[Critique] Mary : Une fable simple et émouvante

Caractéristiques

  • Titre original : Gifted
  • Réalisateur(s) : Marc Webb
  • Avec : Chris Evans, Mckenna Grace, Lindsay Duncan, Octavia Spencer et Jenny Slate
  • Distributeur : 20th Century Fox
  • Genre : Drame
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 101 minutes
  • Date de sortie : 13 Septembre 2017

Quatre années ont passé depuis le semi-échec de The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros et depuis, nous étions sans nouvelles du réalisateur Marc Webb. Aujourd’hui, il revient à son premier amour, le film indépendant, avec ce nouveau film.

Mary raconte l’histoire d’une petite fille, élevée par son oncle depuis le suicide de sa mère, qui s’avère être un véritable génie des mathématique. C’est dans ce contexte que la grand-mère maternelle fait son entrée pour avoir la garde de l’enfant. C’est le début d’un combat juridique…

Une histoire simple mais émouvante

image marc webb mary

S’il y a une chose qu’on l’on peut regretter concernant le scénario de Tom Flynn, c’est sa prévisibilité. Les ficelles sont grosses, même si on assiste bien sûr à quelques retournements inattendus. Cela est-il préjudiciable au film ? Pas vraiment, car le cœur du récit réside surtout dans la relation entre Mary et son oncle Frank, traitée avec finesse. Rien que pour cette réussite, le film de Marc Webb mérite d’être vu. Il présente l’histoire des deux personnages comme une relation père-fille mise à l’épreuve par le génie de la petite fille, mais aussi par une grand-mère qui fait passer ses propres rêves au détriment de tout, y compris des besoins de l’enfant. Les relations entre chacun sont convaincantes et l’émotion est au rendez-vous, sans pour autant tirer sur la corde lacrymale.

Cette fable émouvante est contrebalancée par quelques moments d’humour, certes peu nombreux, mais qui fonctionnent d’autant mieux. On retiendra la scène du premier jour d’école, où l’on découvre le talent de Mary, qui résout des problèmes complexes devant une maîtresse stupéfaite. On notera cependant une petite déception concernant deux personnages secondaires qui ont du mal à trouver leur place au sein de la narration. La voisine Roberta qui s’occupe de Mary par intermittence apparaît ainsi comme un personnage dispensable, même si certaines scènes où elle apparaît se révèlent tour à tour amusantes et émouvantes. Le second personnage sacrifié est celui de la maîtresse, Jenny Slate, qui aurait mérité un meilleur traitement ; celle-ci aura néanmoins droit à une trame narrative aboutissant quelque part.

Une réalisation et des acteurs inspirés

image chris evans mary

Mary est le quatrième long-métrage de Marc Webb. Après le très bon (500) jours ensemble et un détour vers la saga The Amazing Spider-Man avec deux films, le cinéaste revient au cinéma indépendant, ce qui n’est pas plus mal. Sa sensibilité se ressent à travers chaque plan, jusqu’à cette magnifique scène de coucher de soleil sur la plage. Sa caméra est au plus près des acteurs pour nous faire vivre leur histoire. La lumière, au rendu naturel, de Stuart Dryburgh  permet au réalisateur une liberté de cadrage, à l’épaule notamment, permettant d’ancrer l’intrigue dans le réel. On regrettera néanmoins quelques plans assez mal gérés, quoi que pas tout à fait ratés. Le rythme du film est également maîtrisé et faiblit pas. Enfin, la partition musicale de Rob Simonsen s’avère subtile et élégante, renforçant les émotions dégagées par l’image sans pour autant en faire trop.

Le casting est lui aussi très bon, Chris Evans en tête, qui quitte ici le costume moulant de Captain America pour nous offrir une interprétation juste et émouvante du personnage de Frank. Mais la vraie révélation est la jeune Mckenna Grace, déjà aperçue dans Le Scorpion Rouge, d’une justesse, intelligence et maturité assez affolantes pour son âge. L’alchimie entre  Evans et Grace est telle que l’on croit immédiatement en leur relation, qui nous offre les moments les plus émouvants de cette comédie dramatique. Ils sont soutenus par Lindsay Duncan (la grand-mère), parfois un peu à côté de la plaque, mais qui offre une interprétation tout à fait correcte dans l’ensemble. Octavia Spencer (Les Figures de l’ombre), dans le rôle de la voisine Roberta, est toujours égale à elle même, c’est-à-dire d’une belle justesse, même si l’on regrettera, encore une fois, que son personnage soit sacrifié. Enfin, Jenny Slate (Bonnie, la maîtresse de Mary) fait le boulot et sa sensibilité ne passe pas inaperçue.

En conclusion

image mckenna grace mary
.

Mary est donc un petit film à l’histoire simple, mais efficace et émouvante. La réalisation de Marc Webb trouve le ton et le rythme adéquats pour nous accrocher et émouvoir sans trop en faire, soutenue par l’alchimie et la justesse évidentes de Chris Evans et Mckenna Grace. Un retour aux sources bénéfique pour le réalisateur.

Guillaume Creis

Guillaume Creis

Adore le cinéma en général , que ce soit lesgros blockbusters ou les plus petits films .les séries TVet les jeux vidéo.
Guillaume Creis
7/10

Réagir à l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *