article coup de coeur

[Test – Playstation 4] Kero Blaster : un jeu qui a de la cuisse

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
  • Développeur : Daisuke "Pixel" Amaya
  • Editeur : AGM Playism
  • Date de sortie : 11 avril 2017
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Introduction

image pixel kero blaster

Fermez les yeux. Bon, pas trop quand même, il faut pouvoir lire ce qui suit. Si l’on écrit Cave Story, quel est votre ressenti ? Si vous n’êtes pas du genre à jouer aux pépites du jeu indépendant, vous n’êtes pas loin de l’erreur 404. Par contre, si vous êtes amoureux de cette offre vidéoludique un peu à part, alors vous voyez se dessiner un jeu de plateforme, tout en 2D, au gameplay étonnamment accrocheur pour son prix : zéro euro. D’ailleurs, on vous recommande fortement de le télécharger, légalement et gratuitement, vous découvrirez l’un des softs les plus addictifs que la scène indépendante a pu pondre. Par contre, si vous voyez le jeu se dessiner dans votre esprit à sa simple évocation, on est plus ou moins certain que vous ne visualisez pas son auteur. Daisuke Amaya, aussi connu sous le doux nom de Pixel, est un homme à  part dans l’industrie vidéoludique. Plutôt sensible à la musique, cet artiste hors normes (au sens littéral du terme) revient, aujourd’hui, avec Kero Blaster. Un titre sorti en 2014 sur PC et iOS, et dorénavant disponible sur Playstation 4.

Histoire : 3/5

image test kero blaster

Oui, le scénario est complétement anecdotique, pourtant on ne peut nier qu’il a fait l’objet d’un certain effort d’écriture. Kero Blaster, c’est l’histoire d’une grenouille, qui bosse dans une compagnie farfelue, du nom de C&G Inc. Son travail ? Nettoyer des zones, encombrées de créatures noires sorties de nulle part. De fil en aiguille, vous allez devoir sauver votre peau, mais aussi l’entreprise, qui s’est mise dans de bien sales draps.

Une histoire pour le moins concise, vous en conviendrez, mais qui a le mérite de ne jamais en rester sur son exposition. En effet, Kero Blaster donne, tout au long du jeu, des petites infos sur l’univers, pas si superficiel que ce qu’on pourrait croire de prime abord. Pas de quoi fouetter une grenouille, ni un crapaud, mais le joueur a de la matière pour s’agripper. Aussi, et surtout, c’est cet étrange humour, omniprésent, qui fait penser que Pixel n’a pas cédé aux sirènes de la facilité. Comédie de science fiction, le jeu n’hésite pas à verser dans le dialogue savoureux, à quelques occasions. Et, croyez-nous, vous ne refuserez jamais cette opportunité. D’rautant plus que le jeu est localisé en français.

Gameplay : 5/5

image gameplay kero blaster

Contrairement à Cave Story, qui empruntait beaucoup au Metroidvania, Kero Blaster est un pur run and gun, sous-genre à part au sein du platformer. On a bien quelques éléments évolutifs, en premier lieu l’arme de notre grenouille adorée, mais les niveaux se jouent de manière totalement linéaires. Ce soft met l’accent sur les sensations qu’offre l’armement dont le joueur dispose, et c’est une pure réussite. Tout est très simple : vous pouvez sauter, doubler l’impulsion pour un double-bond salvateur, et tirer dans trois directions (vers la gauche, le haut et la droite). Si l’on commence par un premier tir peu impressionnant en terme de portée, il peut s’améliorer grâce aux piécettes récupérées, et sachez que vous aurez droit à de nouveaux types d’armes, au fur et à mesure de votre cheminement. Vous pourrez balancer des sortes de boules rebondissantes, à la portée intéressante, ou encore des flammes, idéales notamment pour contrecarrer les plans de certains ennemis glacés. Chacune de ces armes offre une aisance d’approche pour des situations bien précises, à vous de savoir exactement quand les utiliser.

D’ailleur, Kero Blaster étonne de par sa manière de faire évoluer le joueur. Le skill fonctionne à fond les ballons, dans une courbe de progression carrément jouissive. Et, délice ultime, le soft ne capitalise pas spécialement sur une difficulté de ouf malade. Le piège du jeu indépendant pas très profond mais difficile est ainsi évité, et c’est tant mieux. Les gamers vont avoir l’occasion de bien prendre en mains le batracien, avec deux premiers niveaux plutôt simples, avant que la suite n’évolue petit à petit. Le level design est, en ce sens, à montrer dans les écoles : d’un équilibre pur, il sait réserver ses moments relevés, sans pour autant en faire la norme. Un grand huit des émotions. Aussi, les ennemis, et plus spécialement leurs patterns, sont parfaitement élaborés, et forment un ensemble cohérent avec la volonté de Pixel : provoquer du plaisir, et un challenge savamment dosé.

Technique et ambiance sonore : 4/5

iùage kero blaster

Kero Blaster est sans aucun doute l’un des plus beaux hommages qui ait pu être rendu à l’époque des consoles 8 bits. Certes, si vous n’aimez pas le style rétro, ce sera compliqué. Tout, du choix des couleurs, aux pixels sciemment un chouïa baveux, vous donnera l’impression de jouer aux saintes Nintendo et Master System. Mais attention, ce style n’est pas mis en place par unique amour de ce rendu vieillot, il trouve aussi une utilité direct dans le gameplay. En effet, l’aspect parfois grossier des pièges participe aussi à l’approche des niveaux. Ajoutons que la fluidité ne fait jamais faux bond, et l’on obtient un résultat savoureux.

La bande originale de Kero Blaster est composée par Daisuke Amaya lui-même, et l’on reconnaît immédiatement son style. Pas spécialement très écoutables en-dehors du jeu, car un poil trop « chiptunées », les musiques sont indissociables des niveaux que le joueur traversera. Énergiques et vivifiants, ces morceaux participent grandement à ce rendu très rétro de l’ensemble. Enfin, les bruitages font peut-être un peu sales. Même si l’effet est sans doute recherché, on aurait apprécié des sonorités un poil plus propres.

Durée de vie : 3/5

image jeu kero blaster

Il vous faudra un peu moins de trois heures pour venir à bout du premier run de Kero Blaster. Alors que vous admirerez la fin, sachez que vous débloquerez un contenu que vous ne pourrez pas ignorer : le Zangyou Mode. Vous devrez vous y frotter, car il propose de nouveaux et très bons stages… Ajoutons un New game plus, un Boss rush, et l’envie irrépressible de maîtriser parfaitement le soft. Pour le genre, Kero Blaster propose un contenu satisfaisant.

Note finale : 15/20

Sans doute moins « historique » que Cave Story, Kero Blaster n’en reste pas moins une grande réussite du run and gun. Grâce à un gameplay huilé idéalement, qui ne laisse rien au hasard, mais aussi au choix de ne pas jouer la carte du mur de difficulté, le soft se fait déjà une belle place au soleil. Mais à cela viennent s’ajouter une histoire certes sans grand relief mais bourrée d’humour, un univers jamais inconsistant, et un contenu honnête. Si vous êtes allergique au rendu rétro, il est vrai que vous aurez du mal. Mais si ce style ne vous refoule pas, alors vous tenez là un immanquable du jeu vidéo indépendant.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

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