[Test – Playstation 4] Dreamfall Chapters : la conclusion d’une saga

image ps4 dreamfall chaptersCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Genre : Aventure
  • Éditeur : Deep Silver
  • Développeur : Red Thread Games
  • Sortie : 5 mai 2017

Test

Voilà qu’est sorti le troisième et dernier opus d’une saga, débutée en 1999 avec l’excellent The Longest Journey, puis continuée avec Dreamfall en 2006. Une série qui est venue au monde sous le signe du Point & click dans sa forme la plus classique possible, pour ensuite évoluer vers un concept hybride, entre le genre précédemment cité et le jeu d’aventure en 3D. Ce troisième titre, lui, a comme particularité d’avoir été financée sur Kickstarter, et ce avant une sortie épisodique, entre 2014 et 2016. Le voilà aujourd’hui sous sa forme finale, dans une galette qui rassemble les cinq épisodes. Alors, cette fin est-elle à la hauteur des attentes ?

Histoire : 4/5

Autant prévenir le lecteur immédiatement : si vous êtes un nouveau venu dans la licence, il sera compliqué de savourer pleinement le scénario de Dreamfall Chapters. Le soft se destine à celles et ceux qui ont joué aux deux précédents titres et, pour seul rappel des faits antérieurs, on a droit à une vidéo un peu courte, qui survole le sujet (et sans sous-titres). Il faudra donc compter sur les souvenirs que cette saga a su nous laisser, car le scénario de ce troisième jeu prend appui sur l’ensemble de ce background. On retrouve, donc, Zoé Castillo, et surtout Arcadia et Stark, les deux mondes qui constituent le seul et même univers de la licence. Le premier monde cité est celui de la magie, et le second celui de la science.

C’est dans cette situation qu’interviennent deux histoires : celle de Zoé Castillo, mais aussi de Kian Alvane. La première citée est plongée dans un coma bien profond, catapultée en plein monde des Histoires, au sein duquel elle doit combattre WatiCorp et sa machine à rêves. Kian, lui, est un Azadi d’Arcadia, un assassin tombé en disgrâce et carrément accusé de traitrise. Emprisonné, il va être libéré par le peuple et aidera à la rébellion contre un État despotique. Sans trop vous spoiler vers où la conclusion de cette saga navigue, sachez que le scénario de Dreamfall Chapters réussit à surprendre et à convaincre, notamment grâce à son écriture qualitative, particulièrement lors des dialogues. On regrettera sans doute que le segment se concentrant sur Kian prenne un certain temps à trouver son rythme de croisière, mais la gestion  des thèmes (dont le racisme, sans doute le plus mis en avant), et surtout la montée en puissance d’un certain suspens, font en sorte qu’on ne retiendra du soft que ses très nombreux bons moments. D’autant plus que le jeu (sauf la vidéo de résumé des jeux précédents, donc) est localisé en français.

Gameplay : 3/5

image screenshot dreamfall chapters

Dreamfall Chapters se divise en cinq chapitres. Un découpage qui, couplé au principe de choix dialogués, n’est pas spécialement original, mais qui fonctionne conceptuellement. L’exploration se fait à la troisième personne, dans des zones plus ou moins grandes, et comme d’habitude dans ce genre de soft, des interactions sont parsemées dans les décors. Clairement, on sent dans tous les coins du game design que Red Thread Games a agit prudemment : on ne trouve aucune feature incertaine, la prise en mains se fait le plus naturellement possible, sans fioritures qui pourraient décontenancer. Une roue d’action afin d’interagir, un inventaire pour y ranger tous les objets, et les choix de répliques à répercussion plus ou moins avérées.

On se souvient des remarques émises lors de la sortie du précédent volet concernant sa difficulté très (trop) basse, qu’en est-il avec Dreamfall Chapters ? Cette volonté d’ouvrir l’aventure, de la destiner à un public plus large, se retrouve dans cette conclusion. La très grande majorité des différentes énigmes ne demanderont finalement que peu de réflexion, et c’est plutôt un regret au final. Si la difficulté, parfois abusée, de certains Point & click n’est plus à jour, il faut tout de même garder un minimum de difficulté, ce qui n’est pas le cas ici. Ce qui abouti à un sentiment de promenade de santé au final. Les instants les plus plaisants à jouer restent, donc, les différents dialogues, et l’écho des choix du joueurs, pour le coup plutôt au rendez-vous. Et c’est déjà pas mal.

Technique et ambiance sonore : 2/5

image jeu dreamfall chapters

 

Dreamfall Chapters accuse le poids des années, on sent qu’il s’agit d’un jeu qui a débuté son développement il y a bien longtemps. Cette sortie s’accompagne certes de petits réarrangements, d’éclairages plus qualitatifs notamment, mais l’ensemble est parfois peu défendable. Les 30 images par secondes sont de mise, alors qu’avec cette technique datée on aurait pu espérer le double. Mais ce n’est pas tout, car le véritable souci vient de la caméra, dont les mouvements hachés sont désagréables. Les animations sommaires n’ont pas de grand impact, on s’y habitue, mais heureusement la direction artistique est beaucoup plus notable. On reste scotché sur certains décors, qui étalent une science fiction de très belle qualité. Quant au plaisir des oreilles, il est surtout dû au travail de Simon Poole, qui signe une composition de caractère, avec des thèmes assez forts (surtout côté Zoé Castillo).

Durée de vie : 4/5

image test dreamfall chapters

Il vous faudra une bonne grosse vingtaine d’heures afin de venir à bout des cinq chapitres qui constituent cette aventure. Malheureusement, la rejouabilité n’est pas très forte, car la fin de Dreamfall Chapters se suffit à elle-même. Cependant le récit est si long, pour un jeu de ce genre, que l’on se contentera amplement de notre premier run.

Note finale : 13/20

Dreamfall Chapters est sans aucun doute une bonne conclusion à la saga, du moins d’un strict point de vue scénaristique. L’histoire ne déçoit pas, ni même son cheminement : les quelques choix n’ont certes pas d’écho très fort, mais ils sont assez engageants afin de nous intéresser au destin des deux personnages jouables. La plume aux commandes du récit ferme la boucle d’une manière juste et cohérente qui, d’ailleurs, donne envie de ressortir les précédents opus. Cependant, le soft est traversé de quelques défauts, surtout techniques, qui atteignent la qualité générale. et on aurait aimé un challenge un peu plus corsé, même si l’on comprend aussi la volonté de ne pas s’éterniser sur ces phases, au profit des dialogues très réussis. Dreamfall Chapters reste un jeu d’aventure agréable de par son écriture, mais aurait pu laisser un souvenir plus impérissable.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

Une réaction

  1. J’ai entendu dire beaucoup de bien sur ce jeu vidéo. Malheureusement, je n’ai jamais eu l’occasion de mettre la main dessus… C’est dommage de ne pas pouvoir avoir tous les jeux qu’on veut, lol.

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