[Test – Playstation 4] Zheros : un beat them all sans passion

image artwork zherosCaractéristiques

  • Test effectué sur : Playstation 4
  • Existe aussi sur : Xbox One, PC
  • Genre : Beat them all
  • Distributeur : Rimlight Studios
  • Développeur : Rimlight Studios
  • Sortie : 25 avril 2017

Test

Si vous n’êtes pas un joueur né de la dernière pluie, alors la simple évocation du genre beat them all vous procure une délicieuse chaire de gallinacée. Un frisson parcourt votre échine, jusqu’à ce que l’information délivre au cerveau une série d’images inoubliables, de sensations particulières, voire même les souvenirs musicaux efficaces. Un avatar en T-shirt blanc, dérouillant des punks dans Street Of Rage 2. Un colosse en pantalon vert qui défouraille de la racaille, afin de sauver sa fille kidnappée dans Final Fight. Deux bellâtres bodybuildés qui combattent des gangs, lesquels ont mis la main sur la très convoitée Marion dans Double Dragon. Développé et édité par Rimlight Studios, développeur italien qui rassemble des talents ayant travaillé sur quelques gros titres (Gears Of War, F.E.A.R. 3, League Of Legends), Zheros s’inscrit dans ce genre, le tout était de vérifier s’il figurait au rang des réussites…

Histoire : /

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Image issue du Playstation Share.

Visiblement, Rimlight Studios n’a pas ressenti le besoin de donner à Zheros un récit digne de ce nom. Ce qui peut se comprendre, étant donné que le genre beat them all ne s’est jamais attardé sur une quelconque narration. Il fallait juste une situation, et on en a une : deux membres de l’escouade Zheros, Mike et Capitaine Dorian, sont envoyés en mission contre le Docteur Vendetta, dont l’objectif n’est rien d’autre que la domination du monde. Après l’introduction, qui dessiné effectivement ce début d’histoire, vous n’aurez plus un seul élément scénaristique jusqu’à la toute fin, qui semble vouloir ouvrir la porte à un second épisode, dans un esprit serial. On est certes à la limite du je-m’en-foutisme, et ne comptez pas sur le moindre élément de background, mais cela ne choque pas de par le genre ici utilisé. Dès lors, les points sont remis en jeu dans le critère Gameplay.

Gameplay : 5/10

image playstation 4 zheros
Image issue du Playstation Share.

Qu’on se le dise, un beat them all c’est fait pour se défouler. La catharsis fonctionne à fond, et bousiller du punk à chien a effectivement de quoi calmer les nerfs. Seulement, il faut tout de même que le gameplay soit à la hauteur, ce qui n’est pas vraiment le cas de Zheros. Le jeu est en 3D, en vue de côté, une composition classique mais terriblement efficace dans ce genre de soft. On avance, on utilise la profondeur, les commandes répondent bien, les coups sont de suite mémorisés, bref la prise en mains ne souffre d’aucune anicroches. Par contre, c’est ce qu’on fait de cet agencement de touches qui s’avère décevant.

En effet, Zheros est l’exemple du jeu qui, faute d’idées, n’arrive jamais à sublimer son gameplay, et s’enfonce dans une monotonie fatale. Pas vraiment aidé par un level design carrément amorphe et dénué de tout intérêt, le soft enchaîne les poncifs : on défonce des robots, le nombre de coups influent sur le nombre de Token (la monnaie ingame) gagnés, lesquels deviennent des RP en fin de niveau. Et ces dernier permettent de booster les capacités du personnage. Alors oui, cela ne casse pas trois pattes à un (pauvre) canard, mais la recette un peu fade aurait pu être relevée par des enchaînements de oufs à sortir, un peu de peps dans les combats. Une petite valeur ajoutée, quoi. Hélas…

On peut traverser l’intégralité de Zheros en ne faisant que reproduire le même enchaînement. Un constat assez terrible, et qui traduit bien l’ennui qui peut se faire ressentir au bout de quelques heures de jeu. Pourtant, Rimlight Studios a bien tenté des choses pour contrecarrer l’embêtement qui pointe le bout de son nez : différents ennemis aux patterns bien hétérogènes, introduction d’un robot à manœuvrer sur quelques segments du jeu. Mais rien n’y fait : on a l’impression que rien de durable ne peut sauver le coup. Même l’optique de traverser le soft avec deux personnages différents n’y change pas grand chose. Ajoutons à ce constat une hitbox parfois un peu étrange, et même un manque d’explications sur une poignée de passages (repousser les boules d’énergie ennemies avec le bouclier, dans le bon tempo, est un élément de gameplay important mais jamais introduit au joueur !), et l’on obtient un plaisir très relatif qui, il est vrai, est rehaussé en co-op.

Technique et ambiance sonore : 1/5

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Image issue du Playstation Share.

Aïe. Zheros n’est pas spécialement laid, ce qui lui évite le zéro absolu, mais d’un pur point de vue technique c’est assez déconcertant. Les temps de chargement sont longs, parfois même très, très long. Pour l’anecdote, le tout premier que l’on a rencontré a duré plus de cinq minutes, ce qui n’est plus arrivé par la suite, allez comprendre. La fluidité est plutôt présente, même si quelques baisses de framerate ont pu être observées ici ou là. On l’écrivait plus haut, le level design est très faible, et les décors se répètent, mais les animations sont plutôt agréables, et la direction artistique, très cartoonesque, pourra aider à mieux vivre l’expérience.

Et ce n’est pas le domaine sonore qui va sauver Zheros, même si le travail de Lorenzo Scagnolari (Guardians : The Last Day Of The Citadel, Fish Off) est plutôt sympathique. Dans un style très électro et vitaminé, le compositeur livre des musiques dans le ton, mais sans doute un peu trop répétitives. Une OST pas très fournie, qui montre vite ses limites, et des bruitages pas emballant non plus, même s’ils évitent d’être désagréables.

Durée de vie : 3/5

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Image issue du Playstation Share.

Zheros propose un enchaînement de niveaux qui vous demandera 5 à 6 heures afin d’en voir le bout. Comptez-en le double afin de terminer le jeu avec les deux personnages, tout en sachant que le cheminement sera exactement le même, seules changent les capacités de l’avatar. Enfin, la co-op rajoute pas mal de sel, de sorte que l’on pourra se lancer dans une poignée de runs avec une petite dose de plaisir. Avec, en plus, des étoiles secrètes à déceler, et l’envie de rassembler tous les RP, écrivons que Zheros dévoile un contenu honorable.

Note finale : 9/20

Malheureusement, Zheros ne se relève pas de son gameplay pas désagréable mais tellement quelconque qu’il provoque un certain ennui. Avec son level design sans saveur, et même une hitbox parfois étrange, il est sûr que vous ne vous en relèverez pas la nuit. Aussi, la technique aura même réussit à nous faire soupirer, notamment lors de temps de chargement incroyablement longs. Cependant, on ne peut pas non plus nier que l’ensemble se laisse jouer, sans passion mais aussi sans rage. La suite devra obligatoirement relever la recette, ce qui n’est pas un espoir déraisonnable…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato

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