à arracher des mâchoires à la main. Du coup, oui c’est divertissant, et c’est bien le principal. Signalons aussi l’excellente qualité de l’édition, comme d’habitude chez Mana Books. La couverture, signée E. M. Gist, s’avère splendide, et le relief des lettres apporte une petite dose de luxe. Du bon travail.

6/10

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