Caractéristiques
- Titre : The Eye/The Eye 2
- Titre original : Gin gwai/ Gin gwai 2
- Réalisateur(s) : Danny Pang et Oxide Chun Pang
- Avec : Angelica Lee, Lawrence Chou, Chutcha Rujinanon, Shu Qi, Jesadaporn Pholdee...
- Editeur : Carlotta
- Date de sortie Blu-Ray : 15 septembre 2026
- Date de sortie originale en salles : 27 août 2003 / 2 août 2005
- Durée : 99 minutes/ 95 minutes
- Acheter : Cliquez ici
- Note : 8/10 par 1 critique
The Eye
Image 4K : 4/5
Tourné sur pellicule 35 mm, The Eye est proposé dans un format 1.85:1 respecté. Cette édition Blu-ray 4K repose sur un master 4K, encodé en HEVC/H.265, avec espace colorimétrique BT.2020, WCG et une présentation en HDR10 et Dolby Vision. Le film a été restauré en 4K, mais l’éditeur ne communique pas davantage de précisions sur le travail effectué.
Le grain argentique est bien présent du début à la fin, avec une texture parfois épaisse et marquée. Le budget modeste de ce premier opus se ressent à plusieurs reprises. L’ensemble conserve néanmoins un rendu naturel et organique, sans lissage artificiel ni traitement numérique excessif. Le nettoyage de la pellicule est globalement efficace : les défauts ont été soigneusement corrigés et aucun problème de stabilité n’a été constaté.
La définition varie toutefois selon les séquences. Les détails sur les visages, les maquillages des fantômes, les costumes et les décors se révèlent très corrects. Certaines scènes accusent néanmoins une baisse de précision, notamment lors des effets spéciaux pratiques, visuels ou numériques. Ces derniers ont inévitablement un peu vieilli, mais cela reste cohérent avec les limites budgétaires de l’époque. La profondeur de champ est convenable, sans jamais paraître plate, même si elle aurait pu être plus marquée.
L’étalonnage HDR respecte l’approche froide du film, dominée par les gris et les blancs. Il ne faut donc pas s’attendre à une explosion de couleurs, à l’exception notable du feu visible à la fin du long métrage. Les contrastes sont solides, avec de bons détails dans les zones sombres. Les séquences nocturnes ou à faible luminosité bénéficient de noirs profonds, sans être bouchés. Les teintes de peau et les blancs sont également bien respectés.
En dehors de quelques fluctuations de grain et de définition, l’encodage HEVC se montre particulièrement solide et ne révèle aucun défaut de compression notable. Ce n’est clairement pas la restauration 4K la plus impressionnante que nous ayons vue, mais elle s’avère suffisamment convaincante pour redécouvrir le film dans de très bonnes conditions.
The Eye 2
Image : 5/5
The Eye 2 a été tourné en pellicule 35mm (Arriflex cameras) et est proposé en Blu-ray dans son format 1.85:1 respecté, avec un encodage AVC. Le film a également bénéficié d’une restauration 4K, sans précision supplémentaire de la part de l’éditeur. Le grain argentique est bien présent, mais plus fin que sur le premier film. L’augmentation du budget se ressent immédiatement, tout comme sa meilleure gestion. Là encore, le nettoyage de la pellicule est très soigné : les défauts ont été supprimés et aucun problème de stabilité n’a été détecté.
Les détails sont plus précis que sur le premier volet. La définition sur les visages, les maquillages des actrices et des fantômes est propre, tandis que les textures des costumes et des décors sont mieux reproduites. Les effets spéciaux, mieux intégrés, ont également mieux résisté au temps. La profondeur de champ est bien gérée et participe à la qualité générale de l’image.
L’étalonnage s’inscrit dans la continuité visuelle du premier film, avec une palette froide et sans débauche de couleurs. Le rendu demeure maîtrisé. Les contrastes sont bons, avec d’excellents détails dans les zones d’ombre. Les scènes de nuit ou à basse luminosité ne souffrent d’aucun problème de lisibilité, tandis que les noirs restent bien gérés. Les teintes de peau et les blancs sont respectés.
Aucun défaut de compression n’est à signaler. Cette restauration nous a davantage convaincus que celle du premier volet. Une très belle redécouverte en haute définition.
Son : 4/5
Carlotta (Entre le Ciel et l’Enfer, La Colline a des yeux 1 et 2) propose pour chacun des deux films des pistes DTS-HD Master Audio 5.1 en cantonais et en français. Elles se montrent puissantes, bien réparties et relativement précises. Les cinq canaux sont correctement exploités, que ce soit pour les jumpscares, la scène de l’explosion du premier film, certains bruitages liés aux fantômes ou les ambiances, particulièrement travaillées. La musique profite également d’une présence bien dosée.
Le canal LFE est utilisé avec parcimonie, mais efficacement, afin d’accentuer certains sursauts ou moments clés. Les dialogues sont clairs en version originale et bien intégrés en version française, même si le niveau sonore du doublage paraît légèrement élevé. Des pistes solides, qui remplissent parfaitement leur rôle.
Des pistes DTS-HD Master Audio 2.0, en cantonais et en français, sont également disponibles. Ces versions constituent de bonnes alternatives stéréo, avec un rendu naturel et équilibré sur les deux canaux, aussi bien pour les effets que pour la musique. Les dialogues restent clairs en version originale ; en version française, ils sont un peu plus élevés, mais demeurent bien intégrés.
Bonus : 3/5
The Eye :
- Réflexion sur The Eye (22′)
- Voir et ressentir (15′)
- Making-of (17′)
Les suppléments débutent avec Réflexion sur The Eye, une interview du producteur Peter Ho-Sun Chan. Il y revient sur sa rencontre avec les réalisateurs Danny et Oxide Pang, le scénario, les inspirations, le tournage, le casting, son rôle de producteur et le succès du film en Occident. Une interview intéressante, riche en anecdotes, qui permet surtout d’en apprendre davantage sur la production du long métrage.
Voir et ressentir propose une analyse pertinente de l’histoire, des personnages, de leurs relations et des thèmes abordés par le film. Enfin, le making-of d’époque s’intéresse au casting, à la création de la scène de l’explosion à Bangkok, au tournage et au scénario. Il rassemble également plusieurs témoignages de personnes affirmant avoir vu des fantômes, évoque les croyances de l’équipe, l’histoire vraie à l’origine du film et le défi que représentait l’interprétation d’une femme aveugle. Un petit making-of sympathique.
The Eye 2 :
- Making-of (13′)
- Fin alternative (3′)
Les bonus de ce second opus débutent avec un making-of qui revient sur les différences du film en matière d’histoire et de personnages, tout en soulignant sa continuité visuelle avec le premier volet. Il aborde également le casting et les légendes qui ont servi d’inspiration cette fois-ci. Un module assez promotionnel, mais intéressant.
Une fin alternative est également proposée, que nous vous laissons découvrir.
Conditions du test
- TV 4K UHD OLED Samsung S90F
- Lecteur Blu-ray Samsung 4K UHD UBD-M8500
- Ampli Yamaha 4K UHD YHT-1840
Synopsis
The Eye :
Mann est aveugle depuis l’âge de deux ans. Dix-huit ans plus tard, à la suite d’une transplantation expérimentale de la cornée, elle recouvre l’usage de ses yeux. Mais il semble que l’opération lui ait apporté plus que cela… Une suite d’évènements inexplicables perturbe désormais son existence : des ombres mystérieuses apparaissent et semblent lui prédire des morts à venir, des fantômes défigurés viennent hanter son quotidien, elle ne peut plus se regarder dans un miroir sans y voir le reflet d’une autre. Ces visions cauchemardesques conduisent Mann au bord de la folie…
The Eye 2 :
Joey, une jolie jeune fille, vient d’être abandonnée par Sam, son fiancé, et dans un accès de désespoir, elle tente de mettre fin à ses jours dans un hôtel de Bangkok. Elle rate sa tentative, et, après son réveil, regrette amèrement son geste fou. Elle est désormais déterminée à vivre et à repartir à zéro. Mais elle se rend successivement compte qu’elle est enceinte de Sam, et que son esprit est accaparé par des visions que ne perçoivent pas les autres, celle d’une femme en particulier. Très perturbée, elle attribue ses tourments à sa tentative de suicide. Mais elle est en réalité dotée d’un terrible et nouveau pouvoir, elle est capable de voir les fantômes et les morts…
Les films
Avec The Eye et The Eye 2, Danny et Oxide Pang revisitent le film de fantômes asiatique sous deux formes distinctes, liées par la même idée : voir ce que les autres ne peuvent pas voir. Le premier volet, sorti en 2002, reste de loin le plus marquant. À travers l’histoire d’une jeune femme retrouvant la vue après une greffe de cornée, les frères Pang installent une peur froide, construite autant sur l’attente que sur les apparitions elles-mêmes, mais aussi la capacité à transformer des lieux ordinaires — un ascenseur, un couloir, une chambre d’hôpital — en espaces de menace permanente. Le récit demeure relativement classique, mais sa mise en scène, très attentive au trouble de la perception, lui donne une vraie puissance visuelle et mélancolique.
The Eye 2 adopte une direction plus intime et plus sombre. Le film suit une jeune femme traumatisée par une tentative de suicide, qui découvre sa grossesse tout en étant confrontée à des présences spectrales. Là où le premier avançait comme une enquête surnaturelle particulièrement efficace, cette suite privilégie la culpabilité, le deuil et l’angoisse de la maternité. Un film plus ambitieux et plus émotionnel, mais une œuvre moins immédiatement effrayante, dont le rythme et les détours symboliques affaiblissent la tension.
Reste que les deux films forment un diptyque assez singulier dans le cinéma des Pang. Le premier demeure le plus abouti, grâce à son atmosphère suffocante et à quelques visions durablement traumatisantes ; le second, moins régulier, mérite néanmoins mieux que son statut de simple suite. Ensemble, ils montrent deux facettes d’un même cinéma : l’une tournée vers l’efficacité sensorielle du film d’horreur, l’autre vers une tristesse plus diffuse, presque maladive.
