[Test – Playstation 4] Robinson The Journey : les dinosaures s’invitent sur Playstation VR

image robinson the journeyCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation VR
  • Genre : Aventure, Réalité virtuelle
  • Éditeur : Crytek
  • Développeur : Crytek

Test

Le Playstation VR est désormais en vente depuis quelques semaines, et si les pures expériences ont d’abord été mises en avant par la communication et les médias, il faut aussi appuyer sur le fait que de « vrais » jeux sont au rendez-vous. On pense évidemment à Until Dawn : Rush of Blood, Driveclub VR, Eagle Flight ou Bound, et le mouvement sera certainement de plus en plus marqué dans les semaines à venir, on pense évidemment à ce que Farpoint et Resident Evil 7 vont apporter en terme de profondeur de gameplay. Il est aussi un jeu qu’on a eu tendance à un peu sous-estimer pendant toute cette période de pré-lancement du Playstation VR, Robinson : The Journey. Un peu moins en vue que d’autres, le soft est pourtant assuré par Crytek, et plus précisément par l’équipe derrière The Climb (HTC Vive, bientôt Oculus Rift), un jeu d’escalade en réalité virtuelle qui, on va le voir, a pu servir d’échauffement pour une feature du jeu qui nous intéresse ici.

Histoire : 4/5

C’est la belle surprise de Robinson : The Journey. On avait un peu peur de se retrouver devant une expérience certes captivante mais vide de propos, et ce n’est pas du tout le cas. Une fois le casque Playstation VR bien enfoncé sur le crâne, le jeu nous permet d’incarner Robin, un enfant du futur dont la vie a été quelque peu bouleversée par un accident sur l’Esmeralda, le gigantesque vaisseau au sein duquel il coulait des jours paisibles. Un incident dont il a réchappé vivant, après le crash de l’immense engin sur la planète Tyson III. Quand Robinson : The Journey débute, cela fait un an que l’enfant survit dans ce nouvel habitat hostile avec pour seul compagnon Higs, une IA propulsée dans un robot volant et amical. Ensemble, ils vont essayer de trouver d’autres survivants, et peut-être comprendre ce qu’il s’est réellement passé sur l’Esmeralda.

Mais attention, car le duo est en fait un trio. Les premières secondes de Robinson : The Journey sont du genre surprenantes, vous les passerez… dans un nid de Tyrannosaures ! Là, vous serez témoin du miracle de la vie : la naissance de l’une de ces braves et dentues bestioles, et la chance fait que celle-ci est particulièrement affectueuse, au point qu’un lien entre Robin et l’animal du Crétacé se tisse immédiatement. Baptisée Laïka, la petite femelle T-Rex sera présente tout au long de l’aventure, et se révélera d’une aide indispensable sur le terrain. On le voit, Robinson : The Journey est loin d’être un simple safari à tendance science-fiction, le jeu possède une force narrative évidente et cherche à créer de véritables émotions. On regrette un peu cette conclusion trop rapide, qui manque d’une certaine ampleur, mais au final on sort du soft avec la satisfaction d’avoir vécu une véritable quête. Et, surtout, de l’avoir expérimenté en totale immersion, et ce grâce au Playstation VR.

Gameplay : 3/5

image crytek robinson the journey

Robinson : The Journey est un jeu d’aventure à la première personne qui, sur le papier, peut être qualifié de traditionnel. Le schéma est simple et bien connu : on explore, on résout une énigme, et on retourne explorer. Seulement, Crytek ajoute à la formule quatre éléments qui font qu’on ne ressent jamais l’impression de déjà vu. Tout d’abord, la présence de Laïka fait qu’un lien puissant se créé avec ce qu’il se passe devant nos yeux, tout en permettant des interactions comme, par exemple, la communication entre dinosaures. Bien pratique quand, par exemple, il faut faire fuir certaines bestioles imposantes.

Deuxièmement, les phases d’escalade, qui offrent de bien jolies sensations même si on les a trouvé un poil trop présentes lors de ce périple. On sent bien que Crytek est fier de ce qu’ils ont réussit à construire avec The Climb. Troisièmement, une exploration de (quatre) niveaux qui peut se faire dans n’importe quel ordre. Pour finir, Robinson : The Journey permet aussi de tenir à jour une sorte de Pokédex à dinosaures, histoire que le joueur se passionne pour son environnement. Pour cela, il faut scanner ces animaux en pointant les points verts qui apparaissent dans leur for intérieur, en évitant les rouges qui provoquent l’échec dès le premier impact. Tout cela permet au jeu de ne jamais lasser ludiquement parlant. Petite incompréhension par contre, l’absence de compatibilité avec le Playstation Move. un choix très surprenant, déstabilisant même, car l’objet est pourtant représenté à l’écran alors que vous devrez le contrôler à la manette. Étrange.

C’est certainement l’un des sujets les plus discutés depuis la sortie des casques VR quels qu’ils soient, certains jeux provoquent quelques maux de ventre ou de crâne. Tout comme la 3D, signalons que ces inconvénients ne sont pas une généralité et, surtout, que le corps s’habitue assez rapidement au trip de la réalité virtuelle. Chez Culturellement Vôtre, par exemple, on ne ressent le « motion sickness » que très rarement, habitué que l’on est à cette sensation. La question est : l’a-t-on ressenti que Robinson : The Journey. La réponse est oui, mais après un temps de jeu très conséquent (une petite heure, pour votre dévoué serviteur). Conscient de ce risque, Crytek a mis en place une option permettant de stabiliser la démarche, histoire de limiter les mouvements de caméra impromptus. Cela fonctionne plutôt bien, même si nous recommandons de jouer sur de petites sessions, histoire de profiter du soft dans les meilleures conditions.

Technique et ambiance sonore : 4/5

image test robinson the journey

Robinson : The Journey fait partie des plus beaux jeux compatibles avec le Playstation VR, qu’on se le dise. Alors certes, d’un point de vue purement technique on remarquera un clipping bien présent, et les texture sont plutôt inégales. Mais la direction artistique combinée à la science de Crytek pour les décors de fonds fascinants permettent au soft d’être tout de même une petite claque pour les rétines. Les environnements sont certes un peu génériques, mais ça foisonne tellement, et les phases de découverte sont tellement bien mises en scène que l’on a ressenti un bon nombre de fois le fameux effet « ouah ».

Côté sons, Robinson : The Journey vaut surtout pour l’ambiance créée par les différents bruitages. On ne compte pas le nombre de fois où un fichu dinosaure a bien failli provoquer une rupture d’anévrisme à votre dévoué serviteur. Signalons une localisation française en tous points excellente, le casting voix (Higs tout particulièrement) étant l’une des grandes satisfactions du jeu. Les musiques, quant à elles, sont dans l’ensemble pas désagréables mais trop impersonnelles pour rester dans les mémoires. On est exactement dans de la composition d’accompagnement, un choix qui se respecte.

Durée de vie : 2/5

image playstation vr robinson the journey

Pour boucler Robinson : The Journey à 100%, il vous faudra une bonne dizaine d’heures, ce qui est tout à fait correct pour un jeu de ce genre. L’aventure, en ligne droite, se termine en moitié moins de temps, et sachez qu’une fois essoré le jeu n’offre pas de new game + ni de raison de s’y replonger, malheureusement.

Note finale : 13/20

Robinson : The journey est typiquement le genre de jeu qui fera changer d’opinion celles et ceux qui pensent que la réalité virtuelle ne peut que donner des expériences et non de « vrais » softs, à comprendre privilégiant le gameplay plutôt que le ressenti. Outre que nous ne cautionnons pas ce genre de définition, il faut aussi admettre que le jeu de Crytek colle plus à cette vision du jeu vidéo. Autre bon point, ça tient la route, avec quelques limitations techniques mais une vraie science de la direction artistique. On pourra regretter une durée de vie un peu chiche, et surtout une rejouabilité du domaine du néant, ainsi que l’absence de compatibilité du Playstation Move, mais en l’état Robinson : The Journey constitue un jeu de lancement plus qu’honnête.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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