[Critique] L’Étrange Festival 2017 : Purgatoryo

Caractéristiques

  • Réalisateur : Roderick Cabrido
  • Avec : Bernardo Bernardo, Kristoffer King, Jess Mendoza, Arnold Reyes, Rolando Inocencio
  • Durée : 85 minutes
  • Année de production : 2016
  • Genre : Drame
  • Nationalité : Philippines

Purge-atoryo

Le cinéma philippin parfois abordé à L’Étrange Festival (on se souvient notamment de Ruined Heart et d’Alipato : The Very Brief Life Of An Ember), et cette édition 2017 n’échappe pas à ce constat. Purgatoryo est le dernier effort en date de Roderick Cabrido, réalisateur et producteur en vogue dans l’Asie du Sud-Est. L’affiche nous vendait un film plutôt glauque, et se déroulant dans une morgue, là aussi une petite spécialité de ce festival du décalé, de l’outrance… et parfois de l’incompréhension.

Le scénario de Purgatoryo pourrait s’écrire sur un bout de table, tant il est simple et plutôt alléchant. Appréhendé en train de commettre un larcin, Ilyong est froidement descendu par la police. À la morgue, son corps fera l’objet d’un curieux trafic, dirigé par un travesti du nom de Violet, qui emploie de véritables paumés…

Dans la morgue, rien de bien passionnant

image film purgatoryo

Vous le savez si vous nous suivez, L’Étrange Festival est un rendez-vous incontournable pour tous les cinéphiles curieux, qui aiment emprunter des chemins de traverse parfois sombres. Qui s’y est déjà rendu connaît cette sensation de plongée dans l’inconnu, quand on rentre dans une salle de projection sans autre indice que celui laissé dans le programme, par le biais d’une courte présentation. Purgatoryo fait partie de ces films dont on attendait certaines choses, tant la promesse semblait intéressante. Seulement, comme écrirait un internaute : it’s a trap ! Un piège qui se referme sur nous sur un rythme lancinant, à la limite du supportable. Si l’histoire débute de manière plutôt intéressante, avec une gestion des points de vue d’une certaine finesse, presque tout le reste tombe à l’eau, comme les corps peuplant cette morgue sont plongés dans un bain répugnant.

Purgatoryo n’est pas un film d’horreur, c’est clairement un drame social, qui aborde toutes les formes de la misère : pécuniaire et sexuelle. Le travesti Violet emploie des âmes aussi douteuses que son business, et l’œuvre va s’appesantir sur ces trajectoires. Autant être clair et direct : on s’ennuie vite, et cette sensation ne nous quitte que rarement, jusqu’à un final carrément assommant. Quelques passages sauveront la mise, comme l’intervention de la police, qui provoque un peu de mouvement dans ce film statique jusqu’à l’écœurement. Aussi, on ne peut nier un certain humour, très en-dessous de la ceinture mais qui fonctionne bien. Par contre, ne comptez pas sur l’intervention du cinéma de genre pour sauver la mise : mis à part une ou deux séquences de nécrophilie que l’on voyait arriver à des kilomètres, rien ne vient donner une saveur un peu croustillante à cette heure et demie que l’on souhaite oublier au plus vite…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
3/10

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