[Test – DVD] Les sentiers de la vengeance – Mark Stevens

Caractéristiques

  • Titre original : Gun Fever
  • Réalisateur(s) : Mark Stevens
  • Avec : Mark Stevens, John Lupton, Larry Storch, Maureen Hingert, Aaron Saxon, Jered Barclay...
  • Editeur : Sidonis Calysta
  • Date de sortie Blu-Ray : 9 mai 2017
  • Date de sortie originale en salles : 1958
  • Durée : 83 minutes
  • Acheter : Cliquez ici

Image : 4/5

Sidonis Calysta (La loi du colt, Le souffle de la violence, Massacre à Furnace Creek) livre, comme souvent, un master satisfaisant pour un film pourtant rare. On remarque quelques imperfections, comme une image qui a tendance à perdre en grain sur certains passages. Mais l’ensemble est plus que correct, les traces du temps sont amoindries le plus possible, et l’on atteint un confort de visionnage somme toute très agréable, pour un support DVD. Notons que le format d’origine (1.33) est respecté.

Son : 4/5

Le sentier de la vengeance est proposé dans une unique version originale, sous-titrée en français, dans un Dolby Digital 2.0 qui fait le job. Un souffle pourra se faire entendre, mais il faut bien tendre l’oreille. L’équilibre du mixage ne souffre aucunement, procurant aux dialogues le relief nécessaire pour ne pas que le spectateur doivent se faire plus attentif que nécessaire.

Bonus : 2/5

Cette édition du Sentier de la vengeance est accompagnée d’une présentation du film par Patrick Brion (8 minutes), historien du cinéma, et particulièrement actif quand il faut aborder le western. Pas vraiment emballé par le film, l’hôte se contente de survoler l’œuvre, sans véritablement approfondir l’exercice. Dommage.

Synopsis

Simon Weller voit son père, Trench, et le sang-mêlé Charlie Whitman commettre un vol et causer la mort d’une femme. Il décide de partir. Trench incite les Indiens à attaquer les Blancs. Il espère pouvoir mettre la main sur l’or des Indiens. Luke Ram cherche de son côté à s’installer en Arizona avec l’or qu’il a gagné mais Trench attaque le relais avec les Indiens et le bandit Amigo. Tom qui croyait en l’amitié des Indiens est tué et Simon comprend que le responsable des tueries est son propre père…

image film le sentier de la vengeance

Le film

Le thème de la vengeance est assez puissant pour traverser tous les âges de l’humanité, et le western fait évidemment partie des périodes les plus aptes à en développer le sentiment. Le sentier de la vengeance, série B à la fois honnête et méconnue, s’appuie sur ce ressenti. Tout débute par l’envie de se ranger des voitures, alors que les méchants de l’histoire, dont un qui n’est autre que le père de celui qui deviendra le protagoniste principal, redoublent de fourberie. De fil en aiguille, grâce à un récit rapide mais peut-être un peu confus, ce personnage va devoir venger la mort de son ami, compagnon de route odieusement  massacré en compagnie de sa famille. Ajoutons une petite saveur de tragédie, car cette vengeance ne sera effective qu’une fois le père envoyé dans la tombe, et l’on obtient un western plutôt intéressant.

Le sentier de la vengeance souffre clairement d’un manque de moyens conséquent. On le remarque, notamment, lors d’une scène de bagarre de saloon assez hallucinante, dans un lieu comme vidé de meubles et de silhouettes. Le réalisateur, le sous-coté Mark Stevens, aussi acteur, trouve des subterfuges plutôt efficaces afin de cacher la misère. L’ambiance se fait mystérieuse, notamment grâce à un brouillard constant, constitué de la poussière de l’endroit. Cela fonctionne visuellement, il s’en dégage une personnalité peu commune pour un western de l’époque. Associée aux thématiques pour le moins sombres de l’œuvre, la mise en scène procurera bien du plaisir aux esthètes un brin curieux.

image critique le sentier de la vengeance

Enfin, le casting du Sentier de la vengeance ne démérite pas, et c’est grâce à une volonté de ne jamais positionner les personnages en retrait de l’histoire. On apprécie cette brochette de trognes bien imposantes, soutenue par un maquillage expressif au possible, mais jamais exagéré. Mark Stevens est très à l’aise dans le double exercice de la mise en scène et de la la prestation devant la caméra. On apprécie particulièrement les deux bad guys, interprétés par les très théâtraux Aaron Saxon et Larry Storch. Ils rendent un travail de qualité, en contrepoids de ce que les protagonistes héroïques apportent, plus posés, méthodiques.

Au final, Le sentier de la vengeance est un bien étrange western. Son conflit larvé, cette vengeance qui ne se couche devant aucune pitié, en fait un film bien sombre pour l’époque de sa production. Rythmé par une alizée omniprésente, et n’accusant jamais le coup côté mise en scène, malgré une production loin d’avoir été effectuée à l’aise, l’œuvre marque, détonne même. On regrette seulement un milieu de métrage moins en réussite, à l’écriture plus incertaine voire confuse. Un défaut qui pend au nez du film tout du long, tant on sent une certaine précarité de montage, avec certaines séquences qui se ressentent comme des pièces rapportées. Mais jamais ce défaut, réel, ne réussit à nous gâcher le plaisir de cette découverte.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
6/10

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