[Test – Playstation 4] Sonic Forces : un épisode de transition

Caractéristiques

    • Playstation 4
    • Ordinateur/PC
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Sonic Team
  • Editeur : Sega
  • Date de sortie : 7 novembre 2017
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Introduction

image test ps4 sonic forces
Green Hill, là où tout a commencé.

S’il y a bien une licence qui est continuellement la cible de l’attention, parfois monomaniaque, des joueurs, c’est bien Sonic. Et il faut bien écrire que la série l’a bien cherché : à force d’accumuler les itérations douteuses, on se souvient encore du catastrophique Sonic The Hedgehog, sorti en 2007 en Europe, la mascotte de Sega (Yakuza Kiwami), et l’une des plus reconnues du jeu vidéo japonais, a perdu de sa superbe. Seulement, les légendes ne meurent jamais. Elles sont remises en question, discutées, mais elles savent revenir en forme, afin de rappeler à tout le monde que ce statut se mérite. Sonic Generations avait su redresser la pente, avant de connaître une nouvelle période de vaches maigres. Celles-ci a pris fin avec le très nostalgique Sonic Mania. Puis, dans le mouvement, intervient ce Sonic Forces, attendu au tournant comme jamais, avec beaucoup d’à-priori. Pourtant, nous allons voir que le résultat n’est pas aussi moyen que l’on pouvait le craindre.

Histoire : 3/5

image avatar sonic forces
La Recrue sera sûrement différente chez vous, dans l’apparence.

Qui joue à un Mario pour l’écriture de son scénario ? Personne. On applique exactement la même attente pour Sonic, et cet épisode Forces ne déroge pas à la règle. La grosse différence vient sans doute de l’univers, bien moins maîtrisé depuis des années, ce qui accouche notamment de personnages aussi embarrassants qu’inutiles. Ces «shitty friends» envahissants ralentissent le semblant de scénario, la Sonic Team se sentant un peu obligée de faire de la place à des protagonistes qui, dans les précédents opus, étaient mis en avant. Un cercle vicieux qui, dans Sonic Forces, a encore cours, et c’est bien dommage.

L’histoire, en elle-même, est assez bordélique. Sonic Forces part dans tous les sens : il est évidemment question de sauver le monde d’un plan diabolique du toujours aussi drôle Dr. Robotnik,un des personnages les plus gâtés de la série, à coup sûr. Afin d’appuyer son objectif ambitieux, il créé Infinite, une entité encore plus rapide que notre hérisson bleu. Mais le héros hyper rapide, pourtant en mauvaise posture car kidnappé, peut compter sur ses amis, qui organisent une véritable résistance, face au tyrannique antagoniste. C’est dans ce monde, dominé par le Mal, qu’un nouvel espoir intervient, sobrement nommé La Recrue. Elle pourra aussi compter sur un autre Sonic, venu d’une autre dimension, où les jeux en 2D n’ont jamais laissé leur place à la 3D.

Si les dialogues sont assez niais, mais typique d’une licence qui cible autant les petits que les grands, Sonic Forces se rattrape sur sa narration. Certes, elle n’est absolument pas exemplaire, ni même très travaillée, mais elle a le mérite d’instiller l’indispensable sentiment de vitesse, qui doit englober le gameplay en lui-même. Les dialogues sont, heureusement, assez courts, et exposent en vitesse des problématiques certes vite oubliées, mais surtout engageantes. Non, on ne se prendra pas de forts sentiments pendant le cheminement de l’histoire principale. D’ailleurs, on pourra regretter qu’Infinite soit, finalement, traité superficiellement. Mais on est bien content, au final, de ne pas avoir à vous écrire que le semblant de récit passe devant ce qu’il y a de plus important dans un jeu de ce genre : le gameplay.

Gameplay : 4/5

image boss sonic forces
Les phases en 2D restent les plus savoureuses.

On doit, tout d’abord, préciser que l’on fait partie des joueurs qui n’ont jamais trop accroché à la prise en mains des jeux Sonic. En effet, on trouve un véritable paradoxe de game design, entre le fait de détaler à toute vitesse, et la récupération d’objets, voire la mise en place de séquences de plateformes. Sonic Forces évite partiellement ce qui est, pour nous, un souci. En effet, les phases de bonds précis sont certes présentes, mais assez diminuées pour ne pas créer ces moments qui, trop souvent, accouchent de crises de nerfs. Le concept du jeu est simple : on alterne entre trois gameplays. Le premier est lié au Sonic moderne, qui utilise des mécaniques modernes, mises en place depuis Sonic Adventure. Le second fait aussi appel au hérisson bleu, mais celui qui régnait sur la Mega Drive. Enfin, l’Avatar (ou La Recrue) fait son apparition, proposant une approche plus portée sur l’action.

Sonic moderne est, malheureusement, celui qui souffre le plus d’une maniabilité parfois hasardeuse. Signe que la Sonic Team n’a, finalement, jamais réussit la transition vers la 3D. On retrouve toutes les tares qui lui sont associées, et ceux depuis de (trop) nombreuses années. Si les phases de pure vitesse sont intéressantes, dès que le héros s’arrête on ressent un frisson glacial nous parcourir l’échine. Ces moments ne durent jamais trop longtemps, mais ils sont si peu précis que l’on est à chaque fois marqué. Conforme à ce que l’on peut en attendre, ce personnage apporte tout de même son lot de fun, profitant de niveaux qui mettent en avant le principe de la licence. Il est simplement dommage que Sega n’ait pas définitivement compris que sa mascotte n’est pas à l’aise avec les séquences demandant de la précision.

Le Sonic à l’ancienne n’a pas ce souci, et cela se ressent de suite. Dans ces phases, qui rappelleront d’excellents souvenirs aux fans de la licence, on retrouve une prise en mains plus dignes d’un jeu de plateforme, moins d’un cheminement sur rails. Sonic Forces gagne ainsi en précision, même si les bonds millimétrés restent une véritable gageure. Mais le level design en est conscient, et propose assez d’embranchements pour que les joueurs puissent à la fois mettre à profit la vitesse, et une envie de trouver des raccourcis. Dans ces niveaux, on retrouve tous les codes d’antan, et même la récupération des pièces redevient un plaisir. Les phases de boss sont aussi réussies, tant elles parviennent à combler la nostalgie de ces fins de monde spectaculaires.

Quant à l’Avatar, on peut écrire qu’il avait une sacrée pression sur ses bien frêles épaules. Sans s’avérer totalement inoubliable, il procure tout de même de bien bonnes sensations. Le feeling est plus porté sur l’action : ne pensez pas sauter sur vos ennemis, il va falloir sortir la pétoire, lance-flammes, fouet-éclair et d’autres. C’est ici que Sonic Forces fait intervenir le côté, assez jouissif, de la personnalisation. Ce personnage est entièrement dédié aux envies du joueur, et pas seulement cosmétiques. Au fil des niveaux, vous gagnerez des Wispons, qui apporteront non seulement des effets, mais aussi des bonus, en lien avec certains objets à collecter en cours de route. Cela rajoute un petit côté tactique, hyper léger quand on ne cherche qu’à boucler un level, mais qui prend tout son sens lorsque le gamer se prend de l’envie d’éclater les records de temps.

Comme nous le verrons plus bas, terminer l’aventure principale n’est pas une fin, c’est même le début d’une phase qui apportera bien du plaisir aux amateurs de dépassement de soi. En cela, Sonic Forces assure pas mal, en proposant un level design plus agréable qu’il n’y paraît, lors de la première partie. revenir sur les niveaux permet de s’en rendre compte. Aussi, sachez que chaque level donne lieu à une notation, qui lance plusieurs mécaniques. Tout d’abord, la recherche du grade S, qui débloque certains objets pour l’avatar. Elle procure aussi des points d’expérience, lesquels sont associés à des médailles, qu’il faut entasser, fusionner, afin d’atteindre le niveau maximum. Tout cela est lié avec des missions secondaires, décrites dans le journal ingame. On y trouve d’ailleurs deux sortes d’objectifs : les immuables, qui n’attendent que vous, et les temporaires, lesquels demandent des actions précises afin de débloquer des effets momentanés, comme un gain d’expérience accentué. De bonnes idées, qui côtoient d’autres, plus discutables, comme ces QTE sortis de nulle part, pas pertinents pour un sou. Mais force est de constater que l’ensemble fonctionne.

Ambiance visuelle et sonore : 4/5

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Sonic Wars : un nouvel espoir.

De par le concept de la licence, on attendait de Sonic Forces deux éléments incontournables : que ce soit fluide, et joli. Les deux sont au rendez-vous. Sans ne jamais être une baffe technique, notamment à cause de textures pas toujours précises, et des effets de lumières datés, on ne peut que constater que la Sonic Team s’est démenée pour créer des niveaux bourrés de détails en second plan, et une véritable identité dans le premier. Cela manque peut-être un peu de diversité, mais on ne peut qu’être admiratif devant l’ambiance qui se dégage de certains levels, et c’est aussi vrai concernant le cheminement du Sonic classique. Tous les passages à Green Hill sont de véritables moments de plaisir, par exemple. Et, gâteau sous la cerise (vous avez bien lu), le soft reste fluide. Seule retenue : les cinématiques font cheap, notamment à cause d’une définition foireuse, et c’est assez incompréhensible.

Les musiques de Sonic Forces sont assurées par Tomoya Ohtani, lequel connaît bien la licence : il travaille dessus depuis Sonic adventure 2. Celles et ceux qui aiment les compositions stylées rock seront aux anges, avec des thèmes faisant la part belle aux guitares. Il s’en dégage une énergie typique de la série, peut-être un peu surjouée par moment, manquant de la subtilité de l’époque 16 bits, mais on s’en contente largement. Le constat est plus nuancé pour les voix françaises, dans le ton mais parfois trop sirupeuses, ce qui rajoute à la niaiserie des dialogues.

Durée de vie : 3/5

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Sauve qui peut !

Si vous vous contentez de terminer l’histoire de Sonic Forces, alors vous ne dépasserez pas les cinq heures de jeu. Mais le titre s’adresse plus aux complétistes, qui reviendront sur les trente niveaux, afin de décrocher le fameux rang S. Mais aussi afin d’exploser les records, d’obtenir toutes les médailles, débloquer l’ensemble des éléments pour l’avatar. Cela vous fera atteindre les 10 heures de jeu, ce qui est plus conforme à ce que l’on peut attendre de la licence. Dommage que les développeurs n’aient pas pensés à un New Game Plus, qui aurait pourtant trouvé du sens. Ajoutons que Sega a opté pour un prix mini (moins de 40€), et l’on obtient une durée de vie certes pas folichonne, mais satisfaisante.

Note finale : 14/20

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Certains environnements ont la classe.

Contenter les fans du hérisson bleu est sans doute le plus grand exploit de l’univers vidéoludique. Si, comme votre humble serviteur, vous ne faîtes pas partie des fondamentalistes de la mascotte de Sega, vous aurez toutes les chances d’apprécier ce trip fait de vitesse, d’action, et d’esprit complétiste. Pas dénué de défauts, notamment du côté des dialogues et d’une partie des sensations liées au Sonic moderne, Sonic Forces accumule tout de même les points positifs, en tout cas assez pour ne pas être mis dans le même panier que les épisodes douteux. Et, étant donné l’état de la licence, c’est déjà une grande satisfaction.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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