article coup de coeur

[Test – PS5] Kena Bridge of Spirits : une très belle exclusivité

Caractéristiques

    • PlayStation 5
    • Playstation 4
  • Développeur : Ember Lab
  • Editeur : Ember Lab
  • Date de sortie : 24 août 2021
  • Acheter : Cliquez ici

Kena : Bridge of Spirits va encore plus loin qu’espéré

image gameplay kena

Vous vous souvenez de la présentation de la PlayStation 5, au tout début de l’été 2020 ? On y avait découvert un paquet de titres, dont Demon’s Souls, Astro’s Playroom ou encore Sackboy A Big Adventure. Une conférence dématérialisée qui a marqué aussi bien le public que l’industrie, grâce aussi à des présentations moins évidentes. Celle de Kena : Bridge of Spirits est certainement l’un de ceux ayant le plus provoqué de réactions de la part des joueurs, sur les réseaux sociaux. Et c’est bien normal, sa direction artistique très colorée apportait un peu de féérie. Après quelques reports, et une sortie peu médiatisée à cause de versions envoyées tardivement, il est grand temps de vérifier si l’expérience est véritablement concluante.

Vous vous apprêtez à incarner Kena, une toute jeune Guide des esprits dont le but est d’assurer un passage paisible des âmes dans l’Au-delà. Oui, tel Charon sur le Styx, mais en beaucoup moins inquiétant. Après un acte que nous ne pouvons vous décrire ici, sous peine d’un bien vilain spoiler, notre avatar se lance dans une aventure mouvementée, direction une montagne où les problèmes s’accumulent. En effet, des esprits ne parviennent pas à rejoindre l’autre rive, et il va falloir non seulement les y aider, mais aussi faire la lumière sur ce mystère. Sans aller plus loin à propos du récit, sachez que Kena : Bridge of Spirits est d’une belle sensibilité. La narration en prend pas trop de place, c’est raconté de manière limpide. Le final, s’il est un peu téléphoné, fait partie de nos meilleurs moments sur ce début de génération, c’est dire. Par contre, on a relevé quelques coquilles dans les sous-titres, dommage.

Une structure classique mais hyper soignée

image test kena

Kena : Bridge of Spirits est un jeu d’aventure (tendance Metroidvania) en 3D, avec pas mal d’exploration et des mécaniques qui nous rappellent parfois Pikmin. Attention, ce n’est pas un monde ouvert, la structure est plus linéaire (sans l’être totalement, on insiste sur ce point) même si l’on peut très largement s’attarder dans des chemins secondaires pour y trouver une tonne de récompenses. Dans les premières heures de jeu, on a un peu une impression de déjà-vu sur le pur point du game design. C’est certain, ce soft ne veut en aucun cas révolutionner quoi que ce soit dans la prise en mains. Par contre, la magie opère rapidement, avec des étendues prometteuses, et un village-hub hyper mignon. Dès lors, même si l’on comprend que l’expérience sera classique dans sa structure, on aura continuellement l’envie d’avancer.

Dans le monde de Kena : Bridge of Spirits, il va tout d’abord falloir se familiariser avec les mouvements de notre avatar. Enfin, ceci après avoir opté pour l’un des trois niveaux de difficulté. Kena peut sauter, doubler ce bond, esquiver, courir, mais aussi attaquer grâce à son bâton ou, plus tard, son arc et ses explosifs. Ces armes, d’ailleurs, sont soumises à un système d’évolution, grâce à de l’XP et d’autres méthodes faisant appel à l’exploration. Un petit côté RPG qui, s’il n’a rien de nouveau, ne fait que renforcer notre implication. Sur cette base, le soft ajoute le principe des Rots, petites boules de poil noirs à dénicher un peu partout, et dont la particularité est de répondre aux ordres avec fougue. Du coup, on s’en sert pour bouger des objets encombrants, ou pendant les combats. Et l’on peut les coiffer de différents chapeaux à obtenir contre des cristaux, trop chou.

Note : 17/20

Mais attention, n’allez pas croire non plus que Kena : Bridge of Spirits est seulement un voyage tout mignon au sein d’un monde aussi vaste que bourré de panoramas charmants au possible. Si le gameplay très plaisant et la technique plus qu’à la hauteur des attentes sont déjà des satisfactions, la plus grande reste le niveau du challenge. L’expérience est certes parfois contemplative, mais les ennemis vont vite vous faire redescendre sur terre, et l’on ne vous parle même pas des boss parfois étonnamment tendus. Il va falloir jouer de l’esquive si vous voulez vous en sortir, et avoir recours au courage des Rots, lequel se gonfle par le biais d’une jauge remplie selon vos exploits. En mode de difficulté médian, il faut déjà faire preuve de sacrés réflexes, mais sachez que les plus doués auront droit à un quatrième mode, particulièrement ardu. Vraiment la bonne surprise du chef : vous n’aurez pas l’impression de ne pas devoir forcer votre talent pour avancer.

Entre la quête principale et la tonne d’objets à collecter ici ou là, Kena : Bridge of Spirits peut compter sur une durée de vie plutôt correcte. Ce n’est pas le jeu le plus long qu’on ait croisé ces derniers temps, mais on en sort avec l’impression du devoir accompli. Compter une dizaine d’heures pour le terminer presque en ligne droite, et un peu plus d’une vingtaine afin de le retourner totalement. Côté technique, on est dans du top niveau. Le studio Ember Lab a débuté dans l’animation, et ça se voit de suite. C’est hyper bien animé, on sent qu’ils ont pris plaisir à faire bouger les petits Rot, tout en harmonie avec une Kena particulièrement gâtée. Les ennemis de base sont peut-être un peu en-deça, mais les boss se font très, très impressionnants. Bon, certains élément de décors apparaissent au dernier moment, on a quelques petits bugs de collision, mais c’est tellement rare. Surtout, le mode Performance assure une fluidité constante à 60fps, avec juste un peu moins d’effets de lumière qu’en Résolution. Par contre, on regrette la quasi-non-utilisation des spécificités de la DualSense. Et la partie sonore est aussi un peu en retrait, surtout à cause d’un mixage perfectible. Mais rien qui puisse faire oublier le pied qu’on a pris tout au long de cette excellente aventure.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

8/10

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